• Voici le texte emprunté au blog d'un ami:http// christobalestderetour.wordpress.com 
     
     
     
     

    Billet d’humeur: trop d’Etat providence ou pas assez… Dans les deux cas, les gens modestes paieront!

    juillet 27, 2011 par christobalestderetour

    9000 euros par an et par médecin. C’est notamment ce qui ressort des négociations entre les représentants du monde médical et ceux de l’assurance maladie cet été 2011 pour décider des règles du jeu du système de santé français, dans les années à venir, et limiter, autant que faire se peut, les dérapages financiers. Tout le monde ou presque semble satisfait… pour une fois. Les frères ennemis des syndicats de médecins, comme les réprésentants des institutions publiques.Tous y vont de leurs déclarations rassurées.
     
    Ces négociations magnifiques, on nous l’a dit, reposent sur un slogan d’une simplicité et d’un bon sens déconcertants: moins de quantité pour plus de qualité! On a enfin trouvé la solution pour endiguer les dépenses de santé et régler la question des déficits chroniques de la branche maladie : dépenser mieux, favoriser la prévention et la qualité des soins. Après une multitude de plans d’action – environ 1 tous les 2 ans depuis 20 ans – les acteurs du système de santé sont parvenus, ensemble, à cette idée lumineuse. Bon sang mais c’est bien sûr! Il suffisait d’y penser fort… et, pour l’Etat, d’allonger la monnaie, encore et toujours.
     
    Les médecins qui respecteront ces objectifs seront récompensés. Et 9000 euros par an, les amis, ca n’est tout de même pas rien. Ca fait environ 750 euros par mois, soit plus d’un demi Smic. Il faut bien récompenser les professionnels de la santé qui acceptent de faire correctement leur métier. Les entreprises privées devraient, d’ailleurs, en prendre de la graine! Je m’étonne aussi que les syndicats non médicaux n’aient pas eu cette idée. Une prime pour récompenser chaque employé, dès lors que le travail est bien fait, enfin, comme il doit l’être. Car il ne s’agit pas de rendement, entendons-nous bien. Et ce, même si les acteurs médicaux parlent à propos de cet arrangement de prime de performance, un terme économique qui, surtout concernant les médecins, ne semble pas, cette fois-ci, susciter la moindre désapprobation morale au nom de la « santé n’est pas à vendre! »  Sur ce coup-là, il est vrai, ces derniers encaissent la monnaie alors…
     
    Rétribuer les médecins pour les remercier d’adopter une pratique médicale raisonnable et de ne pas contribuer davantage à la gabegie, c’est bien là, au fond, l’esprit de cette entente. Toute crise ne fait, finalement, pas que des malheureux… A l’heure où les solutions afin de ne pas aggraver la dette publique relèvent d’une gageure et où l’on demande des efforts collectifs, ceux qui devront travailler plus et/ou mieux en étant payés moins, et Dieu sait qu’ils seront nombreux, apprécieront…
     
    En France, le système de santé, symbole de notre Etat providence, profite à tous, mais surtout moins, tendanciellement, aux jeunes, travailleurs pauvres, ouvriers et employés du privé, habitants des campagnes populaires ou de certaines villes situées très au nord. Ces 30 dernières années, il est progressivement devenu une vache à lait, capricieuse en plus de cela. Il faut dire que certaines bouches sont plus avides que d’autres et généreusement rassasiées par ses mamelles… En définitive, notre merveilleuse assurance maladie fait surtout les choux gras de certaines catégories de médecins et de certaines catégories de malades… au détriment des autres naturellement.
     
    La CADES, créée en 1995, emprunte régulièrement à moyen terme sur les marchés pour renflouer le fameux trou de la sécu. Un tonneau des Danaïdes en vérité. Ceux qui viendront paieront… dans 10 ou 15 ans. Après les maladies orphelines, nous allons voir peut-être les orphelins de maladie. Ces derniers ne se déclareront plus malades et ne se feront plus soigner, à mesure que la couverture de santé se réduira comme peau de chagrin, faute de solvabilité à long terme du système. Et pour couronner le tout, paraîtrait même que la CADES emprunte parfois auprès d’organismes financiers implantés dans des paradis fiscaux douteux. Mince alors, si j’avais su que l’argent sale ca finançait un peu de mes soins médicaux, j’aurais milité pour que la lutte contre la criminalité internationale et financière arrête son char. Faut pas déconner quand même! On rigole pas avec ma santé…
     
    De ces aspects déplaisants, presqu’aucun journaliste ou politique ne semble vouloir parler. Il est vrai que bon nombre parmi les grands journalistes et les politiciens sont soit enfants de médecins ou soit liés, d’une manière ou d’une autre, au milieu médical qui sait, par ailleurs, les combler de cadeaux. En bref, pas facile pour eux d’être critiques ou sourcilleux concernant les dépenses de santé… Je ne sais pas vous, mais moi, cette situation, à la longue, ca me chatouille et ca me gratouille, comme dirait un certain docteur Knock.
     
    Aux Etats-Unis, le problème s’avère très différent - le système de santé ne protège vraiment que les heureux bénéficiaires d’une assurance privée convenable et souvent onéreuse - mais pour un résultat assez proche: des pauvres mal soignés il y en a beaucoup et ca va pas s’améliorer. Obama est quasiment sûr de devoir sacrifier son ambitieuse réforme de couverture médicale universelle sur l’autel de la dette publique, à la demande des Républicains. Les riches et leurs idiots utiles du Tea Party ne veulent pas payer pour les pauvres. Là-bas, les riches, z’ont pas l’habitude… de payer pour les autres. Mais dépenser pour eux-mêmes leur argent et celui des autres, çà oui. Le délabrement des finances publiques américaines doit, en effet, beaucoup aux baisses d’impôts massives et au financement de guerres impérialistes coûteuses, en plus des excès de Wall Street, dont la grande bourgeoisie américaine bénéficie pleinement.
     
    Qu’il s’agisse d’un Etat providence mal géré, dispendieux et désormais inéquitable, dont le système de santé est devenu l’archétype, comme en France, ou d’un Etat injustement réduit à la portion congrue, comme aux Etats-Unis, dans les deux cas, les gens modestes, ceux qui n’ont pas encore basculé dans la roublardise ou l’abus, se font avoir. Ils profitent moins, mais paieront plus afin que la collectivité supporte les conséquences du « pas assez  » ou du « trop de ». Une guerre entre les classes a d’ailleurs commencé pour savoir qui, de la dette publique aggravée par la crise financière de 2007, portera le fardeau. Encore discrète, mais bien réelle.


     



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