• RETOUR CHEZ L’ERMITE  

     

     

    Je décidai de le revoir, ayant révisé mes classiques et notamment le Dialogue « Rousseau juge de Jean-Jacques », justification rhétorique par dédoublement. J’avais résolu  l’énigme  émise à ma première rencontre. Son pastiche était tiré  de la 5ième Promenade des « Rêveries du promeneur solitaire ». Que voulait dire Rousseau  par cette démarche paresseuse ? : « Quand le lac agité ne me permettait pas la navigation, je passais l’après midi à parcourir l’île en herborisant à droite et à gauche,m’asseyant tantôt dans les endroits les plus riants et les plus solitaires pour y rêver à mon aise,tantôt sur les terrasses et les tertres pour parcourir des yeux le superbe et ravissant coup d’œil du lac » ? Je ne comprenais pas  ses références littéraires constantes. Etait-ce pour souligner la valeur de la culture scolaire en politique ? Et pourquoi ces plagiats, ces citations déformées ? Un pied de nez au symbolisme trop érudit ou un salut, en passant, aux grands ancêtres, qui pensèrent en marchant. Il est exact qu’il y a eu de nombreuses manières de marcher : en politique (les protestations, les défilés), les marches philosophiques (les dialogues des Péripatéticiens, de Kierkegaard, Flaubert), ou religieuses (les pèlerinages, St Jacques de Compostelle) sportives enfin, les courses de marcheurs (les déhanchés). Moi-même j’appartenais à la génération des coureurs (trails, marathons, joggings) qui avaient été le témoin de l’explosion de ce mode de locomotion. La cadence imprimée aux muscles, le rythme de la respiration participent-ils de la réflexion par une sorte d’oxygénation de l’esprit ?  Pourtant la découverte d’un itinéraire en terrain rude ou engagé, la recherche du passage dans une ascension ne favorisent guère le raisonnement dilatoire ; elles déconcertent l’attention, s’attachent à des sensations périphériques : la maîtrise physique de l’environnement, le contrôle nerveux de soi. D’où mes doutes qui me poussèrent à l’aller revoir 

     

    Le sens de la marche

     

    Je le trouvais de bonne humeur se chauffant au soleil sur le pas de sa porte. Je le provoquais aussitôt sur la distinction mystérieuse penser et marcher.

    - Pourquoi Rousseau ? Il fut un grand marcheur-penseur, me dit-il, Il pensait en marchant ; peu souvent l’inverse. Au moment où il fait l’apologie de l’engourdissement par le calme des sens, il nous avertit que penser à rien, c’est penser encore à quelque chose. Tout au moins, c'est  ce qu’il va écrire au sujet   de l’eau, du flux et reflux, du doux bruit du canotage et donc le flottement de la raison. Une fois, il était si absorbé à démêler les fils de sa pensée qu’il fut renversé par le carrosse d’un noble ! Il fut parmi les philosophes le seul à courir ce danger.  C’était un « intellectuel-ouvrier »  qui a beaucoup erré à pied entre Chambéry, Lyon et Turin. Pour lui : point de chaise (à porteurs) d’équipage, de monture. N’oubliez pas que c’est au cours d’une marche, de Pais à Vincennes ( où il allait visiter son ami Diderot enfermé au château) qu’il eut la révélation de ce qui serait son « système politique » (la réponse à l’académie de Dijon qui donna « Le discours sur les Sciences et les Arts »). Illumination associée à une insolation, ce jour torride de l’été 1849, comme il le raconte avec lyrisme. Si vous voulez suivre le sens de sa marche, devenez d’abord sensible à cette musique  de la  Promenade: « Quand le soir approchait, je descendais des cimes de l’île et j’allais volontiers m’asseoir au bord du lac sur la grève..Là le bruit des vagues et l’agitation de l’eau fixant mes sens et chassant de mon âme toute autre agitation la plongeaient dans une rêverie délicieuse où la nuit me surprenait...Le flux et le reflux de cette eau, son bruit continu mais renflé par intervalles frappant sans relâche mon oreille et mes yeux suppléaient aux mouvements internes que la rêverie éteignait en moi et suffisaient pour me faire sentir avec plaisir mon existence sans prendre la peine de penser. De temps à autre naissait quelque faible et courte réflexion sur l’instabilité des choses de ce monde ».  Ecoutez la mélodie, que ce soit dans Les Promenades, ou Les Confessions. Ça coule comme une source. Excusez-moi je n’ai pu résister à l’envie de vous faire goûter cette eau-là

     

    - D’accord, d’accord; mais il n’est pas unique. Pourquoi lui ?

     

    - Parce qu’il est notre témoin quasi-contemporain, un plébéien qui alluma une Révolte. Il n’y a pas d’idées neuves en politique sans la recherche d’un mode d’expression nouveau. Vous vivez une époque passionnante, annonciatrice de changements inattendus mais si vous ne trouvez pas la formule pertinente, vos idées ne passeront pas. Aujourd’hui vous pouvez lire une multitude d’auteurs et de polémistes mais aucun n’a inventé un style. Découvrez votre style et vous laisserez une trace.

     

    -Vous soutenez que les idées vigoureuses de Rousseau devaient nécessairement être associées à un bouleversement de l’écriture en politique pour avoir un impact ?

     

    - Exactement ! Bien sûr tout le monde a retenu son énoncé tranchant : la première phrase du Contrat social (« L’homme est né libre, et partout il est dans les fers ») .C'est une des formules qui ont été ciselées lors de marches ardentes. En politique, l’art oratoire est essentiel. En 1789, cette éloquence était manifestée par de nombreux apostropheurs publics et des pamphlétaires. Sans écrivains à forte personnalité, pas d’événements remarquables. Je crois, me dit-il, que votre inspiration de Rousseau s’est appauvrie. C’est un homme à paradoxes.  Quand il fait l’éloge de la pensée erratique, il travaille en réalité son écriture et sa phrase ample cadence son pas.

     

    - Certes, mais il n’a pas été le seul philosophe des Lumières à accorder la place de la nature dans notre mouvement intérieur.  Quant à les décrire, c’est vrai, il est un des plus grands. Cependant dans les Rêveries, il y a d’abord l’idée d’isolement, de mise à distance de la superficialité du monde. D’autres néanmoins reprirent largement le flambeau, cent ans après lui. Thoreau par exemple

    - David Thoreau va plus loin; « Marcher c’est Désobéir » (à nos habitudes de facilité, à nos normes, à nos conventions). Prendre sa voiture, consommer de l’espace et du pétrole sont la négation de la liberté. L’autoroute conduit à la ville où on accourt en masse, où on s’agglomère, où on vit en troupeau. Thoreau marche toujours contre quelqu’un ou contre quelque idée fausse. Il marche pour penser librement : « La marche dont je veux parler n’a absolument rien à voir avec le fait de prendre de l’exercice comme on dit, à la façon dont un malade prend ses médicaments...En quittant mon seuil je puis aisément marcher pendant quinze ou vingt Kms ...sans rencontrer la moindre maison, sans croiser d’autre route que celle qu’empruntent le renard et le vison »..... « Il m’arrive parfois d’indiquer la direction à un voyageur. Si vous voulez rejoindre le monde de la politique, suivez la grand-route, suivez ce marchand, gardez dans vos yeux la poussière qu’il soulève, elle vous y conduira directement » [1] . La politique en tant que réunion se pratique en ville. Or, comme le troupeau qui suit sans réfléchir ceux qui sont en tête, la pensée en ville perd de son caractère nomade et donc libertaire, pour s’aligner sur le convenu. C’est pourquoi la marche solitaire est une dissidence : « On ne naît pas marcheur, on le devient ..je ne puis conserver ma tête et mes esprits si je ne passe au minimum 4 heures par jour ..à flâner par les bois, les collines et les champs,entièrement dégagé de toute préoccupation matérielle. Vous pouvez dire sans risque : des pensées à un sou ou bien à mille livres »

     

    - Tout ça est fort bon, Monsieur, mais on ne peut faire marche arrière ; le monde va trop vite. Trop de choses à apprendre, trop de biens à acquérir, trop de savoirs à expérimenter ; la multitude des messages reçus bouleverse le train-train du promeneur lent.  Thoreau est peut-être un anarchiste, un individualiste tenace. Une société peut en tolérer quelques uns, pas plus !

     

    - Venez. Allons marcher en discutant. Thoreau ne construit pas une épreuve initiatique, n’élabore pas un ascétisme naturaliste. Simplement il indique que la solitude et  la fréquentation  de la nature  sont  « incomparables pour l’homme de lettres, le manuel. Plonger dans les lacs, dormir dehors, grimper aux arbres sont ce que nos milliers d’ancêtres ont fait pour nous conduire où nous sommes ». Cette sagesse favorise l’indépendance de jugement. Trouver sa voie, inventer un chemin effacent l’anecdotique de notre existence qui encombre notre vision..

     

    - Et la montagne ?

    Autre chose est la haute montagne.  La pensée s’y épure, aiguise l’oeil critique en se soumettant à l’épreuve du risque mesuré, imposant le tri de l’essentiel. En l’occurrence : le danger, la météo changeante, la trace à faire, le timing à respecter, cela redonne du sens à la réalité. La pensée s’équilibre par le pied. Des scientifiques l’ont compris[2]. On y devient plus agile dans ses déductions, leste dans ses associations d’idées. En montagne, les volumes, les couleurs, les lignes pures, l’ensemble exacerbé, éliminent les scories  superficielles.  Les piliers, les clochetons, les tours, ces termes d’église si évocateurs, sont aussi ceux de l’alpinisme ! Si vous cherchez une solution à une question obsédante, l’escalade sera le contre-pied à votre inquiétude.  S’approcher des hauts sommets, ressentir la présence des massifs préparent aux grandes conquêtes de soi. Regardez Messner quand il part pour l’Everest ou autres 8000, en solitaire, il ne s’encombre pas. Equipement léger, rapidité de l’ascension en solo ; là il est libre et vif (il est vrai que son frère y a laissé la vie). Il peut ensuite lancer des ascensions dans son Tyrol natal sous forme d’expédition politique, transcendant les frontières de trois pays. L’improvisation, l’absence de partenaires, l’abandon des sentiers battus ne sont pas des problèmes mais des solutions.

     

     

    Rousseauisme  ou Onfrayisme ?

      

    - Ainsi vous êtes un lecteur, un partisan de Michel Onfray, un adepte du nouvel hédonisme ?

     

    - Oui, il y a des dispositions authentiques parmi tout ce que brasse Michel Onfray. D’ailleurs je trouve qu’il travaille beaucoup pour un hédoniste : un livre par an ! Mais sa marche en forêt ( normande) est autre chose. Ce n’est pas la révolte, c’est le refus du conformisme. La forêt représente la vie pleine, l’exubérance de la plante, la vitalité de l’arbre, son cycle saisonnier et mortel. Elle est plaisir, fruits et matériaux, cadre de paix . En haute montagne, le rocher et l’homme se répondent dans un dialogue de combat.

     Dans le Manifeste Hédoniste,  il synthétise, entre autre, « le sentiment de la nature, mais également la pleine et entière ouverture au cosmos... Le spectacle de la vastitude de la mer, des montagnes, de l’océan, de l’orage .. déclenche le sentiment de soi comme conscience finie, étroite, limitée, dérisoire »[3]. En paroi, dans la course en haute montagne, « l’expérience du lien qui nous unit avec le cosmos et la nature dont nous sommes un fragment »  est immédiate. Pas besoin de trouver le sens de l’équilibre : il est simplement question de le garder et de l’améliorer. Hélas pour la majorité de nos concitoyens, ne pas marcher est devenu le principe de l’existence elle-même. Nos prédécesseurs, le chasseur, le cueilleur, le nomade, le marchand marchaient beaucoup et mangeaient peu. Maintenant nous mangeons beaucoup pour marcher très peu ! Que va-t-on devenir ? Une société d’obèses et de lourdauds ? Prendre du poids au sens figuré est devenu une valeur symbolique. Pour un livre de marche (« l’Art de marcher »), il paraît cent livres de cuisine ; la gloutonnerie engendre l’atrophie cérébrale. La fonction digestive alourdit la pensée. Vivent les légers et les aériens.  Autrefois on marchait pour survivre. Nos contemporains font l’inverse.  Le choc de civilisations que cela constitue en deux ou trois générations par rapport aux millions de marches forcées du passé nous mène à une Régression monumentale. Pour votre avenir, jeune homme, marchez ! Au moins, vous aurez une chance de rencontrer les autres. Sinon qu’avons-nous ajouté à la vie de nos pères ? D’une société d’aveugles et de sourds, hier, vous passeriez à une société de sédentaires aujourd’hui ! Des peuples proches appellent à l’aide et vous n’entendez pas ! Si vous avez traversé la vie dans les années 1950 à 1980, si vous avez grandi durant ce que nos maîtres ont appelé « les 30 glorieuses » (Glorieuses années : en effet !  des guerres coloniales, l’ Algérie avec 500 000 morts de nos mains, le taylorisme, les cadences industrielles, les  maladies de la mines, la santé détruite de travailleurs, la fabrication d’un prolétariat immigré!! Pour notre gloire passée, lisez « La question » d’Henri Alleg ), extasiez-vous !Ils ont manipulé les contenus et les récits et vous n’avez rien vu de la réécriture de l’Histoire. Vous êtes passé directement aux « 30 orgueilleuses » ! C’est-à-dire à un monde de bavards impénitents et sans scrupules, aveugles aux peuples que nous jugeons du haut du tas de nos dettes qu’ils nous ont concédées ; « Orgueilleuses » furent ces années par l’exhibitionnisme intime ou les manifestations d’indécence. Triomphèrent alors l’absence de sens critique, la sclérose des innovations, le rejet scientifique. Regardez qui se gobergent   dans les journaux et revues ou à la télévision, au sein du divertissement et de la variété mixés en émission politique, assemblés par quelques chaînes où règne le mimétisme ?

      

    - De quoi voulez-vous parler ?


    - Prenez le cas  de chaînes télévisées:

     

    Les idiots utiles de TF1 et les Ados attardés de Canal+

     

    - L’engourdissement opéré par ces accros au publicitaire, n’est ni imposé ni contraint ; il est consenti, nous souhaitons une dictature molle pour ne pas avoir à décider.  Un agglomérat s’est constitué autour de communicants et des politiques, des hauts fonctionnaires et de journalistes, d’acteurs et d’universitaires. Ils ont suscité par corruption morale (le succès, l’argent, la notoriété) une frange populaire qui s’est engouffrée dans la brèche de l’existence vouée à l’exhibition.  Ces catégories constituent les charnières qui ont ouvert la porte au libéralisme dans les consciences des plus pauvres, des mal scolarisés, des minorités déculturées. On leur a dit : « paraître c’est être, dépenser c’est penser, être vu sur l’écran, c’est se voir ». Et il y a foule aux portes des studios d’émissions, dans les gradins à claque, les publics des jeux télévisés. Devant les écrans des chaînes spécialisées dans l’imbécillité et le futile, ces spectateurs au rôle mineur sont devenus les Idiots Utiles du libéralisme : « applaudissez, manifestez votre joie et votre chance, vous êtes sur TF1 » ! Les Idiots utiles sont indispensables en démocratie (voyez J. Dunn des Lectures du blog).Ils arbitrent les luttes de clans des chefs en représentativité de la bourgeoisie ; ils votent, justifient, courtisent. C’est la partie de la plèbe qui vit des spectacles offerts par les consuls ou les mécènes : Jeux et gladiateurs, courses et combats de fauves. Ils permettent de trancher les luttes féroces de pouvoir en dehors des assassinats entre patriciens ambitieux. La démagogie, probablement inévitable, fonctionne bien grâce à eux. Et merci à TF1 de les avoir soudés !

     

    Un autre mode de sélection publique a réuni d’autres catégories d’intermédiaires démagogues : jeunes branchés, scolarisés, cultivés. Ce sont les enfants de la classe moyenne aisée, les fils de bobos, pros de l’esbroufe. Plutôt Parisiens, diplômés, masculins, ils méritent leur double A. « Les Ados Attardés » de 40 ans. Si on souhaite les voir assemblés certains soirs, là où ils sont chez eux à Canal +, on les entendra   rire aux éclats de leurs blagues infantiles au cours d’émissions de politique adaptée et de faux « débats ». Fats et repus ils jouent le modernisme, le snobisme technique. Entre les groupes en société, en relations tendues ou conflictuelles, s’introduit ainsi une écume de médiation chargée de mettre de l‘huile dans les rouages grinçants. Il y suffit d’un style léger, moqueur en apparence. En réalité terriblement conformiste, l’œil rivé sur le rival et l’audimat, ils tirent les ficelles en coulisses. Leur mission est de passer des messages politiques. « Hors du libéralisme point de salut ;hors du capitalisme centralisé, pas d’âme ; vous êtes égocentriques, ethnocentriques, narcissiques, souriez, vous vivez les années 1981 à 2011 qu’on appellera plus tard « les 30 orgueilleuses » et qui se terminent ces jours-ci.

     

    - Eh ; voila bien de la colère, Prophète inécouté, isolé !  Mais que faites-vous, vous, concrètement ?

     

    - Moi ! Rien : je marche ; je tourne en rond. Je vais répétant :

     « Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne

      Au coucher du soleil, tristement je m’assieds

      Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères

      Un seul hêtre vous manque et tout est déboisé »

      Et sur ce, il tourna les talons, me laissant avec ce poète - ministre en 1848:

     


     

    [1] Henry Thoreau Désobéir 10/18, 1994 ; p 82-87


    [2] Lizzy Hawker (36 ans) vient de remporter les100 kms de l’Annapurna cette année .Cette coureuse  fait reculer les capacités. Les ultramarathons de plusieurs jours mettent en avant  le goût de l’effort en montagne transférable  en créativité en inspiration scientifique. Cette biologiste  docteur ès sciences a travaillé pour le British Antartic Survey  : « Aujourd’hui je me suis écartée de la science académique et je travaille comme rédacteur free lance, j’enseigne aussi en Suisse. J’aime ce qui est synonyme de liberté. Ma passion pour les montagnes et la nature a construit ma vie. Pour moi l’important est d’être dehors et de bouger ; cela contribue à l’endurance mentale et physique»


    [3] M.Onfray, Manifeste Hédoniste,   éd. Autrement, 2011, p.15.


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  • L’ERMITE

     

     

    Dialogue : Le blogueur juge de l’ermite

     

    En réalité, ermite à moitié. S’il vivait seul dans un petit village du Dauphiné, à 1500m, il occupait une maison sans grande commodités mais non sans confort. « Vous ne pouvez pas vous tromper, m’a-t-on dit quand je partis à sa rencontre, c’est la maison près de la chapelle ». Un petit village d’une vingtaine d’âmes, 4 mois de neige en hiver, abritant un berger, deux paysans et quelques couples d’ouvriers et de retraités.

    On m’avait averti : « il est peu loquace, il va tous les jours en montagne ».  Depuis son observatoire, il surplombait la vallée, la ville, mais aussi la société. Il était informé, très au fait de l’actualité, grâce aux moyens modernes de communications : Internet était parvenu dans ce village depuis six ans.

    On me l’avait présenté comme un original, coureur de bois, amateur de vie sauvage, amoureux de la haute montagne ; d’autres le voyaient comme un vieux sage, austère et taciturne, blasé des humains. Certains imaginaient un type bizarre probablement aigri et frustré, un peu creux, peut-être vaniteux, fouillant les gens du regard, les bombardant de questions.

     Je l’abordais dubitatif, quelque peu intimidé ; il me regarda monter le sentier caillouteux et me félicita pour ma démarche souple et rapide. « Vous avez le pied montagnard ». Il me fit le tour du panorama : « Oui, la vue est superbe. Là-bas vous avez le pic du Bout à 3000 m ; à votre gauche le mont de la Table. Je les ai gravis, quoique maintenant mon altitude de prédilection soit redescendue à 2000 m »

     

    Il m’expliqua qu’il passait son temps à marcher, lire, grimper, réfléchir, tout cela successivement. Je grimpe en solo, en libre ; ça veut bien dire ce que c’est : seul sans matériel et sans assurance.  Etre libre, sans entraves, choisir ses voies, bien viser ses passages, ne dépendre que de la roche et de sa propre lucidité. Rentrer à n’importe quelle heure, parfois ne pas rentrer ; personne ne s’inquiète ! C’est important la liberté. Et bien sûr, sans l'appareil symbolique de l’esclavage de l’homme d’aujourd’hui, le portable. Je n’en ai jamais eu.  Seule condition : « Etre en forme » : la montagne ne tolère pas ceux qui sont fatigués, peu concentrés, inattentifs.  Posséder le sens de l’équilibre.  Etre équilibré sur le rocher signifie aussi l’équilibre mental .Pas l’un sans l’autre ! Telle était sa devise.Il justifia longuement la marche comme ce qui demeurait encore d’authentique dans les liens avec notre ancêtre « l’homo erectus ». C’est par là que passent la palpation du réel, la relation physique avec la terre nourricière.  Le pied dans la marche représente le contact direct, la racine qui nous relie à la matière d’où nous venons et où nous retournons tous !  Les mots le disent : « Retomber sur ses pieds », « ne pas perdre pied » ou « bon pied, bon œil ». Que ce soit le pied cambré du danseur, le pied ouvert ou fermé du footballeur, le pied marin, sentez, dit-il,  tout ce que la civilisation récente a atrophié ou annihilé. Pas surprenant que la pensée se soit amollie. Si vous amoindrissez la fonction de ce membre, vous réduisez votre capacité intellectuelle. Vous savez qui a dit : « Quand je grimpe, je pense avec mes jambes  » ?

    -Non !

    -Un très grand alpiniste, un militant, un politique engagé aussi : l’Autrichien Reinhold Messner. L’abaissement de la pensée est en proportion de la diminution de la longueur de marche quotidienne. Sans intelligence, pas d’indépendance et alors, c’est la vie en troupeau. Comme des moutons où l’un suit consciencieusement l’arrière train de celui qui précède. Se caler au milieu du groupe, se fondre dans la masse, ne pas se distinguer. On dit qu’il y des concours de stupidité pour acquérir le droit à la célébrité dans la société d’où vous venez. Est-ce vrai qu’à la télé gagner les courses à l’imbécillité assure la notoriété ? Ne pas réfléchir par soi-même, suivre le mouvement, se montrer  conformiste, quand le chef de file vous conduit ...à l‘abattoir ou au précipice, il y a de quoi pavoiser en effet.  On m’a raconté que la meilleure façon d’être moderne est d’entrer dans le grand livre de Fesses-Book. Montrer ses fesses, souriantes ou grimaçantes, fines ou grossières ; des pages entières de photos de fesses. La gloire serait attribuée à qui a fait le maximum pour appartenir à la grande confrérie. Remarquez : Jean Ferrat avait admiré la manière dont Brassens montrait les siennes aux bourges et aux calotins.

    C’est pour cela que je marche deux ou trois heures par jour quelque soit le temps. Nos contemporains, en deux générations, ont perdu entièrement cette capacité.  « Ils perdent pied ».Les dégâts en sont immenses : comportements de renoncement face aux difficultés, abdication de caractère devant les rapports de force conformisme des morales imposées  par autrui». Si j’ai l’occasion, je vous montrerai les différentes démarches. Marcher en pensant n’est pas la même chose que penser en marchant ; la distinction est subtile mais forte. Je l’éprouve tous les jours en vagabondant. La pensée aérée, dépouillée, qui va l’essentiel, les grimpeurs la pratiquent. Vous les avez vus sur les parois ? Ils font des choses de plus en plus incroyables ! Vous connaissez Catherine Destivelle ?

    -De nom ,oui

     -Quand elle grimpe dans  son style éthéré, elle est un défi à la pesanteur ; elle fait corps avec le rocher et en même temps elle s’en détache , elle vole de prise en prise. Lisez-la.  Elle dit de choses très justes sur ces détails extrêmes. Quatre bouts de doigts de pieds et de mains, quatre fines extrémités pour s’élever et vous maintiennent en vie. On voit immédiatement le caractère aérien, la mesure à l’économie : pas de geste superflu, rien d’inutile dans le dépouillement de l’ascension. Ce sont des danseurs verticaux ; si les danseurs de ballet maîtrisent l’espace horizontal (ils s’élèvent un peu mais médiocrement), observez ces danseurs de paroi. Quand je passe au pied d’une dalle où ils s’expliquent avec eux mêmes, je ne me lasse pas de les regarder.

    « Mes mains se promènent doucement sur la surface granuleuse du rocher. Puis mon corps se met à grimper. Tout est facile, les mouvements s’enchaînent aisément, je grimpe, je grimpe...Un vrai rêve ! C’est pour parvenir à ce degré de liberté physique, ce sentiment d’aisance, de légèreté que j’ai décidé de regrimper en solo car je savais que ce serait la seule façon de revivre cette osmose parfaite avec le rocher, de retrouver cette grimpe instinctive, presque animale »( C. Destivelle : Retour à la montagne)

    Il faut dire que la pensée, afin de s’aérer, ne s’encombre ici d’aucun d’artifice, ni de conventions. C’est à 4000 qu’on respire le mieux. Il y a moins de pression atmosphérique et  la tête se purifie ! On ne pense pas de la même manière qu’au niveau de la mer ! La vérité créatrice par la sensation ultime des éléments naturels,  le sol et la peau, maints écrivains l’ont exprimé. Rappelez vous Rousseau ?

    –Ah oui, dans la Nouvelle Héloïse ? Mais il oublie que plus on monte, plus il faut s’oxygéner ! Mais, vous, que faites-vous là-haut, tous les jours ? Je présume que vous observez les animaux sauvages ?

    -Oui, je vois le lynx, le renard et le sanglier, le chamois et le bouquetin, le cerf ou le chevreuil.

    -Et le loup ?

    -Jamais vu ; ni rencontré de traces ; deux étaient présents ici, paraît-il. Vite abattus

    -Pourquoi ?

     -C’est l’immigré de la gent animale ; on lui impute les crimes des autres.  Il vient des Balkans ou du Caucase et de plus il transite par l’Italie. C’est l’illégal à pourchasser, le bouc émissaire.  Il paie pour tous les malheurs engendrés ailleurs

     

    -Pourtant dans les troupeaux ... il fait des ravages ?

     

    -C’est pas lui, ce sont le chiens redevenus sauvages, les chiens errants, gardiens de villas et les chalets abandonnés hors saison par leurs maîtres, d’où ils s’échappent pour quelques jours chasser, retrouver leur instinct de tueur (« les chiens tueurs d’enfants ont plus de respectabilité que le loup). Eux oui, j’en ai rencontrés. Affamé, le loup ne tue que pour se nourrir, une brebis de ci de là, l’autre le chien dit de garde qu’on laisse seul dans les jardins   tue par plaisir. Quand un animal du troupeau est dévoré,  il est probable que ce soit le loup. Quand on trouve plusieurs moutons abîmés et blessés, c’est le chien qui est redevenu sauvage. D’ailleurs souvent les dégâts sont ciblés, circonscrits à une petite aire ; or, lui, le loup circule, ne reste pas sur place.  Cela est connu. Il n’y a que les journalistes naïfs et leurs lecteurs qui sont menés en bateau.  Bon ! Il ne faut rien dire : Bruxelles ne dédommage que si le loup est déclaré responsable. D’ailleurs les nouveaux résidents,  bourgeois ou retraités, sont devenus les maires, les  notables de villages, les dirigeants d’association (de chasse) ; ils font la loi et l’indemnisation. Le berger se tait.  Le loup est donc l’immigré honni.

     

    -Bien, bien..  je vois que j’ai touché là à une corde sensible

     

    -Oui et s’il n’y avait que ça ! Les 4.4, les quads, les chasses illégales, les empoisonnements d’animaux protégés. C’est la curée pour détruire, polluer, abîmer, ne rien laisser derrière nous. Les nouveaux Barbares sont dans nos montagnes

     

    - Et l’isolement, l’absence de médecin, de pharmacien  ne vous préoccupent pas ? »

     

    -Inutile ; je ne les connais pas. Jamais vus. Je n’ai jamais été malade ; je crois que c’est irrémédiable,  la bonne santé. Une question de chance mais aussi de volonté, d’hygiène de vie, de connaissance de son corps. Je devine ce qui ne va pas à de petits signes, je porte un autodiagnostic ; puis je me soigne en pratiquant  les exercices physiques appropriés ou bien je m’octroie  la récupération nécessaire. Mais puisque vous vous intéressez à mon genre de vie, je vous propose une devinette.  Je fais parfois des pastiches en me promenant ; oh, des réminiscences scolaires, des textes appris et que je remanie s’ils ont un rapport avec ma situation. Par exemple en nageant dans un des nombreux lacs, je me suis souvenu de ce texte célèbre :

    « Lorsque le lac gelé ne me permettait pas la natation, je passai mon après-midi à parcourir la rive, en lisant une page ou deux d’un livre, m’asseyant tantôt dans les recoins les plus souriants et les plus solitaires pour y réfléchir à mon aise, tantôt gravissant les hautes terres pour parcourir des yeux le superbe et renversant coup d’œil du lac et des rivages boisés, élargis en riches plaines dans lesquelles la vue s’étendait jusqu’aux montagnes bleuâtres qui les bornaient. Quand le soir approchait, je descendais des cimes et j’allais volontiers m’asseoir au bord du lac sur la grève etc ». 

    Lecteur :  De qui et d’où est tiré ce passage d’un auteur que j’aime bien et que je respecte à ma façon, caricaturale ?

     

    -Pourquoi cet écartement de la société ; ce retrait est volontaire n’est-ce pas ?

     

    -Oui une raison très simple. Je n’ai pas beaucoup travaillé durant ma vie active, j’étais un peu paresseux, j’étais professeur. Un métier peu usant, intéressant certes, mais guère éprouvant si je compare aux ouvriers qui m’entourent. Nous, on parvient à la retraite en pleine forme. Eux non ! Alors il était temps de redevenir sérieux.

     

    - Vous faites toujours les choses à l’envers, quoi ? 

    - Une raison supplémentaire est que j’habitais une ville du sud, riche, pleine des bobos et de bourgeois, sophistiquée, avec de nombreuses occasions de diversions, de loisirs, de spectacles. Je me suis éloigné de ces tentations car je me serais laissé aller à la vie facile, distrayante et sans soucis. Mais rassurez –vous je ne suis pas devenu un travailleur acharné : 6 à 7 heurs par jour me suffisent.

     

    - Oui je comprends ; d’ailleurs moi-même...Mais pourquoi se couper du monde à ce point ? Ne parler à personne, des jours, des semaines durant, n’est-ce pas trop dur ?

     

    - Pas pour moi qui ai l’esprit lent, qui réfléchit laborieusement, qui suis le contraire d’un esprit vif et rapide. Il me faut du temps et de la concentration pour comprendre quelque chose de valable à la société où nous vivons. Donc je m’impose la régularité de l’attention, l’approfondissement par le silence. Je tente de m’abstraire du bruit ambiant, d’éviter les distractions qui dispersent.  Rester seul pour penser : le monde actuel fait tout pour vous en empêcher. La solitude est dénoncée comme une maladie, une anomalie. Vive le superficiel, le zapping ; soyez légers, glissez, faites 3 ou 4 choses à la fois pourvu que ce ne soit ni profond ni exigeant en attention. Regardez : les médias, les livres à succès sont ceux qui confirment vos préjugés, qui vous incitent à abandonner toute personnalité, toute indépendance, toute rigueur de la pensée.  « Nous réfléchissons pour vous aux meilleures solutions, confiez-nous votre argent, votre santé, votre esprit, on s’occupe de tout. Amusez-vous, soyez insouciant, sortez, consommez, moutonnier, suivez le troupeau. Ludisme, Hédonisme, Egoïsme, on organise tout pour vous !

     

    --Et la montagne vous permet de lutter contre. Seul contre tous, quoi ?

     –Non ; je n’ai pas cette prétention ! Mais la montagne et la lecture ensemble ! car la culture accumulée sur 20 siècles nous indique que ce phénomène est banal , que d’innombrables individus sont sortis du rang, ont refusé, ont désobéi. Certains ont laissé des œuvres impérissables. Les ayant un peu fréquentés dans ma jeunesse, je voulais les retrouver sur le tard...

    Mais, bon,  j’ai quelques olives et un fromage à partager, entrez .On discutera.

     

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  • Les biographies insolites

     

    L’idée d’écrire des biographies courtes et cocasses  m’a été donnée par Becker quand il m’a envoyé son récit  d’enfance: « Grandir et observer à Chicago »(voir Le goût de l’observation) . On aurait pu penser qu’il s’agissait là d’un contre-pied aux habituels matériaux biographiques, leur préférant des éléments futiles, événements anodins choisis non en vue de justifier une vocation, mais pour signaler  les hasards de parcours, les changements surprenants, bref les bizarreries de toute histoire individuelle. Au lieu de chercher une rationalité à l’histoire de vie, l’adepte de la « biographie incohérente » fouille les individus, note les doubles ou triples visages, la formation erratique (chacun a plusieurs cartes en main). Par conséquent, s’offre un désordre de libertés de choix plus qu’un déterminisme. Au lieu de sélectionner des faits en vue d’une homogénéité comme les biographes de métier le font, ma conception donne en vrac des actes de la vie courante, parmi lesquels le lecteur farfouille pour se faire sa propre idée de l’auteur.  Mais ces petits événements de la vie quotidienne doivent produire des explications caractérisables.

    Par ex . K. Marx, nous l’avons présenté sous un jour insolite, insistant sur le couple et le trio. Pas de génie, sans Jenny, pas de Marx sans le sponsor-collaborateur, Engels, qu’en privé, Marx et sa femme appelaient « Mr facture ». Autre exemple : Goody aurait pu être aussi bien prof de Lettres, archéologue, diplomate ou militaire de carrière. Il a été 6 ans soldat ; ce n’est pas rien en raison des péripéties où il aborda toutes les classes sociales (italiennes, surtout, et anglaises aussi ; bergers des Abruzzes et princesses romaines). L’œuvre de Goody ne se comprend pas si on ne voit pas qu’il est devenu un spécialiste de l’évasion (de camps de prisonniers et de l’académisme).Pas le « Goody », touche à tout exceptionnel, s’il n’y pas d’apprentissage de la liberté de création et celle de parcours. De manière incidente, Becker signale la valeur  de  la connaissance de ce que faisait le futur auteur ou sociologue  à 17 ou 18 ans.  Quant à lui, il se décrit avec pertinence  indépendant financièrement de ses parents, dans un statut de travailleur de la musique. Ce qui fut décisif pour le reste de sa vie.  Idem pour J. Dunn : pas de linéarité mais une ressource plurielle de vies croisées (3 mariages, enfance en internat en Angleterre et  vie aux Indes) .  Faire sa place dans les convulsions de l’histoire, c’est courant, sinon banal mais pas facile.  D’où peut-être le scepticisme un peu dandy de Dunn. Voila pourquoi j’aime écrire des présentations « bios » inhabituelles afin de trouver une clé de l’œuvre. Le but est de restituer les détails triviaux, paraissant anodins probablement à un autre. Tout ce qu’on ne dit pas dans le genre noble, tout ce qu’on n’écrit pas par convention morale, par peur d’indiscrétion (non pas scandaleuse mais d’inconvenance intellectuelle),sera, dès lors, bon pour nous. La sociologie du quotidien et l’ethnographie s’inscrivent contre la tradition littéraire ou romanesque de l’histoire. Nous, nous cherchons le prosaïque, le mineur, sinon le minable, le détail de la vie pratique (notamment les revenus et les conditions de vie des parents). Les éléments concrets, m’ont plus apporté pour caractériser un auteur ou un ouvrage que les poses grandioses ou héroïques. En cherchant les détails réalistes, on tombe sur la faible cohérence des choix, on perçoit mieux les attitudes qui concerneront plus tard l’auteur. Par l’éducation donnée aux enfants, par le rapport inculqué à l’argent, l’aspiration ou non à la notoriété, ou bien par la familiarité acquise dans les relations directes de classes, grâce aux parents ou aux menus incidents sociaux, on positionne le futur individu connu dans l’échelle. Les vraies déterminations résident souvent dans les esquisses décalées du « devenir adulte » (autre chose que le croustillant ou le honteux de ces âges) avec leur dose d’aléatoire et de déraisonnable .Cela compense l’excès de sérieux, l‘auto-valorisation dus à la notoriété. 

    Toute existence doit être traversée comme une pièce de théâtre humoristique où l’autodérision est le remède contre la vanité d’auteur 

     

     

     

     

     


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  • Pourquoi publier un blog sans nombrilisme, sans narcissisme ( sous-entendu : « j’ai raison, j’affirme, je proclame. J’étale mon moi ») ? On propose plutôt une lecture ouverte, appelant des études supplémentaires, adaptées au moment crucial que nous vivons. Et justement, depuis une petite dizaine d’années, des livres vraiment innovateurs, en histoire, en anthropologie, sur l’histoire du nazisme, affluent.. Ces  livres, pour le cas où, par analogie ou par extrapolation, ils expliqueraient quelque chose de l’époque actuelle, seront signalés. Ils tournent autour de l’idée à renouveler de Révolutions, de rivalités et de domination de civilisations ! Démocratie et Violence, Colonisation et délocalisations, Mondialisations récentes, Rapports Chine-Europe, voici des thèmes à retourner. En effet il apparaît des relations entre ces phénomènes historiques que ce blog de réflexion rapide (et non de discussion académique)  veut faire analyser collectivement. Débattre sereinement à l’abri de l’avalanche d’ouvrages d’économistes répétitifs et fatigués de leurs propres prophéties. On veut simplifier des résultats des auteurs aussi bien pour les lecteurs pressés que pour les spécialistes désireux de sortir de leur isolement; l'essentiel est de situer la frontière. Nous chercherons des faits nouveaux, fournis par des professionnels sans être esclave d’internet. Inventer un blog de communication réellement scientifique et à la portée de chacun, (qui ne serait pas un biais pour imposer nos émois futiles), c’est faisable.


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