• Après la Présidentielle l’essentiel n’a pas été vu et même refoulé : « Français ne pensez pas, les médias et politiques le font pour vous !

     

    Notre pays  traverse une  période  catastrophique d’aveuglement et de perte de mémoire Faisant fi de sa tradition d’ouverture  ( le fait d’accueillir 500 000 Italiens quittant le pays de Mussolini ; un million d’ Espagnols en fuite devant Franco en 1936-39, ou encore les centaines de  milliers du nord de la France en juin 40 lors  de l’exode . Dans mon sud-ouest natal nous vîmes les trois vagues en  six  ans ; nous dûmes un peu se serrer mais il y eut de la place pour tout le monde ; phénomène banal).Or actuellement on incite les Français à oublier et donc ils découvrent des mouvements de population qu’ils croient  anormaux. Ils ont oublié le maelstrom de l’Europe entière chamboulée par les Nazis : 10 millions d’étrangers (sur le sol  allemand) en  1945. Nous sommes pour la plupart, aveuglés et sans mémoire. Ils viennent maintenant du Moyen-Orient bombardé ou de plus loin parfois par nos avions ;  ils convergent dignes et respectueux, ne demandant qu’asile et travail. Meurtris certainement ils se saisissent de la porte ouverte   que nous avons provoquée    chez eux puisque nous avons détruit  leurs systèmes de féodalités, leurs patriarcats, leurs  traditions culturelles, excitant leurs querelles byzantines ancestrales de leurs sectes religieuses.  Irréductibles, ils seront  inarrêtables.  Ce retour à une réalité globale est un choc imprévu comme.  Or  aujourd’hui « ils » sont là ! Et un élan magnifique  vient  de naître en faveur de leur soutien, et du  refus  d’une relégation comme celle subie par les républicains espagnols qu’on avait parqués sur la plage. Surprise divine! La résurrection française existe par la solidarité ! Un peuple s’est mis en  mouvement venu des profondeurs du pays qui va  à leur rencontre,  qui abandonne maisons et champs,  bureaux  ou  usines,   consommations et routine pour leur tendre la main. Ce geste est plus  que de la générosité ; c’est  une forme de politisation, hors  de tout intérêt électoral, une volonté  venue  des tréfonds de la nation, une formule neuve de l’action collective, un désir de retrouver le sens de la justice.  De partout en Europe, le même besoin de solidarité s’exprime par des initiatives  courageuses et originales et  la volonté de rejoindre Calais devient l’emblème de l’esprit de fraternité de l’humanité. Maintenant, chacun de nous doit choisir son camp : c’est là la clé des événements  politiques de demain.   Par conséquent le plus crucial  des  bouleversements de 2015 (sans minimiser la série d’attentats, la force électorale  du FN) dans les répercussions de l’avenir, sera le déferlement des migrants. La conscience des autres populations   de la planète inaugure l’ère des déplacements à flux continus. Elle nous  met face au monde nouveau et devant un dilemme historique entrevu par nos pères  dans les années 40 et 50  mais oubliées. Les Autres avec nous ou sans nous ! Par conséquent les clivages politiques traditionnels se sont effondrés  sur les rives de la Manche. La France s’est divisée en  partis  hostiles  ou  bienveillants et la coupure ira en s’aggravant. Une tension insoutenable pour une vieille république en manque d’envergure, aux minuscules querelles domestiques  et aux programmes obsolètes. Le moment est historique, ce retour de la France réparatrice et  responsable sur son passé est une manière  de résistance sourde, confuse au début, sans réelle bureaucratie, sans aide  de l’Etat et même souvent contre lui, contre son inertie ou sa répression, et pourtant se développent des milliers de gestes spontanés que l’on doit soutenir,  dont on doit remercier leurs auteurs injustement relégués dans de reportages  aux heures de faible écoute Nous les avons déjà évoqués mais j’y reviens Ils sont notre honneur et nous, les indifférents aux votes multipliés nous avons vu là la véritable action politique de notre époque  

     

     

    La France grâce à ses millions de bénévoles, de militants sans cartes, sans partis ni syndicats,  se réunit, délibère et agit  en un appel fédérateur  Et elle murmure : « Amis entends –tu le bruit sourd de la marche des  damnés de la terre, les refoulés de Calais ? »

     

     

    Les échanges Nord-Sud,  de la Méditerranée, font  se rejoindre les Justes, par milliers, sur tout le territoire et font émerger  les initiatives pour les loger, les vêtir  les nourrir. Le monde est en marche vers Calais, symbole en quelques mois, symbole de liberté et d’ouverture. Personne ne le soupçonnait. Or, maintenant  on ne peut plus ignorer ces  hommes libres, ces bénévoles qui relèvent l’honneur du pays. La France occupée par l’égoïsme et la bêtise, similaire à celle qui renonce en 1940, cette France  vaincue  et martyrisée, est maintenant libérée de la peur et du dégoût.... Enfin une Résistance s’est levée. Sans gauche, ni droite,  ni croyant ou athées il n’y a plus que de progressistes  généreux face à  des  réactionnaires  outranciers

     

     Nous avons besoin  de ces expatriés pour apprécier le sentiment  de basculement d’époque, de confusion idéologique, de la crise de représentation gouvernementale,  de  dévitalisation de notre démocratie, tout ce qui  manifeste l’épuisement des projets de la droite autant que des gauches de gouvernement ou radicale.  C’est là un moment historique à saisir 

    Nous avions besoin  de  ces passeurs de frontières, transmetteurs d’expériences généreuses,  que ce soient les ONG , l’humanitaire traditionnel  ou les neuves formules spontanées en faveur  des errants  ,des globe-trotters ; nous incitons nos compatriotes à méditer cet exemple. Une variante populaire de  la politisation non électoraliste,  On doit écrire cette histoire récente  qui renverse

    les clivages traditionnels effondrés lors de cette élection ?une renaissance de la France libre ? En tout cas ce lien existe maintenant via Londres !  ICI l’Ombre  du  "pas de vote utile  mais de l’action authentique d’aide" à ceux qui sont en difficulté. Et une pensée au 45000 morts en Méditerranée en un an et à tous ceux qui œuvrent dans l’anonymat européen pour  sauver les autres !

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    L’abstention debout ; le vote couché

     

    Nous abstentionnistes intraitables, motivés, politisés,  sortons de cet épisode des élections déterminés, plus nombreux que jamais. Il y eut au premier tour 35 millions de bulletins exprimés. Nous fûmes 20    millions, ce dimanche-là, à  refuser de voter : 10 millions d’abstentions officielles, 7 millions de non-inscrits, et  plus de 2 millions de votes nuls sur un total de  55 millions de personnes en âge de voter.  L’équilibre   des deux camps se rapproche et valorise enfin  ceux qui ayant toujours voter jusqu’en 1995 refusent les mesures d’injonction des partis et de médias, les ordres moralisateurs  à se soumettre à la nouvelle  comédie des pouvoirs, fictivement opposés qui ont trouvé là l’occasion de brouiller les cartes. Plusieurs « camps bourgeois »  ou familles régnantes s’associent pour une mystification originale et neuve : faire semblant de se différencier alors qu’ ils règlent leurs comptes à travers le rite des présidentielles, amusent la plèbe béate, celle qui veut du pain et des jeux. Droite et gauche ont montré le vrai visage de l’opération : l’alternance, les faux combats de faux adversaires, alors qu’on échange dans notre dos les places, services amicaux,  postes  juteux pour parents, amis, enfants. La grande comédie du conflit  irréductible  Gauche/ Droite entre deux ou trois camps est cependant finie pour le spectateur lucide. Nous, les vieux, qui avons été témoins des sérieuses divergences entre  plusieurs options Républiques ou dictature ( en 194O, 1954, 1958  ou 68) aux enjeux  alors vitaux ,sommes conscients  de la mystification contemporaine à l’adresse des  citoyens. Sauf à de courts moments de notre histoire  dramatique  où la sincérité,  le courage et le désintéressement l’emportaient entre candidats réellement opposés,  nous sommes heureux d’avoir milité pour l’abstention générale  après avoir été des électeurs indéfectibles dans un pas lointain

    Maintenant nous avons remplacé l’acte  inutile par d’autres moyens (actions de quartier, vote de  voisins ou locaux, par professions et par enjeux, par internet ou   des referendums).  L’engagement  citoyen pour la maîtrise   de l’acte du vote  ( n’est-ce pas : Grand Charles ? puisque tu  l’a vécue deux ou trois fois) ne passe plus par l’urne   ni  par les   dimanches républicains : laissons aux  béni-oui-oui  la joie de se faire  tondre par le  petit mitron (pardon : Micron !) :  Un président qui n’aura jamais été un  élu du peuple ;  même dans le plus petit conseil municipal ! C’est comme si vous confiez le bus de la colonie de vacances  de vos enfants à un gamin qui n’a pas le permis. Bonne chance, les amis. Une chance que vous devez aux prêtres  des médias et aux sentencieux du  Canard  qui se déchaînent  quand on lui apporte une tête de Turc sur un plateau.  Non, Nous n’irons pas  participer avec vous.

    Parce qu’avec ce brillant épisode intellectuel, les vraies motivations, les réelles solidarités interclasse, les confusions  médias de gauche et de droite, entre sondeurs et journalistes couchés émergent maintenant en faveur d’un statu-quo général  dont les pauvres, les démunis, les travailleurs ou les incroyants feront les frais « comme d’hab ». Et alors,  amis, toutes bourgeoisies confondues  en castes, clans,  factions, ils   feront la fête et viendront en juin   ensemble   dans deux mois,  nous rejouer le cinéma des oppositions  irréductibles ou des  inimitiés et exclusions, excommunions, condamnations, serments etc..  Pour nous spectateurs amusés ayant regardé le combat truqué, la lutte authentique, le réel combat commencera hors élection, lundi matin  quel que soit le résultat du duel fictif. Cependant changés, transformés,  nous sommes  devenus puissants et nombreux.  25 Millions ce n’est pas rien ! Nous,  Ermites ou urbains, qui avons refusé les endoctrinements et les processions au « bureau » de vote, nous avons fait le choix de la Raison et  tout ce qui est adviendra   à partir de maintenant confirmant nos options, ne sera pas de notre responsabilité : à vous  de vous débrouiller mais sans nous !


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  • Becker m’a donné, involontairement peut-être, l’idée de « biographies cocasses » quand il m’a envoyé son court essai autobiographique : « Grandir et observer à Chicago ». Il s’agissait d’un contre-pied aux habituels matériaux biographiques ; offrir plutôt  les éléments futiles, les événements anodins d’une enfance caractéristiques, non d’une vocation, mais des capacités apprises au travers d’ erreurs de parcours, de changements, bref des bizarreries de toute histoire individuelle ainsi que des contradictions de tout être humain. Au lieu de chercher une rationalité, une finalité à l’histoire de vie, l’adepte de la biographie peu cohérente (voire incohérente) fouille les carrières,regarde les doubles ou triples cheminements et embranchements (chacun a plusieurs cartes en main), la formation erratique, les ruptures. Par conséquent un chaos de libertés de choix plus qu’un déterminisme. Au lieu de sélectionner une homogénéité fictive,  travail des biographes de métier, notre conception  donne en vrac un tas de petits faits de la vie courante parmi lesquels  le lecteur choisit et se fait une idée de l’auteur.  Par ex . Goody aurait pu être aussi bien prof de Lettres, archéologue, diplomate ou militaire de carrière. Il a été 7 ans soldat ; ce n’est pas rien avec des péripéties où il rencontra toutes les classes sociales  (italiennes surtout). Donc pas de linéarité mais une ressource plurielle de vies croisées que chacun traverse.  Faire sa place dans les convulsions de l’histoire, c’est courant, sinon banal mais pas facile. J’ai essayé de cerner ce concept que j’ai nommé  « biographie insolite », utilisé en prodiguant dans ce blog de courtes présentations biographiques  inhabituelles  de Marx, Dunn, Goody etc

    Quel en serait le but ? Sélectionner les détails dits triviaux, qui paraîtraient anodins probablement à un esprit « élevé » au mieux secondaires. Tout ce qu’on ne dit pas dans la « Bio », genre noble, tout ce qu’on n’écrit pas par convention morale, par peur d’indiscrétion (non pas scandaleuse) mais par sentiment d’inconvenance envers les petites choses de la vie, sans lien avec la qualité   intellectuelle, de prestige  ou savante  de « Livre » consacré à un grand auteur. La sociologie et l’ethnographie s’inscrivent en faux contre la tradition littéraire ou romanesque de l’histoire. Nous, nous cherchons le prosaïque, le mineur, sinon le minable, le détail de la vie pratique et surtout matérielle bien plus caractéristique que les poses grandioses ou héroïques destinées au public cultivé. Je me suis  rendu  compte peu à peu  que les choses dites secondaires (notamment les revenus et conditions de vie des parents) le éléments concrets, m’ont le plus attiré dans mes lectures biographiques. En cherchant les détails réalistes et la faible cohérence des choix on perçoit mieux les attitudes qui concerneront plus tard le style de travail de l’auteur –sujet. Que ce soit l’éducation donné à ses enfants, le rapport à l’argent, à la notoriété, ou bien la familiarité acquise dans  les relations directes de classes qui « signalent » ou positionnent un individu dans l’échelle sociale. Les vraies déterminations résident souvent dans les esquisses décalées du « devenir adulte » (autre chose que le croustillant ou le honteux) lesquelles ressortent souvent plus tard, à l’insu de l’auteur de sa propre vie. Comme le fait Goody dans son interview avec Albera au sujet de sa guerre, de sa captivité, de ses évasions qu’il relie plus ou moins à son étrange début de carrière avec leur dose d’aléatoire et de déraisonnable .Cela compense l’excès de sérieux des créateurs,  leurs justifications valorisantes,   leur ivresse de la notoriété.  Toute existence doit être traversée comme une pièce de théâtre humoristique où l’autodérision est le remède contre la vanité d’auteur

     


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  • Résumé  du livre impubliable : la mort des républiques

    La république n’est pas une et indivisible  Elle est, par son histoire, complexe et multiforme. Elle connait des destins contrastés. Elle surgit, vit et meurt. Elle  constitue un objet sociologique et historique comme tout autre régime ; et cela mérite justification et explication. Le sociologue  entreprend donc une comparaison sur les siècles ( une dizaine dans mon livre :Antiquité, France, Allemagne ; une trentaine de la sphère européenne dans le livre de Ch. Brochier : « Sociologie historique du gouvernement de la République ») L’enquête ici  se heurte à l’idéologie dominante qui en fait une « essence », une substance, un concept indiscutable (alors même que le général de Gaulle qui en sauva deux, ne la cite, sur une centaine de pages, qu’une fois au profit de termes qu’il juge plus appropriés au relativisme  historique : « France » pouvoir,  Nation,  Etat. Ce préalable  a dû être levé avant d’enquêter  sur les  modes de délégation, de représentation, l’autorité, la séparation de pouvoirs et le système d’élections, la gestion  des pouvoirs administratifs et  de la force publique, principes ou faits, qui ont connu des fortunes diverses et complexes dans le monde occidental. Alors, la variété des circonstances des apparitions et disparitions successives, les péripéties de l’existence en Europe depuis l’Antiquité à aujourd’hui, méritaient d’être examinées. En éliminant tout esprit  de hiérarchie  quoique on en connut des exotiques (« bananières »), des bonnes et  des « mauvaises » (soviétiques et pays de l’est),  aux structures plus ou moins  abouties, d’après l’opinion des commentateurs  nationaux. 

    En l’absence d’unanimité, face à la diversité des critères formels, retenus  sans examen réaliste de l’application des principes, nous avons examiné l’utilisation par les usagers de la démocratie, des discours sur les droits de l’homme,  les pratiques votantes  et les actes des militants dans ce régime : Eh ! là patatras, rien ne concorde ! Le peuple souverain, le peuplé adulé des orateurs, le peuple sans cesse invoqué manque à l’appel ! Le calcul des votants en chaque élection  donne des surprises : en démocraties occidentales, ils sont  presque toujours minoritaires. Abstentions, non inscription,  votes nuls dominent largement au point d’atteindre  régulièrement 45% en France (60% dans le « modèle » américain)

    Alors pourquoi ces « peuples » appelés sans cesse  à leur devoir civique s’absentent ? Sautant dans ce résumé l’étape historique de l’échec d’intégration des classes dites populaires, nous sommes parvenu à isoler un critère : l’âge bien sûr, mais surtout les revenus (et leur stabilité), et la dimension  de la propriété, la possession de patrimoines, en valeur équivalent à un demi-million d’euros. Au-dessus, on vote presque systématiquement ; les sans patrimoine presque jamais. La valeur de  ce test, sans analyser la tendance  d’une abstention très faible dans les années 1945 et suivantes aux taux très élevés actuels  sans négliger d’autres éléments de l’exclusion ou de la séparation de la moitié  de nos concitoyens pratiquants assidus,  accentue le caractère tranché de cette division. La vraie question est alors : pourquoi veut-on ignorer ou masquer cette évidence ? Le peuple absent : où est-il, que pense-t-il ?  Ceux qui en appellent à lui, vers qui se tournent-ils en réalité ; à qui parlent-ils factuellement ? D’autres étonnements suivront si nous arrivons à bien mener notre enquête. Quelle conclusion tirer de celle-ci? D’abord que nombreux auteurs étrangers appliquent depuis des années notre schéma d’analyse : particulièrement l’école « de Cambridge » ; ils font autorité dans le monde des idées et des pratiques politiques : Dunn, Goody, Hobsbawm, Evans,  tous élèves de Moses Finley. En définitive on ne peut à proprement parler de luttes de classes mais de luttes de fractions de classe. Si  50%  des habitants en âge de voter participent  et dirigent la république, elle est alors l’enjeu permanent de conflits fratricides, parfois meurtriers entre petites, moyennes et grandes ou très grandes bourgeoisies. Ce schéma a été constamment et intelligemment partagé par des analystes dans le monde. Nous le résumons et verrons qu’il s’applique avec pertinence à la France,  à l’Italie et autres pays du continent dans la période récente (sans parler de la Présidentielle actuelle, un cas d’école).Au cours de ces conflits ancestraux, symboliques ou non, le petit peuple parfois s’immisce ou est appelé à soutenir un clan (type 1789).Il est réprimé peu après. Nous rentrerons par une série de cas dans les déroulements  variables mais le scénario est immuable ; notamment quand la « gauche » ne représente plus aucun danger  pour les titulaires  même divisés du pouvoir. Alors, que des scissions apparaissent ou non, au sein des classes populaires, est  un effet secondaire : s’il est habituel que des paysans soldats tirent sur des ouvriers, l’inverse est vrai mais plus rarement. En bref la mort des Républiques analyse toutes ces situations sans  examiner si elles sont exemplaires ou non

    Comment avons-nous mené une telle étude en série? Nous  prétendons qu’il faut approche de l’intérieur,   dans la continuité,  ce processus du découragement républicain du petit peuple, et chercher les autres modes d’action qu’il a  tirés de ces deux siècles d’échec, sans omettre  le sens de l’ironie qu’il manifeste à l’égard de ses guides-protecteurs républicains. Nous prétendons que les sciences sociales se sont totalement détournées   de ce  type d’analyse ethnographique car il ne faut pas compter sur les procédures statistiques étatiques  ou  sociologiques universitaires, (sondages, études d’opinion, questionnaires, entretiens, tous biaisés) pour   ressentir les modulations subtiles cachées aux enquêteurs extérieurs. Nous affirmons que nous fumes les seuls bien placés pour  approcher des comportements privés et secrets et, le cas échéant, en publier  les résultats (pas toujours : nombreux refus). Nous avons pris  acte qu’il faut vivre en continu parmi « ces gens-là ». Aucune difficulté  puisque nous résidons dans ces quartiers, ces villes ouvrières ou villages pauvres et reculés. Cet environnement, et singulièrement aucune « propriété » (en tout cas hors du logement et des biens domestiques), ne nous distinguent du genre de vie de nos voisins.  Cela va de soi puisque, à ce monde, nous  appartenons de naissance : pères, grands-pères,  frères,  fils ou autres proches  sont ouvriers, petits paysans, employés  subalternes, migrants pauvres ; ils constituent donc notre environnement quotidien. Et nous n’avons eu aucun mal à appliquer l’observation participante-une technique  de l’ethnographie- à cette pratique de voisinage. Nous venons  de résumer plusieurs années de travail. Par « nous », je signifie les 4 ou 5 sociologues  qui partagent cette expérience  en continu, qui en discutent souvent et  donnent ici  ou là les résultats. Nous  revendiquons  notre compétence. Nous affirmons  haut et fort qu’il faut  approcher, connaitre intimement  avant de proclamer,  surtout avant de moraliser et d’élever en dogme laïque sacré, le sens républicain  naturel et  avant de stigmatiser  l’indignité de l’abstenant ou du prétendu indiffèrent

     

     

     

     


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  • Fillon exit : purgatoire ou enfer ?

    Les candidats au premier tour manquaient d’humour (sauf un  certain Poutou)

    Celui à qui était promis en décembre  l’élection a perdu ses chances d’entrée  au second tour. Il lui manqua  5OO OOO voix pour dépasser la dame, celle des « gars de la Marine »  Pourquoi ? Manque  de réalisme, manque de   chance ? Je pense  surtout : pas beaucoup d’idées , ni de style ou de  l’ironie à manifester face aux champions du droit et de la Morale :le « Canard » et les juges du pôle ! j'ai  depuis ma montagne  proposé un peu d’autodérision  au lieu de prendre  au sérieux les accusations. Face à la culture classique de ses dénonciateurs, que n’a-t-il invoqué Homère ? Penelope y est si bien décrite par anticipation ; celle qui, pour refuser d’envisager le veuvage en  l’absence d’Ulysse et  se remarier, défait chaque nuit le travail de la journée et le rend infini et illisible (tisser le linceul ) puisqu’elle renoncera à sa vocation  quand elle aura fini sa « tache ».Donc le labeur de Pénélope -la si bien nommée- est chaque jour invisible :elle l’efface la nuit suivante. Elle prouvait ainsi sa fidélité à son mari  si éloigné d’Ithaque !   Oh Canard , que n’as –tu relu l’Odyssée pour comprendre cette femme fidèle ? Autre forme d’humour-que le Canard aurait dû apprécier  car il a le bec dur et sélectif -  c’est raconter les péripéties des 52 autres époux (ou épouses) députés qui emploient leur conjoint en assistant parlementaire.  Que de situations scabreuses  auraient entendu  les bureaux de Palais Bourbon : prête-nom pour une maitresse,  collaboration belliqueuse et  conflits de cuisine électorale  dans les murs de l’  Assemblée nationale   pleine  de  fureurs conjugales

    Plus sérieusement si le candidat Fillon avait feuilleté son manuel d’Histoire, il aurait adopté un geste historique qui lui aurait fait gagner des millions de voix .Non pas rembourser les  rémunérations, non indues de Pénélope ; après tout, c’est à  elle !. Mais  s’engager s’il était élu à ne pas recevoir  son salaire de Président, à le refuser, à renoncer au train de vie coûteux de l’Elysée, à commencer le tri des fonctionnaires attitrés de son bureau présidentiel. Le redressement des finances passait par là : la démonstration par l’exemple de la réduction de son personnel, par le sacrifice  du luxe de la fonction  y compris à l’égard d’une mission consacrée .L’engagement suprême  ne doit exiger   ni compensation ni indemnité   ou rétribution.  Le devoir national, l’exemple du dévouement sont à ce prix ! Que n’a-t-il  pressenti cela le candidat ?  Quelle classe cela aurait eu ! Et la gueule de ses collègues,postulants obligés  à ce geste généreux et  populaire. On souhaite cette attitude, au petit garçon «  employé de  banque » qui va lui succéder peut-être

    Le désintéressement  était la question principale des élections.  Un seul, en temps lointains, l’inaugura  bien que jamais aucun continuateur ne la reprit.  Le General De Gaulle en 1959  refusa tout émolument pour son poste de Président élu. Plus que cela, il payait de sa poche tous les frais de vie à l’Élysée qui ne relevait pas de la fonction  de la représentation ; donc  la vie privée et celle de sa famille dans le Palais, était hors des charges de la nation, par exemple son transport, le WE  à La Boisserie, son domicile : également, à ses frais. Quel exemple en ces temps d’avidité !  Personne ne se rappelle le dévouement, la sincérité, la volonté de changer les  mœurs, hier,   en tant qu’objectifs de la République ; et aucun candidat  ne l’évoque. Quel manque d’idées élevées ; que des esprits mesquins, petits bourgeois ! Aucun  sens de la mission, aucune grandeur à attendre de cette élection déjà ratée

    Voilà comment on expliquera plus tard  cette Présidentielle à nos enfants


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