• 28/04/2022

     

    Seconde réflexion sur le second vote où je suis allé à nouveau voter Macron / Le Pen dans la même enveloppe, inespérables, bien entendu nul. J'avais les mêmes raisons, prises il y a 30 ans, de ne plus voter, mais j'ai trouvé la situation actuelle tellement cocasse que je n'ai pas pu m'empêcher d'aller observer mon bureau de vote. Bureau bien évidemment tenu par des femmes, scrutatrices, guides, gestionnaires, organisatrices de la tenue et du vote. Un seul homme pour cinq femmes quant à l'organisation de la vie électorale. Ce sont des gens très bien, en gros des classes moyennes aisées de mon quartier. A propos des électeurs, s'il y a deux femmes pour un homme au moment où j'étais là, les hommes dépendaient quand même des femmes puisque les vieillards étaient soutenus par leur épouse (avec les réflexes conditionnés « oulala j'ai oublié mon masque » alors que personne ne l'exigeait, mais le masque est devenu une sorte de réflexe d'obéissance politique).

     

    Dans ce bureau de vote, forme laïque de la vie religieuse, il y a silence, rites nombreux, obéissance des électeurs, procession devant l'urne, mais il y avait, il me semble, aujourd'hui, une atmosphère générale d'enterrement.

     

    Il faut dire que en vingt ou trente ans le super capitalisme a été multiplié par sept ou huit, les richesses dans mon quartier ont vu une grande croissance (bagnoles, appartements, travaux immobiliers) à notre échelle, les milliardaires qui polluent ailleurs ou qui sont nombreux dans les pays occidentaux, viennent d’accumuler en quinze ans ce que leurs ancêtres avaient mis deux vies à accumuler. Cet aveuglement, ou cette autocensure, ont coïncidé avec le déclin engendré par une explosion du capitalisme dans le monde entier, coïncidant avec le faramineux essor des milliardaires, les grandes fortunes ont été multipliées, les profits ont crée une classe spéciale au-dessus de la très grande bourgeoisie : on peut les appeler les « financiers de la planète », les « supers banquiers d'aujourd'hui » et les « archi milliardaires » de toutes nationalités, mais y compris du monde de l'Europe de l'Est (Ukraine, Russie), soutenus par ailleurs par les milliardaires du pétrole des pays du Moyen-Orient, ou de ceux d'Amérique du Nord qui sont devenus innombrables.

     

    Le phénomène qui m'intrigue, et dont je ne vois aucun sociologue conscient de ça, est le passage rapide des classes moyennes de nos pays européens au sein de la moyenne et grande bourgeoisie. Les classes populaires ne font que cinq à six pourcents de la population, ils sont d'ailleurs non votants, non inscrits, et parfois non recensés. Je vois monter l'agressivité au sein des classes moyennes enrichies, croulant sous les dépenses de futilités, faisant tourner un commerce de luxe signalé par les containers dans la rue, les bacs à déchets qui croulent tous les jours sous les enveloppes et emballages des achats multiples qu'ils font de chez eux par commandes interposées. Je suis triste parce que personne, à part quelques jeunes et moi-même, ne perçoivent, ne décrivent, ne concluent rien de ces changements de décor quotidien.

     

    Il n'y a rien de neuf sous le ciel du capitalisme triomphant, sinon que le nombre des grandes fortunes, des archi milliardaires de toutes nationalités viennent de se répandre, multipliées par dix ou vingt en quelques années.

     

    Le super capital a vu ses profits multipliés par dix ou vingt dans les dernières années. Ce que l'on voit à Aix-en-Provence, dans la rues et les quartiers aisés, est involontairement confirmés par la télévision qui montre le genre de vie, de population, pour non incompréhensible, arrogant, à la richesse ostentatoire, multipliant les achats de luxe. Je ne reconnais plus rien aux véhicules d'hier qui ont devenus des bagnoles aussi longues que des navires, et aussi hautes que des tours, et des villas qui, tout d'un coup, poussent comme des champignons dans la banlieue d'Aix.

     

    Il me semble que l'atmosphère a changé. Et j'en ai la confirmation puisque pour nos appartements, des agents immobiliers viennent nous proposer, pour un éventuel achat, des sommes multipliées par deux ou trois en dix ans. Donc, il y a bien une société de luxe qui s'est brutalement imposée et diffusée, et sur laquelle je ne vois que très peu d'historiens économiques, et encore moins de sociologues ouverts et curieux.

     

    Si on creuse un peu, on voit que ce qu'on appelle les oligarques sont devenus banals dans tous les pays, y compris les plus pauvres (je mets dans ce phénomène d'euphorie tous les continents, sauf l'Afrique, l'Amérique du Sud, et il faudrait voir peut-être la Chine et l'Inde).

     

    Cela nous fait penser que notre réflexion doit porter sur la crise économique des années 90' qui a été refoulée pour connaître une explosion de richesses. Ceci présage aussi d'un effondrement comparable à la grande dépression des années 1930 qui avait été précédée par l'euphorie des années 1920. Mais de tout ça, je ne vois que quelques rares esprits informés, arrivant difficilement à s'exprimer ou faire passer des avertissements, des messages de prudence, parce que derrière ces dépenses inconsidérées, cet énorme gaspillage des éléments naturels, il y a une atmosphère d'enterrement, d'aveuglement, d'uniformité des moyens d'expression, de l'extrême droite à l'extrême gauche, de tous les médias, officiels ou non, et de tous les autres moyens d'expression.

     

    Comment échapper à cette atmosphère de dilapidation et d'enivrement avec tous les symboles du déclin, de la désaffection pour une vie économique prudente où une sagesse de société qui devrait manifester un peu plus de prudence et de sagesse (la fin de l'Empire Romain, celle des grandes civilisations antiques, avaient été également signalées par une politique de dépense faramineuse, de destruction de l'espace et d'anarchie invisible des rapports intérieurs).

     

    Si on regarde qui vote aux élections, et qui s'abstient, sans compter les vingt ou trente pourcents de non inscrits et de non recensés, on voit que la grande bourgeoise s'oppose à la moyenne bourgeoisie et que les classes populaires ont complètement disparues, sans parler des petites classes moyennes qui, devant les attitudes agressives du luxe, se retirent de la vie publique, évitent les grands restaurants et cafés pour se réfugier dans un mode de consommation plus sage et plus prudent.

     

    Quelles sont les impressions que je retire des six mois que je viens de passer parmi mes prochains dans une riche ville du Sud Est, et avant que je ne reparte pour m'enfermer là-haut, seul, à l'écart, proche des animaux et de la nature, et pouvant m'appuyer sur la montagne qui, elle, solide, résistera à nos actions d'autodestruction.

     

    Ainsi, je clos quarante ans de souvenirs vus de là-haut, et je retourne dans la solitude qui est une forme de sagesse parfois difficile à supporter, mais indispensable à celui qui veut maintenir un peu un esprit sain.


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  • 29/03/2022

     

    Je destine ce texte à ma famille, quelques amis et quelques lointains inconnus qui ont bien voulu me suivre et me lire.

     

    Mon choix définitif, mais enraciné dans plus de 60 ans de ma vie, est celui de mourir libre, sans l'aide de la médecine ou de toute autre intervention que je n'aurais pas choisie.

     

    Par conséquent, je veux justifier en quelques mots le choix de partir un matin, ou un soir, de tirer la porte de ma maison et de me diriger vers la montagne où, sans bruit, équipement médical et obligation morale ou religieuse, je mettrai tranquillement et sereinement fin à mon existence.

     

    Tirer la porte sans bruit, mais non sans éclat, car je suis triste de voir qu'on nous interdit toute forme de disparition qui ne conviendrait pas à l’État ou la société quasi religieuse dans laquelle nous vivons.

     

    Cette liberté fondamentale que j'exerce depuis 80 ans signifiera que je ne me soumettrai à aucun diktat, aucune interdiction et à aucune discrimination.

     

    Alors, comme le chante Boris Vian dans sa chanson du Déserteur, moi aussi je déserterai et je partirai seul dans la nature, et dirai comme-lui : « si vos gendarmes viennent me l'interdire, dites leur que je serai sans arme et qu'ils pourront tirer ».

     

    Mourir libre et solitaire, sans l'aide aucune des médecins ou des pharmaciens, n'est plus possible aujourd'hui parce qu'interdit par l’État, la morale, la religion. Je n'appartiens pas à cette Église, je ne me soumettrai pas à leur machine de réanimation, de protection et de fabrique de vie artificielle, je serai seul avec ma décision et, puisque décemment je ne peux pas avertir ma famille, mes voisins et mes amis du moment et du lieu choisi, je veux les avertir que c'est un acte de citoyen libre et qui a longtemps réfléchi pour lutter contre un État et une Église totalitaires en refusant de prolonger une existence riche et accomplie, mais sans corruption et contamination par les idéologies en vogue.

     

    J'ai raconté ailleurs pourquoi j'ai arrêté ma carrière au premier jour de la retraite possible, par refus des honneurs, des récompenses et d'un pouvoir autoritaire et arbitraire sur les jeunes étudiant ou collègues. J'ai été gâté par la chance puisque j'ai été accompagné par une épouse admirable, que j'ai eu deux enfants adorables, et que ma carrière a été une suite étonnante de petites promotions et de petits succès de librairie.

     

    Donc, poursuivi par la chance, j'irai jusqu'au bout de mon sens de l'indépendance, et de la chance que j'ai eue en évitant le pire des crimes comme on aurait voulu me le voir pratiquer en Algérie pendant mon service militaire.

     

    Si au cours de ce long chemin j'ai blessé ou choqué quelqu'un, je m'en excuse. Et donc, je peux quitter tranquillement, dans la discrétion si possible, dans la solitude en tout cas, quitter ce monde que je ne reconnais plus et qui n'est plus le mien ! 

     

    Pourquoi notre société occidentale, et sa religion catholique principalement, ont interdit toute idée de suicide (le mot est connoté négativement, au lieu de dire « fin de vie voulue », « acceptation de mort recherchée », peut-être même « euthanasie » mais qui impliquerait un tiers).

     

    Pourquoi notre société a-t-elle refusé depuis l'Antiquité le respect du choix de chacun ? Il est inadmissible qu'un groupe dans la société, une de ses religions ou une organisation politique autoritaire interviennent dans ce qu'un individu a de plus intime, privée voire riche culturellement comme le fut le stoïcisme, le courage antique, pour aujourd'hui condamner, discriminer, faire honte aux descendants d'une personne qui aurait mis en pleine volonté, en pleine clarté d'esprit, qui aurait voulu donc mettre le point final à sa trajectoire. Moi, qui ai eu tellement de chance d'éviter le pire des crimes que mes camarades ont eu à pratiquer en Algérie ; moi qui ai eu tellement de chance de trouver une épouse admirable et d'avoir deux enfants très intéressants et différents, mais chacun de grande valeur dans leur ménage et éducation de leurs enfants ; moi qui ai eu tellement de chance de tomber sur un métier sur un métier agréable, curieux et intéressant – la sociologie – dont je ne savais pas avant 20 ans qu'elle existait puisque c'était une façon naturelle d'observer le milieu et que tout ça était très amusant jusqu'à 20 ans. Donc moi, avec toutes ces chances cumulées, je veux garder la dernière liberté qu'il reste quand on est très vieux et qu'on perd un peu la tête, la liberté de choisir le moment adéquat et la manière plus facile, la moins cruelle, de partir quand on veut.

     

    Je ne comprends rien à cette société, avec ses interdits, je ne vois pas l'intérêt des puissants et des riches pour inférer dans la vie intime de chacun, et décider quand, comment, avec quel groupe de médecins ou dans quel établissement on doit terminer son existence.

     

    Heureusement, 10 à 20 ou 30% de la population refuse d'obéir et trouve une solution à contourner l'interdit.

     

    J'ai eu sous les yeux la position de mes parents*, leur moyen de la réaliser, mais les difficultés à contourner les interdictions morales que l’État, celle nouvelle Église, que les différents partis, ces nouvelles casernes, et que les religions (plus ou moins d'ailleurs), se croient autorisés à intervenir dans la vie de chacun pour leur dire : « obéissez toujours à la médecine, faites confiance à la pharmacie, confiez votre vie à des « spécialistes », nous sommes les derniers curés et les derniers directeurs de conscience, et nous en droit de décider quand il sera bon pour vous de mourir, votre conscience, votre corps, vos convictions, nous appartiennent » dit l’État à travers sa police de la santé, et vous devez toujours vous soumettre, obéir et dire comment on me l'a appris à l'armée « oui chef, bien chef, j'exécute chef » même dans les pires circonstances. Donc ce choix m'est vital, ma décision irrémédiable, je suis un citoyen honnête, j'ai essayé d'être un bon voisin, un bon prof, un bon père, et maintenant je décide de fermer ma porte et de partir tout seul pour le dernier et grand voyage. Mais je laisse ce mot pour dire merci à ce qui me comprennent, me soutiennent et en ce sens, qui se battent pour la liberté.

     

    Donc je leur dis : merci d'avance.

     

    * Mes parents, sans une conviction affirmée, ont trouvé le moyen de finir seuls, en aidant plus ou moins la nature, dans leur maison sans qu'on puisse parler de suicide. Mais à 85 ou 90 ans, ils avaient tenu à rester dans leur maison, seuls et isolés, ne pouvant pas appeler la nuit en cas de crise. Et c'est comme ça, en refusant l'hôpital, la médecine intensive, qu'ils ont fini, l'un est l'autre, dans le silence d'une maison seule, dans l'impossibilité d'appeler le soir un quelconque secours, et qu'on les a retrouvé à 10 ans intervalle, l'un et l'autre, saisis par une crise la nuit, une chute ou autre chose. Et donc, sortir de la solitude d'une vie qui était riche pour eux. J'ai toujours apprécié leur silence sur la question, la générosité d'un tel comportement, et la discrétion des circonstances dans lesquelles le destin s'est effectué.

     

    Comme eux, je refuse d'être broyé par la mâchoire implacable de la médecine et la déchéance, le coût de la longue agonie à l'hôpital. Toutes ces dépenses ne servent à rien, sinon à ruiner les jeunes générations, vider les budgets de l’État au profit de quelques catégories sociales plus ou moins cachées.

     


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  • 22/03/2022

     

    Après 36 ans de vie professionnelle agréable, on peut partir en claquant la porte de professeur émérite pour s'isoler, voir de haut et se dégager de la dévastation des médias, de la culture nationale et des esprits de divertissements et de falsifications.

    Donc tout me pousse aujourd’hui, dans les choix d'aller lire Montaigne, Pascal et tous les autres, dans un petit ermitage de montagne d'où l'on peut avoir une vue plongeante et dégagée du pathos et des luttes pour la gloire.

    Puisqu'il ne faut surtout pas avoir fait Sciences Po ou de la Socio pour comprendre un peu la situation d'aujourd'hui, après Mobo Gao sur l'histoire de la Chine, je signale un autre auteur atypique mais génial : Arnaud Leclerc, La Russie, puissance d'Eurasie, Éditions Ellipses, 2012. Comme le dit la préface, ce livre excellent est l’œuvre d'une personne hors du champ des sciences politiques ou de l'histoire. C'est un banquier (comme quoi on en trouve d'intéressants et de judicieux) qui a fait un excellent ouvrage pour comprendre Poutine, la Russie d'aujourd'hui, sa place en Europe ou en Asie, et l'expérience qu'elle a faite de deux invasions en deux siècles (Napoléon et Hitler). Ce livre érudit, et perspicace, est le fait d'un observateur non-professionnel mais du genre dont on manque en Socio, en Sciences Po et en Histoire. Donc un autre outsider qui nous permet de conclure qu'il faut se méfier des spécialistes, des politologues et des historiens (on y retrouve l'histoire de mes aïeux, de la grande Bulgarie sur la Volga, qui furent chassés par les Russes et les Mongols de l'époque pour se retrouver auprès de la Mer Noire (cf. page 245)). Ce dont on manque en Socio, on le trouve donc à la banque ! Donc ce sont les observateurs, pratiquement de naissance, des sociologues spontanés qui font un véritable travail d'érudition contrairement aux spécialistes. J'ai moi-même beaucoup appris en me retirant du milieu des professionnels pour chercher des informateurs, ou des ethnologues spontanés, qui avaient les qualités pour inventer un genre chevauchant toutes les sciences sociales. Donc, dans ce livre, vous verrez l'histoire de l'encerclement de la Russie par l'Otan, la pression intérieure et les déplacements systématiques de population sur deux siècles. Comme le livre sur la Chine, je recommande donc la lecture de La Russie, puissance d'Eurasie.

    En bref, pour savoir, il faut d'abord voir, et donc il faut se déplacer, aller juger, mesurer sur place, parler la langue, se laisser guider par le hasard des rencontres, des événements.
    Notre génération a profité de l'après-guerre, de cette liberté juvénile de circulation, puisqu’à 25 ans, avant de partir au service militaire (bien sûr en Algérie, et hélas) nous avions vu, mes amis et moi, les Etats-Unis et les ghettos, l'Ukraine et Moscou, et pour d'autres que moi, la Chine ou le Vietnam.

    Cette auto-éducation est nécessaire et nous a beaucoup servie pour juger les événements, les faits occultés, les discours de nos chefs, les opinions de nos intellectuels au sujet de l'Algérie où l'on nous a fait jouer, hélas, le triste rôle que l'on sait. Merci à Bernard George pour son documentaire « Les appelés de la guerre d'Algérie », d'Arnaud Leclerc et Mobo Gao pour leurs ouvrages. J'y ai retrouvé la confirmation de l'allusion précédente dans le livre L'Ukraine, une histoire en question de Laroslav Lebedynsky aux Éditions l'Harmattan :

    « Après avoir détruit la « Bulgarie » de la Volga, les Mongols battirent en 1237 les Polovtses, dont une partie s'enfuit vers l'Ouest. Ces Polovtses furent ensuite accueillis en Hongrie où leurs descendants les Kun (Coumans) ne furent complètement assimilés qu'au XVIIIe siècle. Ensuite, vint le tour des principautés ruthènes de l'actuelle Russie : Riazan en décembre 1237, Souzdal e Vladimir en 1238. A partir du printemps de 1239, les Mongols obliquèrent vers le sud et ravagèrent de nombreuses villes dont Pereiaslav et Tchernihiv » (page 83).

     

    Ces histoires de migrations et de guerres de tribus sont très complexes. Les manipulateurs qui nous gouvernent, les journalistes qui sont vendus, et la plupart de leurs serviteurs, sont des ignares de la culture politique profonde, minutieuse, que l'on doit maîtriser avant de porter un jugement. Or, tous ces journalistes vendus, ces hommes politiques manipulés ou corrompus qui nous inondent « d'informations » sur l'Ukraine aujourd'hui, ne sont pas à l'avantage de notre civilisation.

    Quand on voit tous ces journalistes, qui se harnachent, mettent le treillis et le casque, sortent des abris pour l'interview comme des clowns ridicules venus nous raconter des histoires. Si ce n'était pas tragique, la situation de l'information nous ferait éclater de rire.

    En lisant les livres que j'ai pu vous citer, on voit et on apprend que l'humilité et la modestie sont les racines du savoir, que l'ignorance doit être combattue perpétuellement avant de pouvoir porter un début de jugement. Dans la situation actuelle très médiatisée, j'ai appris que la vie académique, l'histoire et le droit universitaire, les diplômes de Sciences Po, sont des escroqueries de la culture française qui nous aveugle de préjugés et de fausses informations.

    Quand j'ai conclu ça de notre épisode anti-Algérie, je suis allé chercher une « vérité » faisant preuve de modestie, lenteur et prudence des anthropologues et des ethnologues anglo-saxons : Jack Goody, John Dunn, etc. que vous retrouverez sur mon blog et qui nous ont rassuré un peu sur l'avenir de la pensée historique occidentale qui est, aujourd'hui, mise à mal et dévastée par des amateurs et des clowns burlesques. Il s'agit probablement d'un journaliste sur cent, d'un historien sur cent, d'un politologue sur cent, qui ont du mal à s'exprimer, mais qui représentent encore une pensée universelle et de raison. Survivrons peut-être les informateurs qui nous viennent de l'Orient et qui se seront désengagés des combats de l'actualité.

    Pour reconstituer l'histoire de ces cinquante années que nous venons de vivre, et pour comprendre la situation américaine, européenne ou asiatique, il m'a fallu moi-même 20 années de solitude et d'écriture, entamées le premier jour de ma retraite possible de professeur émérite, c'est-à-dire à 62 ans tapants, pour reconstituer le puzzle et les manipulations dont nous avions été l'objet.

    Je sais donc bien que juger une situation historique dans l'affolement du jour, dans le maelstrom des fakes news, dans l'ahurissement des personnels politiques qui se révèlent finalement tout sauf intelligents. Mais on savait que la gloire, l'argent, la visibilité et l'orgueil dirigeaient avec une profondeur incomparable notre pauvre monde occidental.

    Ce qui est complètement occulté dans la conjoncture actuelle c'est que l'épidémie, ou les conflits, masquent le très profond enrichissement des pays riches et des milliardaires de toutes nationalités qui viennent d'accumuler, en 15 ans, ce que le monde économique avait produit pendant les 100 ans antérieurs. Donc, les moyens de transport individuels, navires, avions, les propriétés innombrables dans des lieux chics, les sommes jouées au casino ou dépensées dans des fêtes archi-somptueuses, ont servi à écouler les centaines de milliards de dollars qui ont été ramassées par une oligarchie russe, faiblement chinoise, intensément américaine, en partie européenne, outre les individualités qui, issues du « tiers-monde », dirigent par un personnel spécial, et des partis politiques interposés, de grandes régions d'Afrique, d'Amérique du Sud et d'Europe.

    Ces réflexions du méga enrichissement, au profit d'une minorité, ne peuvent pas mieux être illustrées que dans le monde aussi simple, et aussi élémentaire, qu'est le football. Taper dans un ballon à la cours de récréation et taper dans un ballon dans un grand club international : c'est la même chose, sauf que le prix qu'on reçoit peut varier de zéro à des millions.

    Le journal l'Equipe*, qui n'est pas un grand révolutionnaire, a donné sans le savoir un indice des mégas sommes qui courent dans le monde du sport professionnel.

    Moi-même qui étais averti, qui suis ce sport depuis 60 ans pour l'avoir pratiqué jusqu'à 75 ans (titre de gloire : être le plus vieux licencié de la FFF était quelque chose qui a marqué ma petite histoire personnelle) j'ai été stupéfait ; comme quoi la naïveté s'impose devant ces sommes astronomiques.

    Par exemple, cet article de l'Equipe, nous donne quelques cas de salaires mensuels bruts, de ces garçons que nous voyons en short, courir et se dribbler les uns les autres, spectacle original et tout cas qui me ravit parce que derrière le jeu et le résultat, il y a pleins de petites choses que seul un pratiquant peut voir. Par exemple à Monaco, le plus gros salaire mensuel est celui de l'avant-centre qui touche 650 000 € par mois. Après, vous avez un paquet de joueurs, une quinzaine, qui sont autour de 200 à 300 000 €. Si on regarde le Paris-Saint-Germain, on voit que c'est un domaine de richards parce que Neymar ne touche lui, le pauvre, que 4 millions d'euros par mois. Il est suivi, bien sûr, de Messi qui ne touche lui que 3 275 000 €, et le pauvre petit français, Mbappé, ne touche que 2 220 000 €. Le reste est à l'avenant, mais en divisant par deux ou par trois. Voilà ce que nous entretenons donc, comme exemple à la jeunesse, pour la richesse en France, mais qui est repris par tous les autres clubs à des taux bien moindres, comme Lille et Nice où les salaires maximum mensuels ne dépassent pas 300 ou 400 000 €. Ce sont les prolos du football.

    Tout ceci est la partie visible de l'iceberg puisque ce sont les salaires déclarés. Il y a derrière d'autres profits : interviews, journalistes, et publicités.

    A une échelle humaine, nous à notre petit niveau, on a vu également une explosion des profits, des fortunes de Français ordinaires. J'ai été frappé dans mon village tout-à-fait rustique et modeste, des cadis du supermarché qui étaient pleins à exploser, et sur lesquels le conducteur était couché, pratiquement, en le poussant par son bide, d'ancien ouvrier ou petit agriculteur, devenu obèse en profitant d'une bouffe à volonté à des prix moyens. Lui, qui ne bénéficie que d'un petit salaire, ne peut imaginer les bénéfices de ce qui l'emploient ou de ce qui dirigent l'économie. Les petits salaires, ou retraites, ne peuvent concevoir les échelles de profits dont ils ont ramassé quelques billes. Relevons le grand rôle des médias qui occultent, qui cachent ces immenses inégalités et ces immenses profits grâce à des journalistes complaisants puisqu'ils ramassent quelques billes et cachent consciencieusement les avantages et les profits de leurs employeurs. Tout ce que j'ai vu récemment, c'est une course au pognon, même si ce n'est pas de l'ordre de cette course au ballon, mais en tout cas, les voitures, la dimension des autres véhicules, le nombre de gadgets, de circulations ou d'équipements ménagers ont manifestement montré une explosion incompréhensible pour les gens ayant plus de 60 ans. Ce qui ont connu l'austérité, et pour les plus vieux les rationnements dûs à la guerre et à la pauvreté de la société dans les années 40 et 50, ne peuvent imaginer l'échelle ahurissante des profits aujourd'hui.

    Je ne veux dénoncer personne, mais je trouve que cette débauche matérialiste a complètement obnubilé notre sens de la solidarité nationale, et même notre absence totale de sentiment vis-à-vis des peuples plus lointains qui n'ont pas profité, ou pas à ce taux là, des ressources de la planète et de l'enrichissement général.

    Donc, tout ce qui se produit en ce moment et qui semble anormal, incompréhensible, que ce soit le virus, Poutine, etc., sont des choses prévisibles que certains d'entre nous ont annoncé et pour lesquels ils ont pris la seule solution qui s'imposait : couper les ponts avec la société de consommation. Pour ma petite personne, je suis allé m'enfermer là-haut où je n'ai aucune occasion de dépenser les euros que ma retraite m'octroie, sauf pour les biens de première nécessité. Par conséquent, je laisse aux générations futures le soin et le souci de continuer à fond là-dedans, ou de se séparer en faisant un pas de côté pour regarder où l'on va, d'où l'on vient, avant de critiquer, incendier et de condamner les autres, car il n'y a pas de justesse dans les luttes nationalistes, les revendications historiques et la volonté de puissance de tel ou tel groupe d'individus associé au monde de la presse et des médias, tous complices évidemment, toujours du côté du pouvoir et de l'argent.

     

    * L'Equipe, « Les salaires de la ligue 1 », mardi 22 mars 2022.


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  • 15/03/2022

     

    Dans cette poudrière de l'Europe que les Balkans et l'Ukraine, la Bulgarie n'existe pas. C'est le seul pays qui ne fait pas parler de lui, qu'aucun journaliste ou reporter n'évoque. Par conséquent, elle a disparu. Les intellos, les journalistes, ne vivent que des débats, que d'avis héréditaires qui changent tous les dix ans, et font, en ce moment, tout un cinéma sur l'Ukraine et la Russie avec, en réalité, très peu d'informations ponctuelles et prouvées.

    C'est pour ça que je disais à mes étudiants « ne faites jamais des catégories universelles, des jugements péremptoires, mais de simples études de cas ».

    Donc, dans la marée des mégas reportages, des journalistes sur le front équipés comme en 14, le côté théâtre me démoralise. Ça me rappelle la Guerre d'Algérie (dont deux émissions passent actuellement à la télé : documentaire « C'était la guerre d'Algérie » de Georges-Marc Benamou, Mickaël Gamrasni et Stéphane Benhamou) où la folie, le délire, l'hystérie anti-arabe nous prenait à la gorge comme maintenant quand on parle de Poutine et de l'Ukraine. Il serait difficile de se faire une opinion car vraiment rien d'empirique profond, rien comme description minutieuse, rien comme analyse socio-historique, ne vient étayer les déclamations et les gesticulations de nos envoyés spéciaux qui choisissent des informateurs vraiment spéciaux eux-mêmes.

    Je viens de tomber à la BU sur ce livre de Mobo Gao qui traite avec sérieux, minutie historique, comment elle a du s'imposer sur la scène internationale. Nous qui avons été les petits soldats de ces grandes guerres idéologiques, nous savons ce que valent les médias, d'où vient l'argent dont ils vivent, et comment ils recrutent leurs journalistes. Donc, après l'Afrique, puis la Chine, maintenant on s'est découvert un autre ennemi mortel, éternel et définitif : la Russie.

    Dans ce maelstrom où tout est dit et son contraire, il y a un seul petit pays qui a été effacé de l'histoire, un pays slave, alphabet cyrillique, religion orthodoxe et disparu des écrans. Apparement, la Bulgarie, dont je parlais en tant que pays de mes aïeux, ne fait plus partie de ce monde. Je pense que c'est réconfortant et heureux pour eux.

     

    Ceci me permet de rappeler combien j'aimais recommander aux étudiants l'utilité du recours à l'étude de cas. Elle permet de comprendre, décrire et analyser, au-delà des catégories générales, la société où l'on vit. Notre sociologie empirique, inspirée de Howard Becker, est une suite générale d'études de cas, pas forcément reliées entre elles, pas forcément définitives, et pas forcément riches en conclusion. Mais ça fait réfléchir et prendre du recul. Donc, je jugeais mes étudiants à la valeur de la description du cas d'enquête qu'ils avaient choisi et non pas de l'application de catégories morales générales, ou de théories à la mode.

    Comme Becker le disait, la sociologie n'est qu'une étude de cas. Et donc, il faut le faire consciencieusement, sans orgueil, sans prétention universelle, sans espoir de généralisation, avant de rencontrer quelqu'un qui vient de l'autre extrémité de la planète et qui travaille comme vous.

    Je souhaite bonne chance, et de la ténacité, aux jeunes gens que je fréquente un peu, qui auraient pu être mes étudiants il y a vingt ans, et qui commencent, eux-aussi, à mettre au point une philosophie personnelle, graduelle, patiente, tenace, de ce qu'est le contraire de la sociologie en prétention. Alors qu'ils se nomment ethnologues, observateurs participants, spectateurs curieux, qui soient en socio ou ailleurs, je les approuve, je les fréquente si je peux, je les applaudis, et je leur dis tenez bon, restez ensemble, groupez mais différents, travaillez de façon indépendante, et puis, inch'allah, bonne chance.


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  • 01/03/2022

     

    Les gesticulations, les grands discours, les leçons de morale que j'entends sans cesse me font penser à mes grands-parents qui doivent se retourner dans leur tombe. Pourquoi ? Parce que mes ancêtres furent chassés par les Ukrainiens d'alors, du Nord vers le Sud, et dans leur exode ils passèrent le Danube, et créèrent, sur la rive Sud, un nouveau royaume (certainement au détriment des peuples locaux), un nouveau pays : la Bulgarie. Parce qu'ils venaient d'un endroit près de Kiev, à la rencontre du Don et du Volga, le royaume Bulgare. Ils furent défaits dans une guerre avec les Ukrainiens du Nord, et partirent donc, en masse, en horde organisée, en combattant et les repoussant de plus en plus vers le Sud jusqu'au Danube qu'ils passèrent. Plus tard, ils furent victimes, encore, de l'occupation, turque cette fois-ci, et furent les sujets de l'Empire de Constantinople avant de se libérer à nouveau au 19ème siècle.

     

    Alors mes grands-parents, mes arrière-grands-parents etc., seraient étonnés et souriraient de l'attitude des Ukrainiens d'aujourd'hui, révoltés par l'envahissement de la Russie du Nord puisqu'ils pratiquèrent, eux aussi, ce genre d'expulsion et de répression de population plus faibles.

     

    Mais de tout ceci, on en entend plus parler puisque les médias, et les politiques, sont d'une ignorance crasse. Les médias n'ont aucune mémoire et la culture disparaît sous les bombes, de qui, je ne sais pas, mais en tout cas nous régressons.

     

    J'avais expliqué ça dans un article publié, et qui vient d'être à nouveau édité aux PUG *.

     

     

    La morale, en politique, ne sert à rien. Hélas, c'est toujours le rapport de force. Or, le rapport de force engendre des défaites et le départ des plus faibles momentanément. Ce sont de gigantesques migrations qui ont construit notre société d'aujourd'hui (Gaulois, Goths, Romains, Francs), vainqueurs et défaits, marchant vers le Sud ou vers le Nord. L'énorme migration intérieure des peuples qui ont erré dans toute l'Europe (pensons à la Gaule, les Romains, les Huns, etc.) ne s'établissait que vers le Sud, s'y trouvaient les populations moins militarisées et moins armées qu'eux-mêmes. L'Histoire n'est donc que celle d'un mouvement de tribus auquel mes grands-parents auraient pu participer en étant vaincus et chassés par les Ukrainiens d'aujourd'hui qui crient au crime s'ils voient un Russe. Et ces Russes s'établiront là, jusqu'au jour où ils seront chassés par des occupants encore plus cruels.

     

    Tout le monde a occupé quelqu'un et quelque chose, et il est très difficile de distinguer le bien et le mal. Il n'y a pas de morale dans l'histoire du monde, il est très difficile de se faire une opinion, et je ris intérieurement quand je vois ces discoureurs, juges comiques, baratineurs à la télé, qui savent d'entrée qui est le bon et qui et le mal.

     

    J'avais 22 ans lorsque je suis allé à Kiev. Accompagné de deux ou trois amis en voiture pour juger et trouver les traces de nos ancêtres qui avaient fuis sous la pression ukrainienne. Je n'ai vu aucune différence entre les villes russes, Minsk, Koursk, et celle du Sud, en Crimée, pour décider qui était le bon ou mauvais Ukrainien. Je n'ai entendu qu'une langue, entre Moscou et Varna, je n'ai vu que la même religion, je n'ai vu que les mêmes types physiques, et je n'ai vu, ou lu, que le même alphabet, la même architecture des bâtiments religieux. Donc, cette guerre civile entre Russes et Ukrainiens, moi je ne peux pas la juger en dix minutes, puisqu'il m'a fallu 10 ans pour me faire mon opinion sur la raison pour laquelle mes arrières et arrière-grands-parents avaient dû s'enfuir sous les coups des Ukrainiens d'aujourd'hui, brutalement devenus les saints et les martyres de nos médias, et nos professeurs de morale en politique. D'autres penseraient que ceux qui sont battus méritaient de l’être, et qu'il n'y a pas de jugement moral à apporter à ces phénomènes historiques qui comportent toujours la force des peuples, le besoin de conquérir les terres, l'occupation et la répression, et plus ou moins, l'interdiction des anciens modes de vie. On ne peut pas juger, trouver une morale et une leçon à tout ça, mais on y gagnerait à garder le calme, un esprit équilibré, et des jugements modérés. Apparemment, l'époque ne s'y prête plus.

     

    Cette histoire m'a été transmise d'abord par mon père, né dans un petit village entre Varna et Sofia, au pied du Balkans, lequel l'avait entendu bien sûr de sa mère et de son père (mort lui-même au cours d'une guerre) et parce que je suis allé, très jeune, à 10 ans, voir ce pays de l'exil et de l'insoumission dont mon père était issu, dont je portais également le nom. Et je décidais, une fois majeur, d'aller voir les Ukrainiens chez eux avec deux camarades, voir Kiev, une très belle ville d'ailleurs, bizarre, avec ce fleuve qui coupe, cent mètres plus bas, dans un ravin, la ville en deux parties, couverte par ailleurs de nombreuses églises orthodoxes aux toits dorés et aux murs à fresques.

     

     

    Je n'ai décidé de croire qu'à une chose, après m'être formé politiquement personnellement, qui est celle de notre ignorance, de notre inconséquence à juger, et celle de l'importance de se fabriquer une morale à soi. Biographiquement, cette auto-formation m'a permis d'éviter le pire, car, à mon tour, on me demanda de pratiquer l'expulsion, les exécutions de masse, la cruauté sur des civils innocents. Bref, la pire des guerres d'un peuple contre un autre comme nous le fûmes en Algérie, envoyés pour tuer des enfants, brûler des villages et torturer de jeunes maquisards. Donc nous avons du sang sur les mains, et les médias, au moins, pourraient avoir un peu de pudeur et essayer de faire marcher l'intelligence, le relativisme, et la connaissance exacte historique. Sinon, nous devenons des parasites, des idiots qui manqueraient de relativiste et de connaissances historiques. Nous allons devenir les parasites de la pensée conforme, les idiots à la merci de la presse, et donc des gens ballottés et ne réagissant qu'à des sentiments exploitables par d'autres.

     

     

    Tout ce que cette crise de l'Ukraine provoque en nous est notre ignorance historique, notre dépendance vis-à-vis des médias purement commerciaux, et de l'envahissement d'une morale éhontée. Donc, cela me fait souvenir des périodes de colonisation et de décolonisation qui ont fait couler de notre fait, et par notre action, le sang, la souffrance, et les déplacements de populations en Afrique, ou au Moyen-Orient, dans notre grande entreprise moralisante de la colonisation.

     

    • Jean Peneff, Sur le terrain, un demi-siècle d’observation du monde social, 2021, Grenoble : Presses Universitaires de Grenoble, Libres cours sociologie, 463 p.

    • Le lecteur peut également se référer à l'ouvrage : Laroslav Lebedynsky, Ukraine, une histoire en questions, 2019, Paris : L'Harmattan. On y verra que la Bulgarie, dans ce grand maelstrom de peuplades slaves, est restée pacifique, sans ambition impérialiste, et sans agression sur quiconque.

      Mais également : Jean Peneff, « La Bulgarie expliquée aux Européens », réédité dans Sur le terrain, un demi-siècle d'observation du monde social, 2021.


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