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       Que faire quand tout semble avoir été fait en terrains de sociologie , SDF ,travail à la chaine,  quartiers populaires  médecine, Écoles,  lycées  etc ? Lepoutre le Naturaliste l'a bien compris; il faut innover dans le genre de comparaison,  dans le champ réflexif sans ethnographie neuve  mais  en s'inspirant des problèmes  nouveaux de  protection de la nature et des espèces,  se garder des abus du modernisme et du consumérisme  et appliquer  alors ces thèmes  au sport, à la montagne,  au style de vie d'une famille singulière: la sienne, ou  à la musique  et à de grands auteurs mal mal connus en France  tel Stephen Jay Gould ou autres anthropologues  mal connus en France. Il a raison :voila le résultat

    Lepoutre et  Nous :Ne demandez pas pourquoi mais comment » (O.jacob) 2020

     

              En dix ans le paysage a changé. Si je relis nos deux livres (le sien et mon"Gout de l'observation ") bien qu’ils soient proches d'un manuel, ils s’en écartent en faveur d'un style de la sociologie autre, notamment ethnographique, proche du terrain, qui doute beaucoup d'elle-même et qui n'arrive jamais à une conclusion tonitruante. En revanche, bien qu’ils partagent l’esprit d’un anti-manuel, ces-derniers sont tout à fait opposés.

    Autant je suis un peu érudit et prétentieux, exhibant une culture livresque certaine, autant David est spontané et direct, ses sujets étant concrets et sans arrière-pensée théorique. Moi je suis donc un contestataire « tradi’ », et lui un critique « doux », très innovateur et sans aucune question d'épistémologie ou de méthodologie. En dix ans, Lepoutre s'est débarrassé de mon érudition conventionnelle, et même si nous avons un fond identique « plus de loi, plus de déterminisme, moins de rigueur dans les méthodes », lui le fait d'une manière légère, sans mauvaise conscience, sans respect excessif pour les anciens et les Écoles, mais également sans recherche d’une théorie quelconque.

    Moi, avec mes défauts, mes fantasmes et mon goût pour l'apocalyptique, j’oppose aux théories du suicide un refus ironique, et moins argumenté que le sien, sur l'impossibilité matérielle de définir un mort en suicidé.

    Il y a dix ans, mon dada et l’époque voulaient que la politique argumentée ouvre une voie vers l'observation populaire.

    Lui, remplace la politique et mes « luttes de classes », qui sont mes dadas, par l'écologie, la protection de la nature et la consommation raisonnée dans les pays riches. Il y est soucieux d'une modération alimentaire et d'un genre de vie sain et équilibré, cela étant le but de son livre, énonçant à travers nos deux styles un changement complet d'époque. Alors, une révolution s’est bien déroulée dans les années 2010 à 2020.

    Moi, Don Quichotte de la politique et de la sociologie, je me battais contre les inégalités de classes et les injustices sociales. Désormais, ce débat est dépassé et daté puisqu’il fut mis à l’honneur de 1960 à 2000. En somme, la socio-politique au XXe était notre sujet de jeunesse et de vie d’adulte. Lui, apolitique et pro-nature, ne cherche plus de lois, de méthodes dominantes et de preuves par la statistique, appelant simplement au bon sens par l’observation calme et lente du monde environnant.

    Lepoutre anticipe le désarroi professionnel de l'enseignement sociologique, de l'encroûtement des professeurs dans l'explication littéraire des grands livres, soi-disant grands, sur la seule base de l'autorité professorale, sans faire appel à ce que Lepoutre fait avec ses étudiants : prendre n'importe quel livre, y compris de socio’, et le traiter comme un simple document d'époque, une image dépassée et un discours creux. Et il a raison de le faire, juste au moment où tout s'écroule, à l’instar de la sociologie dite scientifique, puisqu’en quelques jours c'est la guerre. Tout a été bouleversé, révolutionné, on ne peut plus parler, agir et enseigner comme hier. J'ajoute ma note personnelle, le couvre-feu et le silence total à dix-huit ou dix-neuf heures, étant ce qu'on a vécu en 1944-1945 : l'obscurité et le silence.

    De plus, cette atmosphère persiste sous les formes qu'elle prenait à la radio. Les conseils politiques (l'ennemi est partout, il a des oreilles, la police vous voit, vous ne pouvez pas bouger le petit doigt sans une permission), toutes ces choses que l’on croyait obsolètes et bonnes à de vieux livres d'histoire réapparaissent 80 ans après, s’imposant du jour au lendemain comme hier et enrégimente la population. Celle-ci devra bientôt marcher au pas, chanter en chœur et dire "merci maître, merci maître".

    Lepoutre est le premier à apercevoir les changements d’époque, notamment le fait qu’on ne pourra plus concevoir la sociologie comme on le faisait, science scolaire, théorisant et terrorisant les jeunes générations, obscure et faussement profonde, qui permettait à n'importe quel prof’ de pérorer en chaire sans être contredit. Lui et moi avons vécu ces deux effondrements, respectivement lorsque j’étais enfant, puis adolescent, de 1940 à 1960, et lui maintenant entant que professeur, père et citoyen, annonçant le revirement du système d'appréciation et de pensée. Ce que j'avais tiré de l'effondrement moral, vécu et accepté en silence par nos parents, c'était la dictature de l'armée qui nous conduisait en Algérie à pratiquer les mêmes horreurs que celles subies par nos parents, de 1940 à 1944, de la part des allemands.

    Cette modification, compte tenu du paysage moral et du sens du bien et du mal, affecte, à peu près toutes les générations, mais de manières différentes.

    Désormais, Lepoutre qui a senti cela,  suggère que la sociologie ne sera plus la même après 2020. C’est pourquoi ses chapitres évoquent le genre de vie à venir et la condition des jeunes. Il parle de la nature, de l'alimentation et de la valeur du silence en montagne. Il fait des critiques au productivisme, à l'accumulation du travail à la chaîne, sa critique contournant les problématiques qui étaient les nôtres, strictement économistes ou anticoloniales.  Cela le rend concret, pratique et  s'intéresse plus 'aux effets du capitalisme et  qu’à ses causes.

    Il anticipe comme moi et d’autres amis, la mort des  sociologies traditionnelles  En effet que faire quand tous les « terrains » ont été occupés ou parcourus par de nombreux sociologues antérieurs ?  Faire neuf , changer l’angle,   et comme David : inventer une nouvelle socio ; Par exemple il s’attaque  aux SDF mais avec une vision non misérabiliste,  il voit le travail à la chaîne mais  comme un test  de consommation abusive; les médecins,  les écoles,  les quartiers populaires des villes avec des yeux neufs   Il emprunte le sujet  ancien mais il en fait un champ nouveau  avec des préoccupations non théoriciennes,  libertaires,  sans ethno raffinée Il manquait dans l’éventail des sociologies  déjà entreprises : le sport de l’intérieur,  la montagne pratiquée  en spécialiste, la vie de famille.  David d’empare   de tout ça et en donne vue écologiste  engagée  mais réaliste , pas forcément   « raisonnable »

    Si on veut  gagner des lecteurs et des étudiants, retrouver un large public, David nous dit qu’ il faut  traiter  la vie banale soulevant les problèmes généraux au quotidien ;et il y ajoute des préoccupations écologistes ainsi  que  des réflexions  sur nos abus consuméristes , notre destruction des ressources de la planète

     Il est  libertaire,   pratique, et écolo  avec des solutions primaires  sans idéalisme  mais relevant de la sagesse,  non d’un vieux penseur, un  philosophe ami de la nature désabusé  mais lui, avec des ambitions  pratiques élevées,  une sagesse, un ascétisme  une modération de  notre faim de  consommation organisée par la publicité obsessive

     Donc il m’a rencontré (il le raconte)  moi, vieux sociologue des montagnes :moi aussi luttant par l’abstention  contre le gaspillage,  la destruction de la nature : il m’ a rencontré dans ma lutte contre les abus d’appel à la médecine  à un excès de soins et de médicaments ,  contre des dépenses hospitalières  peu économes etc .. mes vielles lubies et mes combats perdus

     Donc ce livre très original  produit de la sagesse, de l’implicite critique de la vie  académique et universitaire est  ambitieux dans son intention de renouvellement de la discipline et de son enseignement bien trop scolaire ; bref il est  néanmoins une réussite  multiculturelle quant aux sources,    pas docte ni  hyper cultivé    mais simple à lire et comprendre comme quand il prend de grand historiens internationaux , archi-reconnus  dans le monde mais quasi inconnus de notre public orienté vers un chauvinisme inquiétant . Il nous offre une voie de sortie de la sociologie classique, académique au profit d’une nouvelle  , aux buts généraux, non dogmatiques ni hyper spécialisée ; tous terrains ensemble, et  surtout tous publics  par un appel à la Raison et à l’intelligence collective


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    2 remarques   a posteriori : dans ces articles il faut ajouter les réactions des intellectuels et des sociologues

     

     Un celui de ma « carrière de foot  a déplu .pourquoi : j’en fus alors étonné ; Bourdieu ou d’autres aussi connus,  et même des proches m’ont signalé qu’ évoquer une activité aussi populaire, aussi  frustre risquait de nuire à ma carrière d’intellectuel crédible .un authentique sociologue, bref ,un penseur, ne peut se mêler au peuple puisqu’il destiné à l’étudier et puis le diriger ou l’orienter. J’en fus stupéfait . Le sport en quasi pro,  ou  en mateur dans un club avec des entrainements, des hiérarchies de dirigeants, voire des journalistes : ou un  calendrier rigide, des entraînements à heure fixe ; tout ça ne convient pas au théoricien qui veut prendre de la hauteur de vue et de pensée 

     

     J’avais pas anticipé tout ça, en  petit villageois dans un équipe de 3è division Régionale  de  Fédération, inférieure. On ne m’avait pas dit que  sociologue, futur « théoricien du peuple » on ne doit pas  se mélanger totalement avec ses co-équipiers prolo ou de basse extraction.

     

    D’’où ma surprise quand 40 ans après je publie cet article sur le foot vu de l’intérieur, contre les spécialistes de « l’élite »   et que cet article soi disant me décrebilise et   affaiblit mes chances de promotion !!

     

     Pourtant que de choses à apprendre pour  les classes sup qui font de la socio comme  les prêtres d’une grande religion du Savoir et de la science sans rien connaître à la vie des classes populaires dont ils se veulent les porte – parole !!

     

     Les grand sociologues des années  1950 à 2000 ont étudié le « populo » sans se salir les mains et de…loin !! ; à partir de là, j’ai douté de la socio française faussement démocrate,  de sa « gauche intellectuelle », de son populisme de salon !! heureusement qu’au même moment, je voyais et rencontrais une série de sociologues américains qui pensaient l’ivresse des Français . Et notamment Howard Becker  ,pour qui  ses profs et amis na considéraient pas comme un déshonneur qu’il fut jeune sociologue,  un pianiste de bordel .Que ce pouvait même être un  titre , une gloire, pour étudier les fumeurs de shit  ou les milliardaires en vadrouille, en s’acoquinant

     

     Moi en pratiquant , licencié à la FFF encore à 70 ans, en rencontrant les gens modestes et en fusionnant avec eux pendant les 90 minutes d’un match, les voyant au vestiaires, aux entraînements ou les déplacements du dimanche  , j’en ai appris sur les classes populaires  bien plus que cent livres lus à la bibliothèque 

     

    Voila les souvenirs que ces articles oubliés et publiés aux PUG  m’ont remis en lumière : ll y  a bien des classes sociales eu sein de la « Science » dite de la société ; lutte de catégories de privilégiés qui se drapent de justice sociale et de progressisme  et même une lutte de classes pour les places, les honneurs,  les promotions ( Cf article de Brochier sur l’origine des jeunes diplômes, en socio, aujourd’hui)

     

    J’ajouterai  ceci  qui me frappe rétrospectivement : la censure douce ; l’interdiction de certaines enquêtes ou conclusions. Les textes  de ces enquêtes auxquelles je me heurtais  au refus de toutes les revues ( en rappelant qu’elles sont toutes subventionnées par l’Etat – texte bien sûr qui n’est pas dans le livre , évidemment, puisque cette enquête n’a pu être publié dans mon pays .Ce qui prouve que la liberté d’opinion est limitée et que  les publications  sont soumises à des contrôles non dits .Je veux raconter cet incident typique di libéralisme limité et de la liberté de pensée des auteurs est contrôlée et soumise à une auto surveillance de leurs pairs

     

    Voila de quoi il s’agit !!

     


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  •  Au sujet  du livre offert  par l'université de Grenoble ( "Sur le Terrain PUG) -ce qui est un honneur incommensurable    je souhaite ajouter des   petites choses  qui relèvent des réactions d'il y a 30 ans

    1) la réaction "violente" au fait qu'intellectuel (moi) prétendu sérieux  fasse uns carrière parallèle de joueur de foot de championnat de la FFF . des amis et des adversaires m'ont déclaré non crédible si en plus je rencontre 'le populo le dimanche dans les stades

    J'en concluais  qu'il y avait bien le sens de classe supérieure  et un orgueil  des castes   (grandes Écoles parisiennes , agrégations, )dans le  petit monde sociologique.Pourquoi un racisme de classes  qui va avec un élitisme anti-populaire  chez les plus démocrates d'entre eux ??


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    2 remarques   a posteriori : dans ces articles il faut ajouter les réactions des intellectuels et des sociologues

     

     Un celui de ma « carrière de foot  a déplu .pourquoi : j’en fus alors étonné ; Bourdieu ou d’autres aussi connus,  et même des proches m’ont signalé qu’ évoquer une activité aussi populaire, aussi  frustre risquait de nuire à ma carrière d’intellectuel crédible .un authentique sociologue, bref ,un penseur, ne peut se mêler au peuple puisqu’il destiné à l’étudier et puis le diriger ou l’orienter. J’en fus stupéfait . Le sport en quasi pro,  ou  en mateur dans un club avec des entrainements, des hiérarchies de dirigeants, voire des journalistes : ou un  calendrier rigide, des entraînements à heure fixe ; tout ça ne convient pas au théoricien qui veut prendre de la hauteur de vue et de pensée 

     

     J’avais pas anticipé tout ça, en  petit villageois dans un équipe de 3è division Régionale  de  Fédération, inférieure. On ne m’avait pas dit que  sociologue, futur « théoricien du peuple » on ne doit pas  se mélanger totalement avec ses co-équipiers prolo ou de basse extraction.

     

    D’’où ma surprise quand 40 ans après je publie cet article sur le foot vu de l’intérieur, contre les spécialistes de « l’élite »   et que cet article soi disant me décrebilise et   affaiblit mes chances de promotion !!

     

     Pourtant que de choses à apprendre pour  les classes sup qui font de la socio comme  les prêtres d’une grande religion du Savoir et de la science sans rien connaître à la vie des classes populaires dont ils se veulent les porte – parole !!

     

     Les grand sociologues des années  1950 à 2000 ont étudié le « populo » sans se salir les mains et de…loin !! ; à partir de là, j’ai douté de la socio française faussement démocrate,  de sa « gauche intellectuelle », de son populisme de salon !! heureusement qu’au même moment, je voyais et rencontrais une série de sociologues américains qui pensaient l’ivresse des Français . Et notamment Howard Becker  ,pour qui  ses profs et amis na considéraient pas comme un déshonneur qu’il fut jeune sociologue,  un pianiste de bordel .Que ce pouvait même être un  titre , une gloire, pour étudier les fumeurs de shit  ou les milliardaires en vadrouille, en s’acoquinant

     

     Moi en pratiquant , licencié à la FFF encore à 70 ans, en rencontrant les gens modestes et en fusionnant avec eux pendant les 90 minutes d’un match, les voyant au vestiaires, aux entraînements ou les déplacements du dimanche  , j’en ai appris sur les classes populaires  bien plus que cent livres lus à la bibliothèque 

     

    Voila les souvenirs que ces articles oubliés et publiés aux PUG  m’ont remis en lumière : ll y  a bien des classes sociales eu sein de la « Science » dite de la société ; lutte de catégories de privilégiés qui se drapent de justice sociale et de progressisme  et même une lutte de classes pour les places, les honneurs,  les promotions ( Cf article de Brochier sur l’origine des jeunes diplômes, en socio, aujourd’hui)

     

     

     

     

     

     

     


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