•   Leçon de l'ermite à ses anciens  étudiants :

    « Ne demandez pas pourquoi autant de sociologies mais comment une seule suffirait ».  En leur disant ça, je démontais leur perception d‘absence d’unité de la sociologie reçue : le cloisonnement académique, dans le cadre de l’intensification des connaissances qu’on exige d’eux. « Débrouillez-vous pour trouver le lien au sein de cette hétérogénéité » !! Les étudiants surpris et stupéfaits, aux habitudes passives, ne disaient rien, ou ne le montraient pas, jouant les  élèves  dociles.  Pourtant une sociologie de la Sociologie en première année ou une histoire du relativisme des savoirs sociaux serait indispensable ! Impensable, décourageant, me disait-on !  Alors qu’un tel enseignement devrait être obligatoire dans un cursus préalable, en toutes disciplines et en toutes Facultés, distribuant une vision moins ordonnée, moins linéaire, plus critique. Dans ce cas, on découvrirait les artefacts, les prétentions démesurées, voire la manipulation des données et des résultats. Regard panoramique bénéfique sur l’histoire des sciences, au moment même où nos jeunes sont les victimes et à la fois, les acteurs d’une paralysie de la culture scientifique. Absence qui conduit à l’abandon de tout sens critique, à l’ignorance des conditions de travail que la « science » impose à d’autres, ou à la défiguration de la « Nature ». H Becker m’avait inspiré   ce vent d’indépendance   pédagogique. La simplification, voilà, un des trucs que j’ai retenu de HB, une ficelle du métier . J’expliquais aux étudiants alors, pourquoi il ne faut pas enseigner la socio de façon traditionnelle.  Il y a 4 ou 5 options sociologiques possibles en France, exclusives, sans liens entre elles. Ce qui les interpellait était que cela leur apparaissait juste, mais qu’auditeurs passifs, ils ne formulaient jamais une contradiction complète entre  plusieurs options.  Je justifiais donc leur pressentiment non formulé : il y avait bien une philosophie « sociale », dite générale, genre dissertation de sciences politiques, ou empruntée à d’autres modes de « connaissance » théorique : de type philosophique, historique, ou bien socio- psychologique qui voisinaient avec une ethnographie, une observation longue de terrain. Toutes sont légitimes et plus ou moins présentes quoique inégales, dans chaque « tradition » européenne ou américaine, avec ses connotations anglaises, allemandes etc…,
    Ils avaient été surpris, en première année, par la variété des cours généraux de sociologie, enseignés de façon disparate, exclusivement livresque, avec des terminologies, des vocabulaires, des concepts de références rarement comparables et bien sûr sans liaison interne, sauf  celles qui faisaient un peu « philo », disaient-ils. Aucun cours ne ressemblait en contenu et orientation, à un autre ; en quelque sorte : une mosaïque, sans dessin final,  qui les incitait apprendre quasiment par cœur des phrases entières. Frappés aussi d’une discipline qui semblait écartelée entre définitions hétérogènes, sans direction claire, puisque par leur contenu, les enseignants ne faisaient aucun lien entre les matières enseignées dans les cours voisins ; c’est pourquoi les profs de le même unité ne se citaient jamais mutuellement . Je leur disais qu’entre nations, traditions, mentalités nationales, cette hétérogénéité de la sociologie était pire, relevant   de l’histoire mondiale des   sciences sociales. Cette variabilité infinie affectait toutes les nations. Il y eut bien, en Occident, plusieurs sociologies qui coexistèrent sans se rencontrer. Sans se quereller, puisque le front enseignant fait, à la fin, l’unité contre l’étonnement et le scepticisme qui en découle. Je leur racontais -ce qui les ébranla- que chaque pays choisit ses ancêtres de « l’étude sociale », et que d’ailleurs souvent, selon la mode, chacun changea alors ses racines, tant est inconstant le jugement  rétrospectif . Je leur dis que de grands ancêtres français connus, sont encore  largement lus ou discutés par des étudiants étrangers ( par ex. retraduits et commentés aux USA  actuellement,  comme G Tarde, F Le Play etc).  Ils n’en entendraient jamais parler ici. Je leur détaillais plusieurs épisodes historiques de sociologies, nationales ou internationales, qui engendraient des types de socio qui, dans chaque pays étaient enseignées à intensité variable, n’étaient fixes que momentanément, parce que, historiquement aléatoires, relatives aux humeurs de chaque époque.  D’où ne jamais culpabiliser   quant à   la difficulté à « écrire » les premières impressions de terrain  et  l’hésitation à les montrer , parce « qu’ils n’avaient pas, disaient-ils, la bonne « théorie » pour expliquer et justifier leur commentaire »  était  infondée, leur disais-je.

     Le confusion de ces dogmatismes ne sert finalement que les étudiants les plus opportunistes, puisqu’ils sont  tous jugés à la fin, sur des dissertations générales. Et qu’il est dangereux de « penser contre », au lieu de penser conforme  dans les cours. L’enseignant -c’est difficile pour lui- aussi, doit apprendre à penser contre, de façon raisonnée et calculée, sans avoir peur de bousculer les idées acquises ; c’est affaire non d’intelligence mais de ténacité, de persévérance dans l’effort de conquête. Toutes choses qui s’apprennent, hors de la soumission didactique, de la part des plus assurés  des enseignants,  et  qui  s’appellent  la pensée critique,  l’indépendance d’esprit.  Je heurtais donc davantage des profs , mes collègues, que les élèves qui étaient, eux, encore  sensibles  à ces  contradictions. Et je résumais le problème du relativisme , du non cumul des savoirs,  que je condensais en  deux  symboles au centre du débat. Il n’y avait que deux démarches, au fond, réellement distinctes sinon opposées ; le reste était une mosaïque de cas, un éventail de déclinaisons, qui  s‘enseignent les unes à côté des autres quoiqu’elles soient antagonistes ou peu unifiées.   Et donc les étudiants déboussolés, sceptiques, deviennent de purs opportunistes ; les plus verbeux s’en tirant mieux que les autres.
    En conséquence, je leur disais : « Jeunes gens , ne demandez pas pourquoi autant de sociologies  puisqu’une suffirait ;  celle qui dit  « il faut le voir pour le croire »  et l’autre : « il faut croire sur parole » : une contradiction complète entre  deux options majeures. La première exige de se déplacer, demeurer sur les lieux étudiés, regarder longtemps, vivre, travailler, expérimenter, exister avec les autres de façon naturelle. Voire, de voyager : les « grands ethnographes ont été des coureurs de continents. Il s’agit de l’observation participante, partout présente, mais presque partout marginalisée.  Elle a coexisté avec l’autre, sans se rencontrer. Sans se quereller, puisque le front enseignant a fait l’unité, contre, en France, au moment de l’officialisation des sciences humaines en faculté des Lettres. Aujourd’hui c’est oublié ou gommé.  Les surprenait notamment le style oral sans dicter .  Ils ne le disaient pas ouvertement,  jouant les  élèves dociles quand je leur disais pourquoi on ne peut pas enseigner la socio de façon  classique, traditionnelle, telle qu’ une science unifiée et logique le devrait  dans sa progression. Parmi ces options sociologiques possibles, la première, difficile, exigeait de se déplacer, regarder longtemps, pour percevoir de l’intérieur, la finesse des comportements : «  Il faut le voir pour le croire » implique le contact, la présence sans garantir la réponse idéale.
     L’autre,  qui s’y oppose, est au  centre de la socio, par questionnaires, entretiens,  histoires de vie, enquêtes par interviewes .Là ,où on  se contente  d’enregistrer , d’écouter les enquêtés  :témoignages,  recensements,  sondages, réponses aux questionnaires préremplis. Bref là où la parole des enquêtés fait foi, jamais vérifiée factuellement, reposant sur une  croyance enfantine, sauf exception. « Croire sur parole » est le comble de la naïveté, alors que l’autre option dit concrètement : «  j’ai fait , j’ai vu ,  j’ai écouté en situation réelle , j’ai fait l’expérience des mêmes conditions des sujets étudiés : j’ai éprouvé les circonstances que j’étudie ». Cette opposition tranchée était là, exprimée en langage populaire, dans un style trivial, un moyen didactique simpliste, mais rapide.  Ce truc , cette « ficelle » du métier  a « marché ».
      D’autre modes de « connaissance » sociologique, de plus, existent :de type philosophique, historique, ou style réflexions de sciences politiques, mais ils ne nous concernent pas, nous ethnographes. Toutes sont légitimes dans chaque tradition européenne ou américaine ou française, anglaise, allemande etc : éventail de préférences aux rapprochements impossibles. Elles s‘enseignent les unes à côté des autres, dans les cursus et les cours, quoiqu’elles soient absolument différentes ou antagonistes. Comme Becker,   je leur disais : « regardez comment « on » parle de la société » selon les auteurs, ou comment les données officielles sont prises,  toujours comme « Evidence ». Se contenter de récits par les « enquêtés » : témoignages, entretiens, histoires de vie,  réponses aux questionnaires,  formulaires remplis , est simplement un pari de  légitimité  étatique, jamais vérifié factuellement sauf exception. « Ne pas croire sur parole » implique de  voir de près, en acte, pour le croire, et correspond à :« j’ai fait , j’ai vu , j’ai fait l’expérience » ; base de la sociologie empirique, versus la sociologie spéculative. Toute la valeur de l’observation, de l’ethnographie participante est là, à l’encontre des théories explicatives concurrentes, comme je l’ai dit.


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  • communiqué  n°2  des GJ de la Mure et  ailleurs
    Les idées et discussions entendues à La Mure ou ailleurs : je résume en simplifiant ce que j’ai retenu
     Un programme s’élabore implicitement:  les 3 « R » Raisonner, Responsabiliser,  Respecter
    En gros les Gj que j’ai observés suggèrent   de « déprofessionnaliser la politique » : pas de métier d’élu  à vie. Rajeunir  les assemblées en envoyant des élus aux  formations professionnelles  diverses, aux origines variées. Par exemple il est anormal que les hommes politiques actuels commencent un métier de politicien à 18 ou 20 ans (syndicat étudiant, Science Po ou  service d’une banque   seront conseillés). Avec une limite d’âge pour des fonctions de sénateurs ou députés ( pas au-delà de 65 ans); bien  connaitre leur fortune à l’entrée et sortie de fonctions .  C’est pourquoi : il est important de  savoir ou passent nos impôts.  Abolir les privilèges des anciens rois détrônés (cad les anciens Présidents battus) :  loyer et voiture payés ,plus personnels : chauffeurs gardes du corps etc, obsèques grandioses, payées par l’Etat , voyages gratuits . Par ex :  les 4 ex présidents encore « vivants coûtent chacun à l’Etat au moins 50 000 euros/mois à l’Etat : cad au contribuable ; Ils touchent en salaires, biens, services de gardiennage, indemnités, au moins  cent millions d’euros. Retraite dorée…. pour les services qu’ils ont rendu aux oligarques, notamment SARKOSY et HOLLANDE, les deux flambeurs actuellement les plus exigeants en  « dédommagements » !!  Les frais exigés à l’Elysée par Macron actuellement sont de 120 millions d’euros /  Par conséquent  devant ces abus  on demande l’immédiate abolition des privilèges, sauf municipaux petites villes Servit l’ état est un honneur qui ne  se rémunère pas
    Par conséquent,  avant tout débat national demandé par Macron,  il faudra connaitre les fortunes des intervenants de toutes sortes, voire ceux déclarés à l’étranger.  Obligation de diffuser l’état des patrimoines et  les publier dans le grand débat public  national .  En France aujourd’hui la presse est concentrée entre les mains d’une dizaine de milliardaires qui contrôlent à eux seuls la quasi-totalité des grands médias nationaux et une bonne partie de la presse régionale (voir ci-dessous) . Sur le RIC il faut surtout constituer un comité d’organisation indépendant de politiques, sinon ils pourraient ne pas appliquer le résultat (Chirac) et  aussi contrôler les façons de poser les questions. Le référendum peut être un moyen de manipuler l’opinion (choix des mots, des thèmes).  ).
    Tous  les dirigeants  actuels  sont formatés  sur le même type  sans passer par des activités économiques réelles. L’assemblée doit refléter la variété des activités sociales et économiques ; il est souhaitable de demander un quota  de paysans ,d’ouvriers, de petits industriels  et de petits artisans  ou commerçants. Il faut représenter aussi le monde des bénévoles, des coopératives, des mutuelles et des associations humanitaires, toutes ces activités devraient se retrouver à l’assemblée. L’origine sociale  modeste  et le faible niveau  de la richesse personnelle ne doivent pas être des obstacles à l’élection, alors qu’ aujourd’hui  c’est devenu un business, une affaire d’organisation douteuse de sondages privés plus ou moins manipulateurs
    Une autre question se pose à la démocratie et aux gilets jaunes :  la récupération de l’électorat perdu notamment  celui des jeunes électeurs  , ceux  ne s’inscrivent pas, qui s’abstiennent beaucoup  plus que les  autres,  certains ne sont pas inscrits par impossibilité pratique : ce qui fait que l’âge moyen des électeurs votants ( de façon régulière)  est de 55- 60 ans.  Population différente de l’âge moyen de l’électorat inscrit ( qui est de  38 ans ) . il manque environ sur les listes  18%  à 25% des gens  en âge  de voter  sur toute la population française, ceux  qui ne furent jamais inscrits. Donc ce sont les plus de 6O ans en France, qui « font » les élections.  Facteur qui s’aggrave chaque année puisque la longueur de la vie s’accroit.  Le vote est devenu l’instrument de l’expression des retraités, des inactifs ou de personnes éventuellement influençables, par exemple par la procuration.  Si l’électorat inscrit, qu’il vote ou pas, ne représente pas la nation, il faut qu’il soit représenté d’une autre façon.  Et c’est ce que les GJ proposent :  faciliter les démarches   afin de s’inscrire et organiser le vote de façon plus souple, autrement que par une inscription  fixée presque à vie alors que la population est de plus en plus instable, mouvante et que  la résidence est plusieurs fois mobile  sur quelques années. L’élection traditionnelle à électorat fixe disparait progressivement . Alors la vraie  question posée à la démocratie est de  faciliter la praticabilité  du vote : par ex ; permettre le vote de jeunes gens non-inscrits (trop mobiles et peu sûrs de se trouver dans même lieu de vote sur une année). Les grands votes nationaux ( présidence, Europe, référendum) devraient se faire nationalement sur présentation de la carte d’identité, immédiatement contrôlable sur le fichier national, pour interdire la fraude ou le vote multiple.  Responsabiliser les citoyens  à partir du rond-point, c’est faire réfléchir à ces problèmes de fond
     Respecter les autres, c’est aussi regarder, échanger,  écouter.    Ce fut pour moi le test le plus probant. Une première fois depuis très longtemps où j’ai vu des adultes et des jeunes (au rond-point ou ailleurs) passer de longs moments ensemble sans aucun portable, smartphone ou tablette etc… Contrairement à ce que l’on voit dans le train, le bus, la rue  ou les espaces publics,   où une personne sur deux au moins ne regarde plus, ne sourit à personne, n’écoute que son portable, prisonnier de son réseau ou appli !  Ils sont sans cesse « connectés » mais en se déconnectant de la société réelle. Chacun enfermé dans sa bulle, son monde imaginaire pour éviter la vie réelle concrète et le contact immédiat avec son prochain, le voisin, le passant. Ce n’est pas ça la solidarité. Le bénévolat au rond-point est une forme de lutte contre l’individualisme et l’enfermement dans son petit monde intérieur. Le rond-point est une reprise de contact avec l’humanité proche de chez soi.  Et donc le mouvement des gilets jaunes est une façon de retrouver le goût des autres, le sens d’une amitié de passage, d’une attention polie à autrui ; même s’il n’y a pas de paroles très profondes, il y a un sourire, un échange de regards. Le retour du contact humain, de la vie en humanité : c’est ce sentiment de se croiser éventuellement avec un mot de politesse au lieu de rester dans un monde abstrait, fabriqué par des médias qui donnent une information biaisée et créent un monde de robots  avides
     C’est pourquoi j’ai été sensible à un autre aspect du respect des autres : le dévouement gratuit.   J’aurais pu recenser les actes de désintéressement, l’attitude face aux étrangers, aux travailleurs qui passent sur la route. Réformer les institutions c’est d’abord réformer les hommes qui dirigeront ces institutions et donner une plus grande place et une reconnaissance au  bénévolat. Cette solidarité de base ne va pas de soi aujourd’hui dans un monde  qui pousse à l’égoïsme et à l’individualisme bref, au  manque d’humanité. « Vous êtes assis côté de moi dans le train ? » mais je ne vous vois pas,  vous n’existez pas en genre humain .Je ne connais que les gens de mon réseau que je suis heure par heure  et avec lesquels j’échange sans fin ou avec mes « applis ». « Je vous croise dans la rue ?  « pas vu » , il y a un accident au carrefour ? «  pas su »   ! L’essor de la technologie n'est plus, depuis longtemps, synonyme de progrès social et humain, mais bien au contraire  sa régression   que ce soit dans la  rue , dans le train ,dans un espace  de travail ou de loisir ,  « je ne vous vois «  pas j’ai les yeux rivés dur mon écran ? Et donc  pour la personne qui vous heurte sur le trottoir , qui s’assied à coté de vous dans  le bus, sans vous voir,  « vous n’êtes pas un être humain » !
    Au rond point avec les GJ  , j’ai  observé des gens responsables  qui savaient  gérer les petits  incidents  de la discussion ou les autres menus faits  qui en dérivent.  Une pensée politique non figée se forme dans l’action  au jour le jour, à l’épreuve des faits et des obstacles rencontrés.  Ils n’avaient pas d’idées « toutes faites »; mais des idées toutes intéressantes  parfois abstraites,  pas forcément  coordonnées  ce qui était normal, pris qu’ils (tous les GJ) étaient  pris par la nécessité de l’action  quotidienne, dans le cadre  collectif d’harmonisation d’intérêts  collectifs, dans une  bonne ambiance  à sauvegarder, une entente  en évitant les conflits de personnes. Ce que j’ai vu à La Mure et ailleurs dans d’autres ronds-points me rappelle ce que j’ai vu à Calais il y a trois ans avant la démolition de la jungle où j’étais aller  pour m’informer directement sans passer par les médias . A Calais, j’avais vu des personnels étrangers venus aider les bénévoles français sans profit médiatique, sans mise en avant de soi ,avec des ONG discrètes et rustiques qui fournissaient du couchage, de la nourriture, des soins et même des cours scolaires aux jeunes migrants de Calais. Donc j’associe dans mon idée ce respect des autres ce service de la nation sans compensation que des populations nombreuses peu visibles dans les médias publics ou privés, fournissent aux démunis aux indigents aux personnes déplacés et aux demandeurs d’asile. A Calais ou au rond-point j’ai ressenti le même sentiment de responsabilité que des hommes pouvaient avoir envers d’autres exilés, déplacés, évadés et qui sont l’honneur de notre pays d’accueil de tous les exilés)
    Mais dans  respect,  il y a aussi Nature,  il y a aussi  l’activation des programmes  de lutte contre le gaspillage, la protection de l’environnement  et le souci d’ en diffuser les résultats. La responsabilité politique dépend de la responsabilité citoyenne locale, : éviter l’entassement des déchets dans la rue ou la poubelle collective (« que les éboueurs se débrouillent » !) Notamment au moment des fêtes qui poussent à la sur consommation abusive. Par exemple à Noël ne pas se débarrasser des emballages sur le trottoir  ou dans les poubelles et se sentir responsable du recyclage utilisant les lieux prévus à cet effet. Le sauvetage de la planète commence par réduire la surexploitation de tous les produits qui nous entourent aujourd’hui etc… chacun est responsable d’un micro endroit, d’une petite place concrète où il vit . La société, un lieu public, ne doit pas être considérée comme un dépotoir. Être protecteur des espaces naturels c’est se désintoxiquer des besoins fabriqués par la publicité incessante, agressive insidieuse. Par ex. c’est acheter un produit qui ne fait aucune publicité
    Par conséquent, on peut dénoncer la violence de cette formation de l’esprit dans le sens unique d’une pensée homogène de besoins fabriqués par d’autres et par des modes de pensées qui nous sont imposés. Il faut des accidents comme les édifices effondrés, ou des enfants morts  en migrant ,pour voir soudain la violence faite à nos voisins, aux enfants qui dorment dans des taudis, qui  souffrent de la faim et du manque de confort.

    En conclusion moi qui ai vu l’effondrement de la 3èRep sous laquelle je suis né,  ai vu la 4è  mourir,  alors je suis heureux de voir  la fin de cette 5è République. Merci les gilets jaunes

     P S Monsieur le président, je vous suggère d’emprunter ou d’observer avec respect et raison ce qui se passe sur vos ronds-points comme symbole de la solidarité, du respect de l’environnement et de la solidarité immédiate entre citoyens. Ce sont non pas des déserteurs ou des adversaires de la société mais des pacifistes qui s’impliquent gratuitement dans les problèmes collectifs. Cette marée jaune ou ces fleurs dispersées au vent du monde entier seront le début d’une nouvelle ère entre habitants des continents et si je me souviens de la chanson de BORIS VIAN sur le déserteur «  vous pouvez informer vos gendarmes,  quand ils iront arrêter ces manifestants,  qu’ils  ne sont pas armés et que vos policiers pourront tirer".  

    Signé l’ermite de saint Honoré


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  • Communiqué par l’ermite descendu au barrage de la vallée

     

    Choses  vues au rond-point     De l’ancien et du très neuf :   Comparaison mai 68 et décembre 2018  

     

    Les deux mouvements se ressemblent : alliance de populations étonnante, une tendance à la démocratie directe inattendue (pour celui qui a vécu les deux époques) mais ils sont dissemblables par les  âges et le style de participation

    Pour  entrer dans « l’Histoire » et avoir une influence, tout mouvement social doit inventer une composition de populations originales et diverses ; il doit être composite La composition en 2018, en  tant que  dosage  explosif   comme en Chimie  (acides, détonateur et solution de base  avec milieu et température favorables) est inédite.  Les grands mouvements sociaux comme la Révolution 89 ou de 1848, la Résistance de 40 à 45, la lutte contre la guerre d’Algérie et la pratique ordinaire de la torture, réussirent partiellement parce qu’ils furent des mélanges de  classes, aux conditions matérielles et idéologiques non homogènes  réunis par hasard,  un soir de  ras le bol ,  et tout d’un coup « ça marche »

    Ici j’ai vu trois barrages, dans une région des populations intéressantes, diversifiées, avec des gens ordinaires, silencieux en temps habituel ; pas des prolos en difficultés mais des petites gens, employés secteur privé, fonctionnaires, cadres moyens et agents de service,  qualifiés administratifs, temporaires, intérimaires, artisans, travailleurs qualifiés et quelques petits bourgeois. Quelques jeunes mais surtout des gens mûrs et posés ; pas de tête brulée. La moyenne d’âge est de 40 ans .  S’il y a peu d’ouvriers, ils expriment leur sympathie au filtrage : (klaxon de routiers, salut de voitures d’entreprise   etc..).Par   ailleurs, la population voisine offre  un soutien (dons en espèces, boissons,  aliments, planches, bois de chauffages)

    Le plus captivant dans cette foule composite- rarement vue- est que cette combinaison fonctionne sans jalousie interne de gens en situation difficile mais, paradoxalement pas dramatique, (ici petite ville, il y a des parents, des amis, du travail au noir en tous genres …) . Pas d’exclus, pas de déchéances complètes, pas de marginaux, pas de paumés, pas d’alcool.  Une tenue morale étonnante dans des conditions presque « sauvages » : vie dehors en permanence, y compris la nuit. Selon mon impression, par rapport à 68   de mon souvenir vécu, ce qui réunit les uns et les  autres -quel que soit le niveau de vie- c’est une colère et pas simplement un désarroi : le sentiment du déclin général … Tout d’un coup « on n’y arrive plus » !

    . La « cata » : car il n’était pas prévu que leurs enfants seraient moins bien lotis qu’eux-mêmes, qu’après avoir tant travaillé pour les aider et croyant que pousser le enfants à l’école était justifié ; ils pensaient que leurs enfants franchiraient la barrière de l’aisance et d’une vie sans trop de soucis matériels… Et puis :  c’est le chômage qui pointe, les petits boulots instables !!. Pas prévu qu’on se serre la ceinture pour des miettes ; et pas prévu qu’il n’y aurait pas d’espoir, même pour leurs petits-enfants.  Le rapport intergénérationnel alors est désespérant ; se maintenir avec peine ou    un déclin aigu ! Ils ont beaucoup attendu, espéré de Chirac puis cru en Sarko et enfin cerise sur le gâteau, ont fait confiance à  Hollande… et  puis même résultat : des promesses et rien et même chaque fois, c’est pire. Donc un mélange détonant de déçus de tous milieux où la conscience  du déclin est généralisée, on ne voit rien venir :« on est dans le brouillard !! »

    Alors, on se serre les coudes à un rond-point quelconque, on se réchauffe au feu de l’amitié improvisée.  Avec une simplicité étonnante et une fraternité improvisée. Comme il y a 50 ans, je sens une ambiance style 68 (mais sans enseignants, ni les étudiants) chez des quinquas rangés et raisonnables. Bref j’ai vu des gens âgés qui découvraient l’action collective avec émerveillement : cad les relations directes humaines, chaudes, sans façons, simples, tournées vers l’action immédiate et l’efficacité (l’invention  du  slogan on « bloque » tout  !) . Conséquence pour moi, observateur professionnel : un choc heureux ! mais je dois revoir mes classiques : changer de boussole et de paradigme de mon analyse des classes sociales au cours de deux siècles d’analyse marxiste efficaces pour comprendre les différences et les actions ; c’est fini, ça. Marx est bien mort et aussi les « analyses » du genre  partis de gauche ou syndicats dits révolutionnaires,  et constat aussi bien de  l’impuissance de catégories fines du genre  soi-disant CSP, et d’ autres  classements administratifs des groupes sociaux.  L.à , ça ne marche plus  et il vaut mieux  découper en deux, la population française. On a deux grands groupes : les pauvres, les riches ….et les autres, entre les deux, ou ailleurs  à l’étranger par exemple mais ils pèsent sur notre économie. La frontière est   simple et claire   

     Le schéma de la discrimination sociale est, pour une famille de 4 personnes parents et 2 enfants,  la frontière engendrée par  le fait  de vivre   avec 2000 euros/ mois. Là c’est être pauvre . Impossible  de  l’ignorer, de l’éviter aujourd’hui avec cette conso qui nous harcèle, qui expose avec insolence ceux qui se gavent ;  le luxe étalé partout, le penchant des médias  à flatter la richesse  arrogante   encensent les millionnaires,  lesquels exposent   avec insolence leur  gaspillage   à la mode écologiste; prêcher  des économies   pour les autres avec  un étalage ahurissant de richesses, une publicité  exacerbée, affolante,  les multi-logements, les boutiques , les achats d’art , les jets privés. On n’échappe pas à cette propagande qui pousse à la consommation corruptrice, et donc il faut s’endetter. Car ça rend déshonorant de ne pas en être, de ne pas suivre la pression du milieu, transmise par les enfants dans les loisirs, à l’école, dans les clubs.  Impression d’être largué et mis à l’écart, banni et sans espoir.

     Le nouveau  est cet écrasement des classes moyennes ( et leur disparition ?)  Coincées entre deux blocs,   les pauvres et les riches et au dessus ou ailleurs ,même, les très riches,   des extra-terrestres pour chacun de nous :  les archi milliardaires  qui tiennent tous les fils de l’économie, s'appuient sur la toute-puissance militaire, font notre politique en coulisses  avec des  serviteurs stipendiés. Ils sont inconcevables pour nos consciences de petits bourgeois ;le « peuple » ne peut même pas les imaginer

    Être riche aujourd’hui par contre, c’est avoir au minimum 4000 euros/ mois pour 4 personnes, en étant proprio de son logement : ça c’est un luxe que la population en majorité n’entrevoit plus avant 40 ou 50 ans. La plupart   de ces riches naviguent avec 5 ou 6000 euros/mois. Parmi eux, une partie de la population  mal connue circule entre les deux :pauvres/riches,   elle navigue entre  deux eaux,  en essayant  de rendre service aux millionnaires  et servent  de prête-noms,  de pions et de caches. Ils sont les larbins dans une collaboration impossible à concevoir si on ne les approche pas ; ils dépendent entièrement des riches ; comme les magazines « people » le suggèrent. C’est devenu un métier : larbin et jouer l’esbrouffe! Leurs revenus varient fortement : au moins un million de foyers) sont des esclaves des riches, vivent   en dessous de table. Ils participent au moral des classes supérieures, Ils assurent l’entretien des grands capitalistes  et sont les serviteurs  des rentiers et de ceux qui « n’existeraient » pas sans le travail du peuple, eux qui exploitent de loin par la spéculation , le blanchiment  de affaires douteuses. 

    Mais il y a encore l’autre planète, ceux qui ne comptent pas , aux revenus  entre 100 000/ et 400 000 par mois pour 3 ou 4 personnes. Ils sont plus nombreux qu’on ne pense. La France et un des pays les plus riches du monde ( en 6è place) . Gros industriels, « Boursiers », qu’on ne voit jamais etc. Tous   vivent ailleurs, bien cachés, paradis fiscaux ou autres planques :  gros industriels,  spéculateurs, affairistes, artistes. Probablement cinq cent mille personnes sans compter leurs dépendants (gestionnaires-valets, journalistes laquais, auteurs, avocats,  conseillers, communicants ). Ils  détiennent plus de la moitié des richesses françaises mais ils restent inconnus, sinon  par quelques scandales ponctuels  et révélations insolentes pour le peuple ( J. Halliday) . Ils font les élections, choisissent les Présidents, soutiennent tel ou tel parti, subventionnent tel hobby ou groupe de pression pour un quelconque vote . Ce sont eux qui, des coulisses, dirigent la France par personnel  interposé : élus, députés, maires de grandes villes les professionnels de la politique qu’ils entretiennent, leurs partis qu’ils subventionnent, les télés et radios qu’ils achetèrent   et la presse   qu’ils détiennent. Aucun média n’est libre aujourd’hui même pas les écolos ou l’extrême gauche sans parler du reste !

    La vie au rond-point

    Improviser une vie en commun -repas, garde la nuit, veille au point crucial, évitement d’accident ou incident- n’est pas habituel pour des gens de 35 à 55 ans du moins ceux que j’ai vus .Et pourtant ça marche, alors qu’on nous avait fait croire que nous étions tous d’irréductibles individualistes, des citoyens  indifférents ; un peuple d’égoïstes ! Or, on voit l’inverse :  la solidarité, la fraternité. Un pacifisme certain : pas de violences ; pas en compagnie de cris de colère, pas d’hystérie   mais au contraire le sang-froid, la tranquillité, le calme au bord de la route et quand quelqu’un manifeste sa colère, un conducteur, on ne l’agresse pas ;on  reste poli  avec lui.

      Le partage de la nourriture, est symbolique, fraternelle ; on use des dons alimentaires et on « cuisine » un peu. C’est propre : pas de déchets abandonnés, pas de désordre   dans la cantine attenante à la « cabane » de garde. On mange debout dans la bonne humeur et les blagues. Puis on range les provisions et on évacue les couverts jetables dans des containers ad hoc.J’ai été impressionné par cette différence avec Mai 68. Là c’était le « bordel », le « je m’en foutisme » et la saleté ! on la laissait aux femmes de ménage des Facs… qu’on ne « voyait » pas d’ailleurs !! On était au-dessus, nous « étudiants aisés », révolutionnaires gâtés !

    La discussion interne, au bord de la route, toujours ouverte à   dans le rejet de l’autorité hiérarchique , représente le  côté positif :le rejet  de l’expert  imbu , le soi-disant  spécialiste invité dans les médias à longueur de journée, pour interdire la parole du peuple. Avec leurs employeurs, ces disant informés, complices avec les journalistes, les chefs de la pensée, les spécialistes auto-proclamés.   Ici au rond-point, pas de directions, ni de hiérarchies, pas des leaders d’opinion comme en Mai 68, se tenant à l’écart du gavage des machines de l’information en continu qui  nous saoule de fausses interviewes spontanées soi-disant.  Eux, sont la classe  dominante  puisqu’ils ont fait Sciences Po ! Et pourtant, de l’humour  ils en manquent  ces soi-disant  représentants  de l’opinion. Ils deviennent carrément  imbéciles en commentant les événements du mois dernier :par exemple, ils ont repris  les chiffres qu’on leur jete,  comme un os à ronger.  Obéissants, ils reprennent les chiffres exacts des manifs, à l’unité près.  Tout doit être compté » par un Etat – Dieu le Père : tel jour   en France 56789 manifestants…  et moi et moi !! Le ridicule de ces chiffrages devrait interpeller les fanas  de l’info  en continu. Que dire, sans rire, quand  E. Philippe invite 8 porte parole ;  un vient à moitié (deux minutes ) et s’en va, l’autre, on le voit pas (absent, clandestin, fictif ?) comment on calcule alors : un est venu ?  un et demi ?  ou 0,5  porte-parole. Les perroquets des infos n’ont pas d’humour.  Que Philippe soit humilié par les absents fâcherait nos employeurs, disent ces journalistes triés sur le volet. Qui peut compter, à l’unité près, le passant et le curieux, le demi-convaincu et le manifestant engagé, celui qui ne fait que regarder et celui qui va rester, celui qui se glisse là par hasard ou le convaincu ?  Comment compter ceux qui sont des infiltrés des RG . ? Quelles tonnes de comique on pourrait faire avec ces pataquès  de comptages ou de faux savoirs humiliants pour nos dirigeants.  

     

     On comprend alors les GJ  « :Pas de chefs , pas de « structure » donc ….!

    Ah !cette structure, celle du parti « organisé », ça obsède les médias de Paris et même les journalistes régionaux ;  ça affole les fabricants de l’opinion qui  nous bourrent du mythe du chef nécessaire.   « Si pas de chef, pas de mouvement « ! disent les journalistes obéissants, enfants des bourgeois dominants pendant 50 ans dans la représentation républicaine; « la démocratie c’est nous ! .. On ne va pas recevoir une leçon de ce petit peuple sympa certes mais emmerdant à la longue, du bas- côté de la route ». Et quelle claque en 3 semaines, ils ont prise, dans ce nouveau paysage ! Ils pleurent :« donnez-nous des représentants, des chefs, qu’on puisse négocier avec eux ».  Fabriquer parmi eux des futurs traitres, les corrompre, en faire enfin de nouveaux Daniel Cohn-Bendit : un monstre d’opportunisme et cynisme (j’ai connu son frère aîné  qui racontait des vertes et des pas mûres  sur ce futur chef apte à tous les reniements) ; voilà notre fonction,  disent les médias !! Bref, ce refus « des chefs qui vont rester à  vie »  est une nouveauté  passionnante dans un essai de démocratie directe, un essai à réfléchir.  Pas de correspondants fixes, donc, au bord de la route mais un égalitarisme du barrage ; division des taches informelle sans ordres ni commandants ; bonne humeur. Que des choses enthousiasmantes ! Ici au rond-point refus de protocoles de réunions ; refus du formalisme en association, refus de la politique droite/ gauche avec règles, statuts, ordre du jour, inscrits et encartés. Tout ce qui avait fait 80 ans de politique, y compris gauche et extrême gauche. Refus des castes internes, et de hiérarchies ; refus des corps intermédiaires : syndicats, associations et partis organisés. C’est  très scandaleux pour les  politicards, les carriéristes : pas de chefs ,ni de porte-parole , ni de représentants  officiels : tout ce qui a fait la république bureaucratique sur un siècle :balayé !!.On veut la simplicité et l’égalité des rapports dans l’action ; seule l’efficacité immédiate ;pas de plan au-delà de 2 ou3 jours ;pas  d’ordres du jour.  Égalitarisme sur le barrage de la route, comme sur le chantier ; communauté de travail. Ça  c’est ce qui gêne le plus les  élites dominantes

    Le rond-point comme symbole

      L’image politique du rondpoint :  quelle belle intuition ! Pas de chaires et de tribunes, pas des gens en haut et d’autres en bas !  Rien à voir avec le Forum Romain ou l’Agora grecque.  Pas des gradins avec niveaux supérieurs/inferieurs ; que des citoyens sur le même plan.  Avec la justesse du point de vue ; celui qui tient les routes tient le pays. Quel sens de la tactique non violente, à fort rendement, à forte visibilité, que cette image du rond-point ,là où toutes les routes convergent. Image de la réunion pacifique de la circulation des idées  qui restera dans l’Histoire . En tout cas, ce geste   est dévastateur pour « Macroléon le petit » ( qui avait comme l’autre, son fidèle mamelouk :un Benala). L’Europe et le monde constatent le terrible  désaveu de l’élection  présidentielle, minoritaire en participation  . « Vous nous empêchez de vivre   correctement ; alors nous on vous filtre, on vous ralentit pour discuter à égalité, à plat ».

     Je ne parle même pas du   flair   des GJ  sur les événements qui  puent la provoc. Car pour discréditer, on envoie immédiatement des casseurs de métier ; évident qu’il y a chez les  casseurs, des infiltrés de la police et des  jeunes indics payés , des jeunes gens tenus par leur casier .Depuis 60 ans,c'est banal  pour faire condamner par l'opinion ; pour retourner la sympathie  populaire . Banal et vu en en 68,  etc . Beaucoup d’entre nous attendions le pire après l’échec de la « phase casse » pour dégrader le mouvement. Et il est arrivé à point nommé. « Normal » ; fabriquer un terroriste et l’assassiner 3 jours après : déjà vu à Toulouse, à Paris etc.  Et surtout 30 balles dans le corps pour pas que, vivant, il parle à la justice ou aux autres polices : les légales, pas les parallèles ou secrètes.  Pendant la guerre en Algérie nous l’avons vu, fait,   pour gagner l’opinion métropolitaine horrifiée. Tout cela nous rappelle 60 ans d’histoire, sinistre. Par contre aujourd’hui – et c’est très nouveau- , il y a eu en général dans le pays une lucidité  nouvelle, instinctive,  avec des réactions de bon sens ;  les GJ  n’ont pas marché et ont été suivis par la Nation

     Une autre nouveauté surprenante :la guerre des lycéens 

    La guerre   menées par des lycéens (Le conflit entre les Lycées et la police est ouvert depuis l’affaire de Mantes-la -jolie Les informations que je tiens, viennent d’un collègue qui a assisté à plusieurs manifs à Marseille :MEM  (Cf. son interview dans la Provence du  14 déc)

    je livre ses  conclusions à tirer de la détermination et de la volonté des lycéens   afin de s’exprimer sur leur avenir et  au sujet de la violence des interventions policières à leur égard ; chose nouvelle et étonnante, à ce degré. Les Lycéens en ont pris plein la gueule mais ont su se protéger et se défendre : ça ,c’est une attitude nouvelle, un savoir-faire inédit, une étrange « expérience » que cette organisation d’auto- défense contre la violence policière à leur encontre.  Il y  aura là  une expérience qui ne se perdra pas ;  tactiques de guérilla qu’ils ont apprises et les matériels qu’ils ont réuni (armes de jet, matériel de protection, pharmacie, mobilité extrême). Au début, surpris, les lycéens n’ont pas compris cette haine à leur égard et pourquoi ils étaient ainsi visés : alors ils ont répondu à l’étonnement général, à près partout, de la même manière :très combative et  courageuse.

    Que s’est -il passé dans les Lycées depuis 4 ou 5 ans ? Je ne sais pas ; probablement un essai formidablement novateur d’apprentissage de la bataille de rue, de fuite et de retour par l’arrière, de barricades avec du matériel prévu à l’avance, des ruses de faux retrait, et de réapparition avec concentration rapide ; une organisation de la communication entre eux ( via les portables) qu’on n’aurait pas  cru possible si on ne le voit pas.  Bref tout un « métier » dont on ne sait d’où ces lycéens l’ont tiré : préparation, masques, foulards , pharmacie contre les gaz lacrymo, contre les flash-balls très durs à supporter, les blessés à soigner   avec un équipement  de premiers  soins qui montre leur inventivité et aussi leur… « longue expérience »  de manifs  qui durent depuis 4 ou 5 ans !!Il faut saluer leur courage …

     Bien d’autres révolutions invisibles ont eu lieu en 4 semaines : notons en passant le Rééquilibrage français

    La Province plus remuante que Paris

     Les petites villes  plus motivées que les métropoles 

    Les actifs plus mobilisés que les chômeurs,

    Les lycéens plus présents que les étudiants

     Les campagnes plus actives que les villes

    Toutes ces nouveautés imprévues il y a un mois mériteraient l’attention des sociologues

    Qui a dit ça ? « Quiconque attend une révolution sociale pure ne vivra jamais assez longtemps pour la voir. Il n’est qu’un révolutionnaire en paroles qui ne comprend rien à ce qu’est une véritable révolution. La révolution socialiste en Europe ne peut pas être autre chose que l’explosion de la lutte de masse des opprimés et des mécontents de toute espèce. Des éléments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement. Sans cette participation, la lutte de masse n’est pas possible, aucune révolution n’est possible. Et, tout aussi inévitablement, ils apporteront au mouvement leurs préjugés, leurs fantaisies réactionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs. Mais objectivement, ils s’attaqueront au capital et l’avant-garde consciente de la révolution, le prolétariat avancé, qui exprimera cette vérité objective d’une lutte de masse disparate, discordante, bigarrée et à première vue sans unité, pourra l’unir, l’orienter, conquérir le pouvoir, s’emparer des banques, exproprier les trusts haïs de tous, bien que pour des raisons différentes, et réaliser d’autres mesures dictatoriales dont l’ensemble aura pour résultat le renversement de la bourgeoisie et la victoire du socialisme… »   

    Lénine bien sûr : mais en 1916, et pas à propos de la future URSS


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  •  a propos des "Républiques", terme confus et hybride, très idéologique aujourd’hui

    Rome est une large colonisation avec ses formes propres ; la res publica . 1789 et les révolutions européennes ont  repris le concept,  l’ont adapté  et approfondi. Une minorité les citoyens libres ( les affranchis, les esclaves les non citoyens,   les soumis et bien sûr les femmes font pendant au censitaire moderne ,à la mise à l’écart des  travailleurs  sur le sol  ou à l’abstention  parfois involontaire (refus du vote qui peut être facilité sur carte d’identité vérifiable par  électronique par  exemple) et  aux difficultés opposées aux non-inscrits aujourd’hui.
     La colonisation, concept tabou  des constitutionnalistes légalistes , a été repris  par un  des commentaires  distingués dans le site ( Vu de Droit)  .Pourquoi a-t-elle  tant prospéré en régime « démocratique »  de la 1ère  république  à la cinquième ? En sautant les détails   de l’essor républicain au 19è et 20è, cette expansion a permis de soulager les tensions internes propres à l’interprétation permanente des constitutions complexes   et aux conflits policés internes aux groupes dominants, virulents souvent quoique moins sanglants que les révolutions de palais ou les coups d’état.  Sans parler bien sûr de la prédation, de l’exploitation des ressources naturelles ou de la main d’œuvre  servile ; l’essentiel de la fonction a été au départ de constituer un vivier  et une voie de « garage » pour les élites inemployées. Sans compter que la colonie à très grande échelle a aidé à construire l’économie métropolitaine, a développé les talents et les techniques  Elle peut même offrir une sortie « héroïque » à ceux qui se heurtent au mur de classes .La colonisation déplace des  contestations internes (condamnés, exclus, marginaux du « système »  relancés  hors du territoire) . Elle contribue à faire participer aux profits nationaux, ceux des classes dangereuses ( en tout cas  celles  « scolarisées » par l’idéologie républicaine) qui n’auraient auparavant eu que des miettes     sans accéder pour quelques-uns à  la « gloire »  nationale) .  La colonisation contemporaine  a mélangé des motivations et des  parcours originaux incompatibles sur un même sol :  explorateurs,  scientifiques,  chercheurs d’or ou  chasseurs d’ivoire,  missionnaires sauveurs d’ âme ,  et même   des civilisateurs généreux (  enseignants, romanciers  etc)  coexistant avec des serviteurs de l’économie traditionnelle : colons affamés de terres  ou  support  à l’extorsion de plus-value (par exemple en atténuant les crises cycliques capitalistes) . En ce sens, elle  a bien un côté démocratique. Parce que le colonialisme républicain a créé une forme  moralement respectable  en déplaçant le problème de l’exploitation  comme élément fondateur  des inégalités   sur d’ autres rives et continents.    De ce fait  la colonisation à l’échelle de continents a  été un pilier fondateur bien que  ce phénomène ait disparu des livres d’histoire  économique ; elle a consolidé  la métropole dans un  certain style « républicain » et  a masqué les exploitations   au profit  de l’idéologie   de la liberté  et de la fraternité sans parler  de l’ égalité  davantage faussée .
    Par conséquent :  pas de Res publica sans cette histoire coloniale.  Puisque source de talents, création de techniques de transports, éloignement des dangereux, évacuation des problèmes internes , la colonisation  a soulagé les  problèmes intrinsèques  des républiques ( excès de candidats, de postulants au pouvoir et complexité  des règles d’accès aux fonctions dirigeantes)  par octroi d’un idéal servant  de caution morale à l’enrichissement rapide  et de soutien au « progrès ». Les royautés centralisées   ou absolues manquèrent le train de la grande colonisation, plus que les royautés constitutionnelles et les régimes parlementaires ; l’Allemagne entre autres ressentit ce retard  et vit dans le nazisme  un exutoire ;  faire de « l’Est » une grande colonie terrienne  complètement  à l’encontre de l’époque ; ce qui fut pour Hitler  une grosse illusion  et le début de la fin (pas de candidats !!). Les petits pays européens faibles ou sans côte maritime, ex la Suisse), de même que les dictatures (Espagne ; Italie) furent désavantagées dans le partage du monde moderne et cela accentua l’effet d’échelle de la puissance contemporaine : 4 ou 5  grandes nations et de l’autre côté des petits peuples !
     Voila ce que m’inspire le riche et très élevé débat de ce blog d’érudits  et de gens cultivés,   responsables.  La qualité des interventions me pousse à dire  que Vu du droit de Régis de Castelnau  est un excellent site discutant librement de politique

     An attendant , vive le petit Macroléon  et son fidèle mamelouk, Alexadre venu non d’Égypte mais du Maroc !!


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