• Informations diffusées à l’attention de ceux qui ne suivent pas l’actualité : les 6 jours qui ont ébranlé la France de Janvier à Juin 2015, l’émancipant de ses vieilleries d’analyse

    Dans les 6 événements qui ont frappé la France la bouleversant davantage que les dix ans précédents il y eut, début janvier, un massacre concernant le très médiatique Charlie Hebdo

    1 Les attentats du 6 janvier et la manif qui suivit furent riches en enseignement. Le retour de la religiosité dans les discours et actes, ainsi que la métaphysique comme arme rhétorique. Les schèmes d’interprétation, les grilles explicatives, les modes de penser qui sont à l’œuvre dans les aveuglements et notre impuissance dans les concepts de l’action. Les justifications vibrantes s’exprimèrent à foison dans la manif et la presse La procession silencieuse du 11 janvier, les invocations à l’unanimisme par la commémoration de la nation en deuil, les valeurs de tolérance, la compassion, la communion chrétienne. Sauf qu’il manquait deux grands absents à cette marche dans les rues de Paris. « Nous étions entre nous ». Il manquait le peuple, les besogneux, les paumés ; le défilé était bien »Blanc », bien Occidental, plutôt riche ou aisé, avec de la tenue, des « marques », des vêtements de qualité. Pas le populo du métro, celui jeune ou de couleur ; pas de mise modeste. Pratiquement pas de moins de 40 ans.
    Et puis manquaient, marchant ou à travers les messages de soutien envoyés, les quatre cinquièmes de l’humanité. Des continents entiers, depuis la Russie à l’Asie, sans leurs représentants nationaux. Les ex-colonisés d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du sud n’avaient envoyé ni fleurs, ni couronne. La Chine et l’Inde, le tiers démographique de l’humanité, ceux qui occupent usuellement 1% du temps d’antenne dans les infos quotidiennes et les radios ou télé ou presse. Voila la vision stupéfiante d’un événement dit planétaire pour lesquels les médias (gauche et droite) proclamaient la patrie en danger, la République assassinée. « Aux armes citoyens » ! Et 6 mois après, le 14 juillet, retour en fanfare lors d’un défilé au Champs-Élysées de la glorieuse l’armée qui avait sauvé le pays de la Barbarie. On reste confondu, stupéfait du provincialisme de nos intérêts, proclamés globaux. Notre attention, il faut dire, est constamment détournée de celle due à la moitié de l’univers. Nous avons construit notre propre Muraille de Chine autour de nous: tout cela finira comme l’Empire du Milieu. La césure du 11 janvier était sous nos yeux, aveuglante. Deux mondes se firent face en un instant et l’un disait à l’autre : « débrouillez vous avec votre passé de concurrence capitaliste coloniale, de rivalité avec l’Islam ».. Nous défilions soi disant pour l’histoire mais, elle, elle s’écrivait ailleurs, et nous ne pouvions pas le savoir puisque nous sommes son « nombril » .

    2 « Germanwings », le percutage de l’avion sur la montagne ou le métier de suicideur.
    Encore un accident aux conséquences inattendues puisque par défaut d’explications pertinentes on a détourné l’attention et désorienté la pensée. La raison est dans l’invocation de la « maladie », comme moteur de l’acte désespéré du pilote qui organise, planifie le projet de disparaître en suicidant 150 autres avec lui !! L’inefficacité de la fameuse « organisation » allemande est incontournable puisqu’elle ne put anticiper, en 3 ans de défaillances, les erreurs de sélection individuelle du co-pilote. A cet événement, on ne fit que des épitaphes en forme de fleurs et de défilés. On nous a fit avaler toutes sortes de rationalisations rassurantes sauf que la dépression de l’acteur initial a ici bon dos ; l’argument suprême étant le congé maladie non respecté. Quelle chance se diraient beaucoup de patrons ! En effet il s’agit bien d’une affection : la mégalomanie par abus d’égocentrisme dans l’éducation et dans le professionnalisme corporatiste. La maladie sociale dont cette « histoire » était le symptôme ne relevait donc pas de la Psychiatrie ; mais de l’aliénation, le fait d’une civilisation exacerbée. Le moi devenu objet de culte pour attirer l’attention, y compris post mortem. Il faut voir là une carence de sociétés gavées de richesses, de privilèges, de moyens et.... de produits médicamenteux ! Car faire de son suicide un acte immortalisé, spectaculaire afin de passer à l’Histoire, dénote des catégories mentales qui relèvent de l’individualisation cynique. Le culte de l’individu, et de sa morale exorbitante voulant donner à sa propre disparition une dimension universelle manifeste un goût de... luxe dans la paranoïa! L’ego et l’orgueil sont à la hauteur de l’hallucination de notre société où, lorsqu’il y a une défaillance, la réponse est trouvée illico : la maladie mentale, la déprime. Entraîner les autres dans sa propre mort, il y eut pourtant un prédécesseur redoutable un temps, dans son pays : un chef qui disait :« L’Allemagne ne mérite pas de vivre et elle doit disparaître avec moi» ; outre le cortège d’horreurs auparavant, on avait effectivement assisté à des milliers de suicides (dans l’armée et la population allemande) fin avril et début mai 1945 outre-Rhin.
    Mais à Digne, lieu de « l’accident », on vit aussi une résurgence de la religion civile à la mode laïque : le macabre de la fouille des débris, les bouts de chair, les morceaux cherchés à la loupe. C’est quoi sinon du religieux : la prééminence de la Personne et le caractère sacré du corps ? On a assisté aux processions, aux dépôts de fleurs et de messes : la religion occultante contre la raison qui pense ! Ce suicide est, non par l’origine mais du moins de configuration, analogue à l’attentat des frères Kouachi, puisque, eux aussi, n’avaient prévu aucune échappatoire, sinon une sortie mortelle « héroïque » à leurs yeux. L’esprit du capitalisme « moderne » fonctionne à plein : la vanité individuelle des actes au profit de l’ostentation, l’exhibition du moi, l’occupation personnelle par le buzz et les images, répercutés sur internet qui ont enfin trouvé des dimensions à leur démesure.
    3 Hollande enfin écouté par le NSA : troisième événement significatif ?
    Hollande, ainsi qu’on l’avait prédit ici même, est heureux d’ annoncer qu’il est enfin sur écoutes alors qu’ en France, personne ne l’entend. Espionné Outre Atlantique, c’est réconfortant pour l’ego! « Bourgeois : saluez nos dirigeants, vos enfants qui ont abdiqué toute dignité. Ils prostituent notre pays, humilié par ses alliés devant lesquels ils se prosternent. Du désordre qui ressort, le suivisme de bon élève de la France fait école. Les désirs de plaire au Maître de Washington et la lutte pour attirer ses faveurs se manifestent soixante dix ans après notre grande défaite due à l’occupation allemande ; Franklin Roosevelt est vengé ! Il a gagné, posthume, contre l’indépendance sourcilleuse de De Gaulle le nationaliste. Celui qui a dit non à l’Amérique, et dont Roosevelt est devenu l’ennemi intime et diabolique, puisqu’il avait prévu au débarquement de juin 44 que la France soit transformée en petit Etat américain : l’administration par les G.Is était préparée, le Franc aboli au profit d’une monnaie U S spéciale,à nous destinée , nos chefs Darlan puis Giraud choisis pour diriger le gouvernement de paille et pour « éliminer » de Gaulle. Faire de notre pays un territoire américain, Roosevelt en a rêvé, Sarkosy et Hollande l’ont réalisé. Et on comprend l’absence de réaction outragée, outre la secrète satisfaction de Hollande d’être enfin loué et « écouté » par Washington ; tout ça s’appelle la « Soumission »!
    4 Le retour de la pique et la tête coupée en Isère
    Une autre perturbation de l’ordre normal des choses, quelle en est la signification cachée ? Ce meurtre en Isère de son employeur par un employé pour lequel il n’avait pas de ressentiments a laissé coi nos élites, muet nos commentateurs ! Un ouvrier débonnaire, sans histoires ni activisme, aurait revendiqué une affiliation à Daesch par cet acte apparemment inexplicable : cela ne vous rappelle rien ? La mise en scène sinistre, la tête empalée sur la grille, personne ne fit le rapprochement avec la Grande Révolution. C’était pratiquement l’anniversaire de la Journée des Tuiles de Grenoble, prémisses de 1789 , non loin de Vizille berceau de la révolution. Les souvenirs de décapitation, l’annonce des premières têtes coupées, portées sur une pique : le gouverneur de la Bastille, de Launay, inaugura une pratique qui ferait fureur un an après à Paris, faisaient balbutier L’histoire. Et cette tête redevenait d’actualité, nous rappelant notre histoire, une forme étrange de guillotine (conçue comme progrès de mort rapide face aux tortures de la roue ou l’écartèlement sous l’Ancien Régime). Elle était de la main cachée de l’état Islamique, nous dit-on. Bien d’autres faits nous interpellent si on veut réfléchir un peu ; ce que bien des témoins ayant perdu la tête ne sont plus capables de faire !
    Chacune de ces Journées historiques supporte un sens manifeste mais inexploré. Les catégories de pensée habituelles sont alors inappropriées et on ne cherche pas à les remplacer par de nouvelles interprétations. Les moyens d’application et d’investigation ne servent qu’à détourner l’attention du public et attirer ailleurs son regard ; ou alors pour éviter tout entendement sensé, on émaille les discours émollients, de redressements de torse de Valls ou de Cazeneuve le petit. On se tourne aussi vers l’armée, chasseuse de terroristes, composée « d’humanitaires » (commentaire textuel du journaliste chargé du défilé lors du 14 juillet) !
    5 La guerre des taxis à Paris ou le retour en « Sarkosie » ?

    Face à ces deux micro-événements, on est dubitatif quant à en faire un élément planétaire ! Sont-ils de ces petits écrans que les médias et les hommes politiques mettent entre nous et la réalité, ou bien recèlent-ils des changements inaperçus de conscience nationale ? La bourgeoisie affairiste internationale, anti- patriote, aurait-elle pris le dessus sur la bourgeoisie nationaliste et productiviste ? L’étatisme mou contre un capitalisme sauvage et débridé était-il un de ces symptômes de la compétition acharnée intra-capitaliste ? Les altercations entre chauffeurs n’auraient pas dû être visionnées par l’opinion( contrairement à celle des agriculteurs en colère véritables idoles des médias qui aiment de déplacer à la campagne. De fait on nous a montré que furtivement les émeutes de rue, les voitures brûlées, les affrontements entre taxis d’inspiration américaine et le corporatisme français.
    La question du degré de libéralisme admis dans le capitalisme faisait pressentir le retour possible de Sarkosy et de nouvelles catégories de l’arrivisme en bourgeoisie. Ces cafouillages et ce désordre sont peu dignes cependant de Paris alors qu’on se porte candidat pour la énième fois aux JO. Abandon du politique au profit du fatalisme,perte d’un sens de l’action émoussé, perceptions déformées sont alors remplacés par de virulentes disputes dans les conversations mondaines au sein de la bourgeoisie
    Trois quinquennats affreux viennent de se dérouler : les Chinois qui nomment par le biais d’animaux, les années, désigneraient celles du chat (Chirac II ; minauderies et griffures), du singe (Sarko : pas besoin d’un dessin) et du Bœuf (de race hollandaise). Les années affreuses en 15 ans où on a assité à :
    -Appauvrissement de l’information et désinformation par abus de sujets annexes Le prix de la surinformation publicitaire est que nous ne pouvons plus réfléchir ; que les clichés abondants nos emplissent alors l’esprit déboussolé. Réduction de toute intelligence et de la Raison par manque de temps
    -Limitation de notre angle de vue déjà bien étroit, sans tenir compte des questions à fort enjeu dont les interférences avec le reste du monde dans nos analyse ou la place que ce dernier nous accorde. Les faits nous sont toujours présentés pour distraire notre attention. Ainsi l’ascension fulgurante des classes moyennes vers le pouvoir (PS , écolos et bobos), l’émigration de la grande bourgeoisie, style « Coblence » rappelant nos émigrés aristocrates fuyant la déferlante révolutionnaire nous sont présentés comme naturelles et non pas stupéfiantes. Et on oublie la mise sous séquestre de leurs biens , la nationalisations de terres et des immeubles de l’Eglise par nos ancêtres révolutionnaires, on oublie les luttes internes au sein des bourgeois nationalistes : celle qui reste patriotes contre celle, affairiste et mondialiste. Ces divisions, en l’absence de luttes sociales populaires ( car en effet Marx ne reviendra pas et les classes sont modifiées ; on le verra dans un autre texte) sont intéressantes à observer. La bourgeoisie non industrielle et cosmopolite a pris le dessus sur la bourgeoisie nationaliste et a imposé le style du cléricalisme républicain où notre cher Président-curé excelle tous les jours en chaire . Vous trouverez dans le site des Marsiaux une des raisons de l’impossibilité de juger du monde à partir de la France et même de l’Europe. En attendant des velléités innovatrices nous faisons confiance aux Grecs pour éclairer et ouvrir la voie


    6 La Grèce libérée ou esclave à jamais?
    Le dernier mais pas le moindre des événements qui a éberlué la France provient d’un petit pays : la Grèce qui se paie le luxe de refuser par referendum les politiques qu’on veut lui voir appliquer. Il tient tête à l’Europe, au couple Merkel –Hollande , à la BCE et au FMI. Que d’honneurs pour les avoir ligués contre lui. Si tous se mettent à faire parler leurs peuples que de surprises ! Fin du consensus et de la crédibilité des appareils européens.
    A ce moment-là et actuellement, l’économie politique diffusée dans les médias relève des catégories de la vie quotidienne, de comptes d’épiciers, de notions, simplificateurs et forcements ridicules. Les arguments journalistiques imagés réduisent les phénomènes extrêmement complexes et leurs intrications à une économie de ménagère : dettes, créanciers, déficit de nations, remboursements, morale budgétaire de type domestique pour le « contribuable qui paye pour la Grèce » ;ce qui est évidement un simplisme idiot.

    Une phrase de Marx en 1848 nous servit de titre pour un petit livre malicieux. Plus que celui des banquiers, « Le règne des super-banquiers va commencer ». Avec Jean Claude Juncker, à la triste figure d’instituteur ou de Don Quichotte des financiers du Luxembourg, grand promoteur de la fraude et de paradis fiscal ; alors la BCE est bien gardée ! L’égoïsme individuel soutenu par la fraude, l’évasion fiscale ( par grâces et amnisties, l’impunité est assurée), l’égocentrisme forcené, encouragé par la personnalisation de quelques « héros » de pacotille, le matérialisme exacerbé par le biais de la prédation et de la destruction des objets, la surconsommation provocatrice et l’avidité étendues à tous les domaines sont l’opium du peuple sur lequel prospèrent Médias , Politiques, et Intellectuels, qui œuvrent pour que toute critique sociale soit étouffée ou contrôlée. Les partis radicaux sont impuissants. Ils ne peuvent lutter par absence de rapprochement des informations que l’on tient secrètes, présentées de façon non dialectiques, non conflictuelles. Par exemple, toutes les données médiatiques infantilisantes économiques obscurcissent les consciences du devoir de charité et de solidarité avec les migrants ou les pauvres. Cette démission de l’analyse critique devient dramatique. Un cas d’ informations séparées ? il y a dix millions d’animaux domestiques en France, le chien le meilleur des amis de l’homme, choyé, nourri, soigné, logé et en même temps il y a 35000 enfants SDF sur notre sol. Tout ce que nous pouvons leur souhaiter est d’avoir...une vie de chien à l’occidentale!!
    Autre provocation qui ne se perçoit plus en tant que telle: un cas très médiatique de mort-vivant conservé « ad vitam æternam » dans un CHU dont l’entretien dans un coma profond irréversible coûte environ 6000 euros par jour à la Sécurité sociale ( sans compter le salaire du vigile qui garde la porte de sa chambre, tel un pharaon dont la momie n’avait pas de prix pour le peuple égyptien). Or on nous rebat les oreilles avec la faillite de la Sécu et sa dette, elle qui fonctionne d’emprunts sur les marchés boursiers : Ah ! bénis soient-ils. Qui dénoncera l’imposture puisque tout rapprochement prosaïque est interdit ? Sauf à conclure une fois de plus que L’Etat faible s’agenouille devant une des innombrables sectes catholiques qui « tiennent » les parents du mort. Et qu’on ne vienne pas affirmer la disparition de la religion en politique contemporaine !Au contraire !
    Les faits divers sont découpés de façon qu’il n’y ait jamais de mise en relation ; les infos politiques sont des modèles d’égarement et d’écrans idéologiques. Ils nous masquent les réalités évidentes et des rationalisations idiotes peuvent s’étaler dans les journaux ou dans les télés, ces 6 derniers mois
    On a sélectionné ces 6 « événements » sur le mode parodique pour suggérer les formes de pensée sous-jacentes qui forment barrage aux argumentations justes que nous pourrions établir si nous n’étions pas devenus esclaves de schèmes de raisonnements absurdes et irrationnels martelés au rythme de messages répétitifs, abus d’occupation privée de l’espace
    Certes des intérêts et des pratiques usuelles nous seront toujours cachés et d’autres aspects seront toujours martelés ou détournés. Le résultat est que nos informations sont inversement proportionnelles à leur valeur explicative. Le sondage exemple du bidonnage est comme un mode d’appropriation d’opinion et d’action invitant au renoncement : « vous êtes sondé, vous ne le savez pas mais on pense pour vous » ! « Ne votez pas puisqu’on sait ce que vous avez décidé »

    « Tsipras le leader de SIRIZA a trahi la Grèce » .

    Une conséquence inattendue de circonstances confirme: il n’y avait pas un jour que l’accord était signé entre les Européens et le gouvernement grec ( sans qu’il soit publié, donc connu en entier) que fleurissaient moult sites trompetant la trahison. A cette rapidité de dénonciation il y avait bien sûr des raisons suspectes : provocations, travail classique de démoralisation par la droite, démolissage traditionnel par une poignée de l’ultra gauche
    Deux remarques liminaires :
    1) que pouvait faire Tsipras et que fallait-il attendre ? Le refus et le saut total dans l’inconnu par la sortie de L’U E d’où une guerre civile, le maintien des banques fermées, une forme de nationalisations bancaires et de confiscations des avoirs étrangers : guerre contre le monde libéral entier, fin des importations et donc plus d’essence ni de gaz ? Ce serait audacieux et risqué. Combien de jours tenir : 10 ou 100 maximum !
    Attendre quoi s’il signait ? Que les Grecs soient informés et décident de leur destin. Le Parlement a tranché ; le centre, des groupes de gauche, de droite souverainiste refusent l’aventurisme, la fermeture des frontières et l’autarcie. En attendant que les Grecs décident si Tsipras a eu tort ou raison d’accepter cet accord bancal (dont on apprécie mal les conditions) quelques souvenirs dont les Européens devraient s’imprégner avant de décider si Tsipras a vraiment trahi

    Toute histoire de changements révolutionnaires, brusques, inattendus, forcement incontrôlés est accompagnée d’une course à l’ultra gauche dont chaque faction accuse sa parente, passée au pouvoir quelques jours ou semaines, de « Trahir ». les Girondins accusés pat les Montagnards, le jacobin Danton accusé par Robespierre qui aurait trahi selon Marat, et ce dernier condamné plus tard par Babeuf etc. La surenchère de l’extrême à l’extrême est banale en période agitée, l’ultra-gauchisme est un phénomène courant désespéré car tout le monde finit à la guillotine ; Thermidor, puis le Consulat enfin un Empereur, si loin de idéaux de départ qu’il mit le feu à l’Europe entière et organisât son pillage, provoquant deux millions de morts dans la jeunesse devenue militarisée contre le gré de la plupart. L’opportunisme, le césarisme, et pour finir : l’extrême droite (Restauration) sont le destin ordinaire des fuites en avant désespérées

    2) Si Tsipras a trahi ; nous ne le savons pas encore. Pour le moment il refuse la guerre civile et une guerre contre l’Européen: attendre, patienter, négocier, au jour le jour, gagner du temps et voir venir. Il a refusé de se suicider comme les ultras en 1794. Il a dû avoir en tête –je le suppose- ce qui se passa dans son pays en 1946. Une guerre civile fratricide entre la gauche socialo-communiste contre la droite et les propriétaires dont l’Eglise et les féodaux. Durement perdue et cher payée. Peu de temps après : 30 ans de dictature des « colonels ». Car comme en France, tout cela finit.. Patatras, par un coup d’Etat et l’armée au pouvoir. (Les Egyptiens viennent d’en faire l’amère expérience)

    Ou alors, seule issue à Siriza et son chef : se suicider ! Car, jeunes gens, vous qui n’avez pas nos souvenirs, sachez qu’il était une fois un petit pays sur un autre continent où une situation semblable à la Grèce, exista il y a 50 ans. En 1973 ce petit pays se lança seul à l’assaut du monde capitaliste américain dans un défi économique et une lutte de classes. Et à la fin, le président élu se suicida, sous les bombes et les tirs de l’armée entrée en rébellion pour défendre les privilèges à l’encontre des idéaux révolutionnaires. Il s’agit du Chili qui nous fit réfléchir. Au final, le président Allende suicidé, le fascisme au pouvoir, 300 000 déportés et torturés puis 20 ans de Pinochet ; alors ne jouons pas avec le sang d’autrui. En effet, alors, certains décidèrent que Allende avait trahi !

    Invitons plutôt à la prudence de réaction, à la modération des jugements. Jeunes gens qui émettez des sentences, sans risques et sans responsabilités, assis dans votre fauteuil, un verre à la main, ne vous prononcez pas trop vite ou bien alors enquêtez, allez voir, parlez avec les expatriés français qui reviennent. Un devoir : d’abord savoir avant de parler et expérimenter ensuite en allant sur place. Jeunes gens, surtout ne jouez pas avec la peau des autres pour faire, à votre place, une Révolution sociale . Spécialement si vous n’avez pas réussi à mobiliser, à faire à Paris des manifs de soutien aux Grecs, à montrer votre pouvoir d‘entraînement et d’influence sur des masses. C’est là que s’exprimeraient la justesse de votre position et votre capacité à trancher de qui trahit qui !

    La disparition de l’examen soupçonneux, la démission de la critique des énoncés et du sens des vérifications, ce blog a été créé spécialement pour les contrer ( Cf l’appel des Marsiaux et les dernières livraisons sur l’autorité métaphysique dans le monde académique, la politique de l’expertise dans la loi des Finances, les représentations des agents de Pole Emploi). Un appel à la Résistance a été lancé : nous ne serons jamais assez nombreux pour remonter la pente en vue de la Libération de l’Oppression morale et politique, percevoir quelques lueurs d’une liberté de pensée revenue et assurer avec quelques espoirs, l’affaiblissement d ‘un régime issu de l’égoïsme national allié à celui de l’avidité personnelle

     

      Dernière minute
    On nous apprend que le bon roi d’Arabie a débarqué de son frêle esquif à Vallauris, avec sa modeste suite de mille personnes
    « Le roi nous honore de sa présence » nous dit notre maître bien aimé le duc de Hollande. « Recevez –le dignement prosternez-vous, demandez sa bénédiction ;il vous l’accordera ,Inch Allah . Qu’il soit heureux dans son palais, que sa cour s’amuse ; si vous le voyez passer, mettez genoux à terre, il ne touche pas les écrouelles mais vous pourrez baiser le bas de sa robe » Ainsi parla notre souverain le seigneur François (pas celui de Marignan, il y a 500 ans) mais le roi actuel. Manants, soyez reconnaissants il nous a fait la faveur d’acheter des colombes de la paix, en Rafales ».
    Ecoutons celui que l’histoire appellera François le Faible, le Pleutre ou le Lâche, je ne sais plus, avec sa bonne épouse subtile de sang Royal ; elle qui nous a dit « mangez des brioches si vous n’avez plus de pain » Et n’oubliez pas que nous sommes au Moyen –Age et que « 89 » n’a jamais existé !

     


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  • Candide : j’ai retrouvé dans les papiers de l’ermite cette évaluation

    Petit rapport sur L’Ecole de sociologie d’Aix-en-Provence (ESA) à la demande de l’inspecteur d’Académie

    L’ESA a tenté de créer une « Ecole de Chicago » en France formant de jeunes sociologues prometteurs, futurs chercheurs. C’était la grande Ecole d’enquêteurs de terrain, un métier en gestation pas tout à fait abouti, quoique cette Ecole tombât au mauvais moment, lors de la période noire de l’emploi en sciences sociales. Arrivés trop tard sur le marché, quand se fermaient les postes, les recrutements à chances égales face aux enfants choyés du sérail ou les jeunes agrégés ! On fit bien sentir cela aux enquêteurs dans les commissions recrutement universitaire ou au CNRS

    I Qui étaient-ils ?

    Une cinquantaine d’étudiants parvenus au moins jusqu’à des maîtrises de qualité ont travaillé en commun, avec une foi commune dans une sociologie pratique qui ne s’apprend pas dans une succession de théories, mais implique un savoir empirique gagné au quotidien sur soi, contre l’ ignorance naturelle des autres classes et donc contre ses propres préjugés . Ils constituèrent une expertise collective qui, à Aix ou Paris 8, eut à définir ses normes de travail de terrain. Ils furent une quinzaine pour ceux qui publièrent leur thèse ou des études approfondies; ils venaient de Marseille ou de loin. A la fin du projet, en 2000, une douzaine de bons apôtres supplémentaires, dévorés par leur foi, déboulèrent en Provence : un ouvrier marseillais qui reprenait ses études, des Savoyards arrivés par monts et par vaux depuis Chambéry, on vit même un fils d’émir marocain, guidé par sa bonne étoile et un berger d’origine belge qui survint en poussant ses brebis !

    II La marque de fabrique ; l’observation participante

    Cette sociologie a vécu son âge d’or en France une vingtaine d’années de 1990 à 2010 C’est étonnamment long pour une école scientifique et cela mérite d’être souligné Cette Ecole pratique faisait réaliser de l’enquête directe sans attendre 4 années d’études. La pédagogie était simplifiée à l’extrême : « débrouillez vous, innovez, inventez mais lisez beaucoup » ! L’observation participante a abouti à d’excellentes publications. Cette vieille idée de la sociologie enseignée à Chicago d’apprendre uniquement au cours d’expériences descendait de l’empirisme et héritait du pragmatisme philosophique américain. Elle a marqué profondément les recherches sociales et eut même de retentissements inattendus dans le monde en politique notamment en Chine révolutionnaire ou dans les guérillas sud américaines

    L’Ecole sociologique d’ Aix-en-Provence s’inspira de tout cela, même si ce fût informel. Vers 1980 la sociologie française, devenue hyper-théorique, se servira en priorité de statistiques d’Etat et des questionnaires officiels, évitant le terrain et la mise à l’épreuve des analyses par la participation à la vie sociale et plus précisément au travail manuel. Les principes de l’ ESA se sont affinés à partir d’idées simples. Tout terrain accessible est un bon terrain ; Il n’y a pas de bons et mauvais sujets. Dès qu’un étudiant se présentait en connaisseur pratique d’un milieu mal connu, il était admis comme chercheur sans examen d’admissibilité ni une longue préparation
    L’ESA a travaillé, parvenant à la publication nationale sur une variété de sujets ; des transhumances alpines aux labos pharmaceutiques et leurs essais sur l’homme –cobaye. Ces jeunes auteurs avaient la fibre « populo » contrairement à leurs prédécesseurs et inspirateurs de l’Ecole de Chicago (où les origines et les emplois de classes moyennes étaient privilégiés). La plupart avaient un père ou grand-père ouvrier et cela permit une approche plus fine des nouveaux comportements d’indifférence populaire à l’égard de l’école et les problèmes de santé. Les connaissances familiales leur ouvrirent les portes de catégories sociales dont ils saisirent le début d’une dissidence (retrait de l’engagement public, repli sur la famille, désyndicalisation, non inscription électorale). Dès les premiers contacts avec son terrain, afin de ne pas se sentir isolé, le jeune chercheur en manque de repères participait à des réunions régulières avec ses professeurs et autres chercheurs. Les notes d’observation y étaient rendues homogènes et discutées à des fins de preuve et de rationalité. L’échange avec les autres «engagés » dans un groupe équivalent (une école doctorale créée à Paris 8, le GETI) était permanent

    III Une constante : La force les institutions

    La politique était sous-jacente : à travers un cas, étudier la politique des emplois, la définition des fonctions dans les organisations, les contraintes de traitement de clients ou l’offre de places pour saisir ces institutions que sont l’école, les hôpitaux,les partis et autres médias. L’observation des guichets administratifs, des entrées (urgences et services publics), des équipes sur les chantiers, se pratiquait en contestant le point de vue hiérarchique d’autorité. Il manquait certes dans cet éventail, la police (sauf une observation des CRS à Marseille) et la justice qui demeure la grande insuffisance des sciences sociales. Observer le travail réel implique de donner les deux visions, celle du haut mais aussi celle relevant des intérêts populaires que ce soit au sujet des institutions de la République, des services de l’Etat détournés par d’autres catégories, le difficile maintien de l’ordre. La gestion des flux par les employés, l’école (colonies de vacances ou grandes écoles d’ingénieurs), le comportement des usagers, furent ainsi décrits mais également le travail politique d’organisation des directions, de la création du cadre du Droit ou des questions de militantisme (ainsi furent investis: Attac, le PCF, le F N). D’autres appareils d’Etat à l’oeuvre furent examinés (police à la plage ou politiques publiques à Marseille) .Des livres en sortirent : la médecine ; l’école au Brésil, la vie scolaire dans les quartiers de Marseille ; les chantiers etc... Ajoutons-y trois manuels de pratique se l’observation. En tout une douzaine de livres en 15 ans, et une trentaine d’articles manifestèrent des connaissances en progrès. Notons que ces terrains difficiles ont été « conquis » sans financements aucun, ni autorisations, y compris à l’étranger (Brésil, Monde arabe, USA). Des modes d’ « infiltrations » insolites ont engendré toutes sortes d’ observations : bergers alpins, testeurs de médicaments, déménageurs, chauffeurs routiers, soignants des urgences, élèves d’Ecoles d’ingénieurs. Avec une constante : le travail relégué, souvent invisible et dévalué, par des administrations parasites ou des classes intermédiaires, incarna une récusation de la sociologie trop respectueuse des institutions malgré des intentions fracassantes. C’est pourquoi à part 3 ou 4 candidatures, le recrutement de ces élèves ne suivit pas. La conjoncture était par ailleurs mauvaise : à partir de 2000, les patronages, les cooptations, la féodalisation au service de quelques mandarinats étaient indispensables .Si l’emploi d’enseignant n’a pas été gagné, ces démarches ont toutefois forgé des personnalités et des caractères !

    L’époque, en effet, n’était pas à étudier les prolétaires ordinaires et le travail manuel. C’est bien simple :ils « n‘existaient » plus, ils n’intéressaient personne. Une sociologie du prolétariat, est-ce que ça avait encore un sens, réalisé par des étudiants proches ou membres des classes ouvrières ? Le Bannissement Populaire que nous connaissons (et que maints de nos compatriotes expatriés ont subi) avait débuté tôt à l’université (moins de recrutement d’enfants d’origine populaire et distanciation des thèmes ou thèses au sujet du travail).Et ce fut pourtant le moment où leur professeur les engageât à étudier des ouvriers, en partageant leurs conditions de vie et leur travail ! Projet fou ou irresponsable ? En tout cas une sociologie du prolétariat par des étudiants prolétariens était une aberration au moment de triomphe du libéralisme individualisant et exacerbé!

    Néanmoins cette école a laissé des traces. Habitants tous sur un axe Paris -Marseille en passant par Grenoble et Avignon, ces anciens d’Aix se revoient, ironisent sur cette sociologie d’ex ! D’ex-promise à un bel avenir, d’ex-bons étudiants , elle n’a pas cependant ex-piré. Elle se maintient sous forme de petites enquêtes, de sondages « menés » selon ses principes, des notes « d’expériences ».
    Elle renaîtra de ses cendres comme le Phénix puisque la forte probabilité pour que des franges de classe populaire, étudiants devant travailler pour payer leurs études , rencontrent des enfants de classes moyennes du service public dont le profil était caractéristique des audiences traditionnelles de sociologie se reproduira. La greffe prendra à nouveau parce que l’obligation de travailler en même temps que de passer ses examens se transformera en test de réalité, en expérience sociologique elle-même par l’évaluation que les étudiants font (et feront de plus en plus) de l’utilité de l’enseignement reçu, de l’efficacité de la pédagogie ou de la rapidité de corrections de leurs prestations. En 1995, la jeunesse commençait à se démobiliser en Fac de Lettres et s’inscrivait en sociologie par défaut de vocation et d’intérêts dans l’éducation supérieure. L’ambiance changeait alors et le pragmatisme américain qui valorisait l’ethnologie urbaine, ayant su s’exprimer à Chicago, a trouvé sa place en France. La conjonction de l’emploi salarié avec le goût de l’enquête de terrain valorisait des méthodes et des thèmes correspondant au nouveau profil de la jeunesse. Becker qui en est le pur produit l’a superbement décrit. Et... comme l’atmosphère est en train de changer à nouveau, son temps reviendra !

    Cette petite histoire des sciences sociales avait eu, en effet, des échos dans l’Histoire , telle la révolution chinoise et d’autres restés discrets :Guérillas guevaristes ou sandinistes. Mao tsé Toung et ses acolytes lièrent cette observation participante à l’action pratique révolutionnaire. La jeunesse chinoise des années 1910 à 1930 avait été turbulente, mobile, se transformant en sociologues ou ethnologues engagés. Le destin des jeunes Chinois venus en masse dans les années 1920 en France en ouvriers intellectuels n’a pas été « distingué » de celui de la masse. Environ 3000 chaque année, dont une grosse part s’installait à Lyon; Chou en Lai (fils de mandarin) a travaillé chez Berliet ainsi que Deng xio Ping (fils de propriétaire). Une enquête à leur sujet était alors impensable puisqu’ ils étaient« insignifiants » car « colonisables ». Ils sont encore plus nombreux aujourd’hui en tant qu’étudiants sur notre sol mais personne ne les « enquête » puisqu’ ils sont studieux et silencieux. Ils nous observent comme le firent leurs grands-parents.
    L’histoire des jeunes Chinois venus en masse dans les années 1920 et 30 est partiellement comparable à celle de nos compatriotes expatriés pour des raisons plus économiques. Ces émigrés français contemporains sont en position de se mettre à la place des élites anciennes (chinoise ou d’autres pays lointains) et de comprendre ce jeu de bascule. Fini le provincialisme, l’ethnocentrisme, l’appauvrissement de la pensée par un chauvinisme inconscient. Échecs ou succès de ces divers schèmes d’analyse de l’ESA ? Peu importe : ce n’est pas à nous de décider, c’est à l’Histoire de la pluralité actuelle, qu’on la loue ou la dénonce ! A tous les marginaux, expatriés ou exilés de l’intérieur, dissidents nés sous l’Occupation et la Collaboration avec la bêtise du politique, l’impuissance de cette société, le manque de lucidité enseignée aux jeunes générations, etc....nous adressons ce texte

     


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  • Snwoden a piraté ce message de la NSA, et nous le transmet tel quel :

    L’Appel du 18 mars en France occupée

    Objet : Naissance d’un nouveau groupe de dissidents connus sous le nom de « Marsiaux »( une contraction de leur origine :« Marseille –Sc. sociales » ? )

    Objectifs :: Créer des réseaux indépendants clandestins, ouvrir des poches de résistance à la montée de l’intégrisme religieux et politique ; mener la guerre à la stupidité gouvernementale, lutter contre la morale officielle; recréer du sens critique ; Retrouver un niveau correct d’ Intelligence .L ‘Appel du 18 mars créé un lieu de rencontres, des échanges sur la situation européenne , l’envoi de messages vers l’extérieur de la part des Forces françaises libres de l’intérieur. Un sursaut de forces pour rehausser l’intelligence, analyser et l’inadaptation actuelle de tous les politiques et l’incompétence de leurs auteurs, élus. Appel non pas pour installer d’autres Puissants, mais alerter contre l’imbécillité générale qui s’étend progressivement à tous les cercles de pouvoirs ; là où les places furent si bonnes depuis 30 ans, si gelées qu’ils ne veulent que les transmettre à leurs enfants. Crise de mobilité sociale, endogamie générale au sommet de toutes les hiérarchies, oligarchies et maffias de Médias, journalistes, artistes, intellectuels officiels. Les marsiaux prétendent qu’ils n’ont rien à vendre, aucun avenir, qu’ils sont satisfaits à leur modeste place!


    Cette intention, nous Marsiaux, nous l’assumons,

    L’intention (folle ou au moins audacieuse !) est de simuler les situations de 1940 à 45 connues dans la nuit de l’Occupation, celle que nous revivons à la suite des échecs répétés de toutes les réformes, des espoirs évanouis. Avec une seule mission : le regain espéré, la régénération complète
    Quelle est la cible ? Les Français de l’étranger. Les recenser, créer des liens réguliers avec eux. Les millions de jeunes de 25 à 40 ans qui ont émigré ces dernières années ont disparu de la conscience nationale. Ces populations oubliées qu’elles soient des bénévoles de l’humanitaires aux travailleurs expatriés,des exilés de l’inemploi et au chômage aux globe-trotters . Il s’agit, avant leur retour, un jour, donner des informations aux victimes de cet exode volontaire. Inversement, qu’ils nous diffusent des nouvelles des pays qui les reçoivent et qu’ils observent. Nous ajoutons à ces 4 millions d’expatriés, les milliers d’étudiants, intérimaires et stagiaires. Ils ont tous vécu des expériences riches. Ils se répartissent –et c’est nouveau- dans tous les continents. Ces Français de l’extérieur sont qualifiés, diplômés. L’audace, le sentiment de la nécessité de « tout plaquer » sont les condition d’ouverture des esprits . Ils se répartissent partout dans le monde : ainsi 30 000 au Yémen ? Qui l’eut dit ? Ils ne sont pas là pour la plage !. La fuite des cerveaux nous a considérablement « coûté » en initiative collective, en intelligences, et en capacité d’amélioration « métropolitaine »s. Triste épreuve pour la France qui a révélé sa faible capacité d’attraction pour ses enfants et qui a refoulé durant 20 ans cette migration des meilleurs
    L’Echec de la réduction du chômage, nous, Résistants de l’intérieur, nous le refusons. Les divisions et inégalités engendrés par les communautarismes, les individualismes et les séparatismes, ces capacités anti-sociales que chacun porte en soi : Nous les refusons ! La dilapidation du patrimoine accumulé par nos pères, la vente de notre patrie aux pires commerçants: Qatar, roi Saoud, capitalisme asiatique, russe et américain, nous les dénonçons !
    .
    Ce site des Marsiaux donnera des nouvelles régulières de la lutte clandestine par le récit d’événements de la guerre clandestine menée contre la corruption, les grandes fortunes , les fraudes, l’affairisme douteux. On informera de la lutte souterraine par le moyen du Big Blog de Combat (BBC). Relever la tête contre la peur et le défaitisme, s’insurger contre l’obscurantisme, contre le fatalisme économique nous rappellera tristement l’Occupation allemande et alors on diffusera en douce des tracts, des comptes-rendus victorieux. Car la Résistance commence par l’activisme effectif ; non l’agitation formelle du web, les gesticulations dans les mails, l’individualisme pratiqué sous le masque d’une solidarité collective sur le papier.

    2) Nous dialoguerons avec les abstentionnistes électoraux : ils sont 25 Millions (plus que les votants moutonniers) si on inclut les bulletins blancs et les non inscrits . Le terme d’« abstention » à connotation morale ne nous convient pas. Nous dirons Résistants de l’intérieur, Non Participants, Refusant la comédie du scrutin. Nous réservons le terme abstentionniste aux évadés fiscaux, aux résidents dans les paradis fiscaux,ex-coloniaux, aux rentiers (fraudeurs ou planqués). Eux, sont pour la plupart de vieux trafiquants et de séculaires profiteurs. Ils s’abstiennent de l’impôt. Vivants sur leurs comptes en Suisse ou ailleurs, ils refusent l’ISF, s’exonèrent de toutes charges sociales; ils s’excluent de fait de la citoyenneté quoiqu’ils viennent se soigner ou profiter de certains avantages sociaux. En revanche les gens qui résistent aux pressions du vote seront valorisés. Certains, dignes et responsables, s’avèrent politisés même si d’autres sont des indifférents à la politique voire hostiles au régime républicain. Nous désirons les faire reconnaître comme de vrais citoyens. Ils sont riches d’idées et d’expériences malgré ce que supposent les leçons de morale civique. Ils représentent le vivier et l’avenir de la « Résistance ». On racontera le parcours de ces populations marginalisées depuis 1980 :« Comment devient-on abstentionniste ? » se demandera-t-on pour comprendre le passé recent

    Internet n’est qu’un outil, un transporteur de messages. Nous valorisons le réalisme, le concret afin de développer le sens critique. Rehausser par l’épreuve vécue, l’intelligence conduira à des analyses non conformistes différentes de celles de contestataires de papier, agitateurs de presse et d’éditeurs à la hauteur du manque d’imagination des leurs conseillers, agrégés, normaliens ou de Sciences Po

    Et, du coup, nous proposons une lecture renouvelée d’une Histoire de la Résistance née du choc de la défaite. Afin de saisir les qualités de Résistant, on demandera quelles furent les premières professions à entrer en Résistance en 40 ?Comment nos grands pionniers ont-ils tâtonné, erré, inventé au coup par coup ? Nous sommes leurs enfants ou leurs petits « frères », nous devons sortir de l’égoïsme professionnel. Nous n’irons chercher, ni en Grèce ni ailleurs, des approbations électoralistes. L’expérience de l’étranger (que nous avons pratiquée) pousse à la dissidence et nous nous réunirons avec tous ceux qui, comme nous, sont revenus des partis, syndicats et assos de « militants ». Revenus du vote et des engagements ; revenus au sens propre de l’étranger avec une ouverture d’esprit, sans publicité personnelle, sans carrière à promouvoir. Définitivement banni le « Moije » pense, « moije » dis, refrain connu de nombreux blogs et sites : « je pontifie, je proclame j’exhibe. Revaloriser la réflexion politique impliquera le doute. Donc pas de dénonciations gratuites, pas de solutions toutes faites. La patience, l’humilité de ce premier réseau résistant de l’ombre en entraîneront certainement d’autres ; la revendication de nos erreurs sera notre pain quotidien .

    Qui sommes nous ?
    Finalement nous possédons quelques caractéristiques éprouvées depuis vingt ans de compagnonnage ; nous sommes des sang-mêlés, métis :un parent au moins d’origine étrangère! Tous ouverts à la double culture puisque dans ce premier wagon on trouve des filiations italienne, espagnole, hollandaise, d’Est européen ou marocaine. Habitués dès l’enfance à relativiser un système de pensée face à un autre, à compenser les préjugés d’une culture, à la lumière de l’autre, nous sommes accoutumés au comparatisme international. Nous avons le même âge (environ 40 ans sauf un, le double !). Tous pères, et ceci est un test de réalisme car c’est une perf que d’élever un enfant dans cet univers de consommation-destruction . Tous travailleurs, employés dans le privé, en libéral et dans la fonction publique. Tous diplômés du supérieur dans une discipline empirique où la praticabilité domine. La qualité intrinsèque d’une démonstration est sa réussite sociale ; son avenir, un large public et les idées, plutôt une incarnation des faits. On verra bien si on eut raison de lancer cet Appel des Marsiaux, à La Résistance, jeté sur les ondes par hasard le 18 mars 2015

     


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  • Les amis de Candide

    La France implose, elle se dissout, non par multiculturalisme, mais par l’absence de sa compréhension, par la représentation faussée que cette incompréhension engendre dans la société ; elle est due au niveau scolaire et politique très moyen des cadres politiques et du conformisme de leur formation ; Sc. Po et ENA, ENS. Les dirigeants actuels, les hauts fonctionnaires, les éditorialistes ont suivi en parallèle des carrières similaires, ont des conceptions identiques du mode de gestion des affaires publiques. La logique d’alignement sur quelques caractères réparables et reproductibles ne renouvelle pas leur pratique, ni l’esprit d’innovation, s’il n’y a pas apport étranger. Les représentations ont besoin d’extrapolations. On devrait « forcer » nos élites politiques à sortir du pays, à étudier à l’étranger, à expérimenter le monde des entreprises, ceux de l’humanitaire, du sport , de la science, dans un style quelque peu aventurier. La république à l’ancienne vient de disparaître, les vieux partis épuisés, le système est obsolète. Certes des tonnes de livres (restés dans les rayons) viennent d’annoncer cette transition, avec 10 ans de retard. Mieux valait avoir 10 ans d’avance, car ‘était prévisible avant 2000. Ceux qui ont alors parlé, s’adressèrent à oreilles de sourds. Et quand un premier ministre polémique avec des intellectuels par voie de presse, il ne se sent pas injustifié, ne soupçonnant qu’il abaisse la fonction

    Les conséquences ont été implacables, ressenties de façon variée. En moins de 10 ans, des millions de jeunes Français (âgés de 20 à 45 ans ; au-delà, c’est une autre population, richissime rentiers ou retraités milliardaires) ont dû partir. « Tirez-vous d’ici » leur ont dit proches ou collègues. Au moins, pour réfléchir, prendre du recul par rapport au bond en arrière de notre pays! Pendant que le Titanic sombre (il faudra encore 10 ans pour qu’il touche le fond) l’orchestre joue dans les salons supérieurs et le bal est étourdissant. C’est en ruminant ces pensées tristes que je me trouvais par hasard sur le chemin de l’ermitage

    - L’ermite« Ah que vous voila bien chagrin ! Qu’est ce qui vous tourmente autant » ?

    - Enquêteur Candide : Moi ? je faisais machinalement le bilan des dernières années de la Vème République. Le militantisme, la politique « à la papa » ont volé en éclats. Rien n’était perceptible ; nous, jeunes, on ne nous avait pas avertis

    - Ermite : Ne soyez pas désemparé, vous n’êtiez pas le seul à vivre dans l’illusion. Des crieurs des lanceurs d’alerte avaient annoncé qu’on ne paierait pas la dette et c’est ce qui est en cours ! que les égalités s’accroîtraient mécaniquement : sinon ce ne serait plus le capitalisme ! Alors ça se saurait, non ? Vous avez cru trop vite que Marx était le Piketty du 19ème ! Tout à l’envers vous faites! vous auriez pu deviner que, selon ses propres préalables, la gauche n’aurait jamais le pouvoir ; elle l’a eu réellement à quelques occasions ; 2 ou 3 ans par ci par là, dans un siècle ;en 1848- 51 ; six mois en 71 ; un an en 1936 et deux en 45, peut-être également de 1981 à 83. Et puis vous avez considéré que ceux qui critiquaient le mythe d’une alternance étaient des prophètes de malheur. Or, voyez plus il y a de militants, d’ indignés, plus les idées progressistes reculent. Vous avez cru que l’écume remplaçait la vague. Que la gesticulation aiderait la réflexion. Admettons qu’aujourd’hui des idées manifestement de gauche soient portées au grand maximum par 20% des électeurs ( certes les votants représentent à peine la moitié des citoyens majeurs) c'est-à-dire : une petite part du PS, plus le front de gauche et écolos .Proportion qui révèle les tendances ultra-droitères contemporaines. Cette évolution n’est pas originale, ni particulière à notre pays, elle est banale même en Occident. Alors regardez plus loin que le bout de votre nez, l’horizon s’est brusquement élargi à la mondialisation et nous sommes une toute petite pièce de l’échiquier, un pion vacillant dans une partie gigantesque qui ne se maintient qu’en déclarant la guerre urbi et orbi (5 fronts ouverts par la France au grand bonheur de l’armée qui n’en demandait pas tant ; moyens illimités, liberté d’action et gloire accordées...mais attention, ça finit toujours mal quand les socialistes font appel à l’armée en sauveur ; l’Histoire confirma depuis 1795, 1851, 1940, 1956-58)

    -Candide : pourquoi n’y aurait- il aucune chance que la France ne redevienne la référence des Révolutions mondiales, le modèle des Droits et du progrès universel ?

    - Ermite : Parce qu’on ne rejoue pas »89 » comme ça ! Parce que les agitateurs contemporains sont des militants assis ! sans bouger, sages comme à l’école, le cul sur la chaise C’est typique du Résistant à l’ordi, collé à l’ego et à l’écriture qui se mire dans un blog, son site, dans un qui satisfait son goût de la spéculation . D’où surgit toujours un parti minuscule, un nouveau courant. L’attraction bureaucratique des sectes et partis d’extrême gauche conduit à formuler de platitudes mimétiques, à la rédaction d’une énième motion,d’ un texte proclamateur . Résister, ce n’est pas surfer sur le web ou parcourir l’éventail des idées admises, chacun chez soi, abolissant l’autre dans sa chair, sa réalité, sa vie. Ce n’est pas écouter des pamphlétaires de tréteaux dans des salles confortables et chauffées ! Pour chacun, résister est devenu se connecter ! !Vous croyez être moderne , dépasser la politique « à l’ancienne mode ». vous reproduisez les vieux clichés d’action qui ont cent ans d’existence et vous n’inventez rien. Il faut chercher les contraires. Avez-vous lu le blog des « marseillais sociaux », les martiaux ?

    Candide - J’en ai entendu parler et j’avoue que je suis intrigué : qu’est ce que fameux appel à BBC ?

    -Ermite- Mes amis créent un choc par une comparaison historique osée, bien que pas farfelue du tout ! Agir à la dimension de la situation c’est, comme dans la fable, s’imaginer qu’on est en 1940, dans la défaite. Le rapprochement avec les années noires (1934-1944) n’est pas déplacé ni anachronique Tout est à faire dans la France crépusculaire où la déchéance produit un obscurantisme curieux des modes de pensée et la régression de l’intelligence collective
    Ecoutez moi attentivement : Le sursaut sourdra de l‘évasion ou de l’utopie qui n’apparaissent que dans l’ improbabilité. Or il y a trop de partis dédiés à la « révolution », à des changements incessants et fébriles, avec tous les jours une réforme incantatoire. Certains en ont déjà fini avec la 5ème ; Ils ont pris la Bastille au printemps 2012, il est vrai. Ils ont récemment organisé les élections à la Constituante de la 6e, choisi le mode d’organisation. Bref, si on les suit, la 6ème République est quasiment réalisée. Prochaine étape historique la 7èm,e : cliquez ici et vous l’aurez ...Cela manifeste des actes désespérés, des projections, à coup de motions, de disputes ou du refus d’être bousculés par l’irruption de la vie face à la nouveauté de la situation . Tout est à reconstruire. Mes jeunes camarades (ils ont tous autour de 40 ans) souhaitent apprendre l’action, eux-mêmes : d’abord cibler des populations caractéristiques puis se mélanger à elles, pratiquer ses activités, se fondre dans la foule. Connaître et comprendre !

    -Candide : Quels genres d’action mènent-ils?

    -L’ermite : Dans cités ou bistrots d’ usines, ils mènent des discussions appropriées à des catégories spécifiques ; un jour aux foyers d’ immigrés , un autre dans des chantiers de clandestins ; tags et placardages, affichettes au hasard, porte à porte ou alors des discussions impromptues dans le bus ou le métro, les arrière-salles des cafés des centres commerciaux .Aucune chance de les voir tracter sur les marchés, lieu débonnaire traditionnel des activistes à l’ancienne mode, se déplaçant avec tambours et trompettes auprès de populations vieillies, acquises au statu-quo. Le blog et le tract désincarné sont un piètre recours, un geste dérisoire. Le soi-disant peuple ne réagit pas à cette forme conceptualisée, dématérialisée et scolaire, sans vision directe des problèmes de survie environnants, conçus par des inconnus interpellateurs ou solliciteurs de leurs suffrages, habitant les beaux quartiers. La majorité de la population française ne passe même pas une heure par jour sur internet, plus d’un tiers ne l’a pas. Elle vit hors des circuits dernier cri, elle ne vote donc plus, trop démunie pour accéder à l’état providence dans ses conditions de cassure extrême. Mes camarades renouvellent le réflexe de leurs pères , tâtonnant en 1940 ; d’abord des réseaux spontanés, dispersés, qui firent passer des rectifications factuelles, des sous-entendus . C’est pourquoi ils font des enquêtes sur les milieux les plus éloignés de notre genre de vie. Pas d’exhortations grandiloquentes (du genre « Indignez–vous ! »), pas de proclamations pharamineuses ou de critiques théâtrales ; seulement de minuscules réactions outragées. Ajouter une dénonciation à une autre sature le désir de savoir. On connaît tout maintenant sur fraudes, banques, milliardaires, corruptions. Un scandale de plus ou de moins révélé ne change rien. D’autant qu’il y eut d’excellents pionniers, des audacieux. Assange, Snowden, Mouring et d’autres prirent les risques nécessaires à la révélation. Ajouter une nouvelle démystification tourne en rond. Additionner les forfaits et les outrances ne sert guère si on n’étudie pas les modalités et les façons de ressentir la provocation qu’ils recèlent et la manière dont elles sont perçues : résignation ou révolte. Mes amis se penchent, grâce à des études qualitatives, sur les processus dénoncés, auprès des catégories sociales dont on ignorait jusque là pratiquement tout, y compris leur nombre et façons de penser. Trouver les failles des raisonnements pour voir les limites de ceux qui nous gouvernent et ceux qui obéissent, exige de saisir que véritablement c’est notre faiblesse qui fait leur force.

    -Candide : Imaginer que notre pays soit sous une occupation oppressante que ce soit celle de la bêtise, ou celle de l’insuffisance intellectuelle des savoirs de société, c’est gonflé !

    -Ermite :Je vous l’accorde mais il faut être sagaces collectivement. Tout est matière à dénoncer de l’égoïsme individuel à l’idolâtrie d’un catéchisme républicain des droits de l’Homme . Il faut travailler en commun ; frapper à la porte de voisins, de proches, de collègues de bureau et pas seulement déposer un tract anonyme à la boite à lettres. Les nouveaux militants créeront des mini-réseaux interdépendants. En cherchant le contact direct auprès des catégories invisibles :tels les non inscrits, les réfractaires endurcis, les dissidents . cela constitue une dizaine de millions de concitoyens, tout de même ! Quelles enquêtes hors chiffres de papier et statistiques administratives élastiques, ont-ils suscitées ? Nada ! Idem les « abstentionnistes » assimilés à une catégorie besogneuse, méprisée, et à qui on se permet de la morale. Ce sont eux peut-être les plus responsables : alors ils n’ont cure des prêches de bien pensants. Résignés à ne voir jamais parmi les classes dirigeantes, un seul fils de paysan, d’ouvrier et d’employé, un enfant des quartiers dits sensibles, ils n’ont pas démissionné de tout intérêt envers la politique. Quoique si on choisissait le tirage au sort, ils auraient au moins une chance de partager des responsabilités.
    Si je parle au nom de mes amis je dirais que les prétendus abstentionnistes, terme à connotations péjoratives (25 Millions sur 45 millions virtuels, quand on intègre aux non-votants, les bulletins blancs et les non inscrits) constituent un monde en soi inconnu des chercheurs qui valorisent les thèmes porteurs . Nous, nous en connaissons de nombreux et avons différencié -d’une manière lapidaire certes- les authentiques réticents au suffrage, les anti-républicains de principe, les non participants détournés du scrutin par des procédures rigides, discriminatoires du fait de l’absence d’adresse fixe ou de leur condition instable. Nous, nous réservons le terme « abstentionniste » aux évadés fiscaux, aux résidents des paradis ex-coloniaux (par ex Maroc, Tunisie que nous avons étudiés), aux rentiers également (fraudeurs ou planqués). Ils sont pour la plupart âgés et s’abstiennent de l’impôt. Vivant sur leurs comptes en Suisse ou ailleurs, ils refusent l’ISF, s’exonèrent des charges sociales, de la quoiqu’ils viennent se soigner ou profiter de certains avantages au pays « d’élection ». Eux, s’excluent de la solidarité citoyenne .En revanche les catégories qui résistent aux pressions du vote sont respectables, même si un quart d’entre eux sont de vrais indifférents à la politique et un autre quart, hostile au régime républicain. Ces individus au caractère endurci, ont traversé des expériences difficiles. Nous pouvons aisément les deviner par notre voisinage ou parenté.
    On poursuivra par conséquent le dialogue avec eux en même temps qu’avec nos compatriotes expatriés. Appeler au témoignage les milliers d’exilés, s’instruire de leurs expériences et de leurs conditions est une gageure (Par ex. 30 000 Français au Yémen. Qui sont-ils ? Pourquoi ? Où sont-ils ? Ils ne sont pas manifestement là pour la plage) ; tel est un des objectifs de cet appel à la Résistance qui manifestera au moins un anticonformisme, une indépendance d’esprit

    - Candide : Bien joli ça ; mais comment les contacter?

    - L’ Ermite : Primo les identifier en contournant les circuits habituels de communication. Créer un réseau implique d’associer une petite dizaine d’amis qui ont la connaissance intime des situations décrites. L’un de nous a étudié les départs récents ou anciens pour raisons économiques, culturelles, humanitaires ou par simple ouverture ou de curiosité. Nous avons interrogé familles, amis, fouillé les statistiques du ministère des Affaires étrangères (sans correspondance claire car une moitié ne se déclare pas). Chacun de nous a sa tactique du dénombrement et d’approche. On sollicite leur avis! Préparer le débarquement, le jour venu, de Français de l’étranger, mettons cent milles sur 4 millions, quel événement! Un débarquement, non en Normandie, mais dans les ports et aéroports ; quel chambardement par additions d’expériences! Ils sont la sève des grandes régénérations comme les 500 000 mille départs Outre-manche ou en Afrique pour affranchir la France de l’Oppression en 1940. Maints autres exodes eurent lieu au cours de la préparation de Révolution pour laquelle les émigrés revinrent porteurs de savoirs et d’espoirs. Relisez « L’exil est la patrie de la pensée » . Je pense aussi à l’émigration des jeunes bourgeois qui partirent vers 1920 de Chine en Europe pour y étudier la « Révolution » . Fils de mandarins (Chou en Laï) ou de gros propriétaires (Deng Tsio ping) que leurs parents encouragèrent. Devenus ouvriers chez Berliet à Lyon ou ailleurs, ils y apprirent le syndicalisme d’industrie, le sens du travail en équipe. Je pense aussi aux jeunes allemands juifs mais aussi conservateurs, de droite, protestants ou catholiques, qui fuirent les nazis en 1934 pour relever la démocratie en 1945. Des exodes féconds, partout dans le monde, ont lieu en ce moment ; ils donnent le vertige. Le dilemme : rester ou partir au risque de la régression personnelle et de la perte de la liberté, n’est donc guère neuf. De célèbres de nos ancêtres fuirent, un temps, l'accablant Ancien Régime. Les Mirabeau, les Marat, Sieyès et même Lafayette y acquirent des dispositions utiles avant 1789. La France actuellement ne traite pas correctement ses expatriés. Malgré tout ce qu’on pourrait attendre du dévouement de ces bénévoles, des humanitaires, des coopérants en Asie, Afrique, Amérique, des professionnels de toute sorte, le contact est pour l’instant perdu. Nous avons laissé partir les meilleurs des fils et on ne sait pas utiliser leur expertise. Nous voulons renouer avec eux pour leur suggérer une fédération, aux moyens certes faibles, mais à la distribution régulière des notes sur le quotidien de la patrie. cela les réunira dans un sentiment non pas d’atypie ou fermé de cas personnel afin de leur faire ressentir la fierté .Nous avons la capacité de le faire par notre propre excentricité. Nous possédons dans ce groupe de Martiaux une double culture, ayant pères ou mères d’origine étrangère. Nous avons tous fait des séjours de travail loin de chez nous et savons ne pas rester spectateur ou témoin passif ; nous pratiquons au moins une autre langue et savoir puisque nous avons voyagé et séjourné en plusieurs continents : Europe, Amérique du Nord, Brésil, pays méditerranéens. Afin d’observer, s’infiltrer, trouver des collaborateurs fiables comme des sociologues d’investigation

    Candide :Mais comment allez vous diffuser auprès des autres réseaux ?

    Ermite : A tous, nous disons « vous avez ouvert la fenêtre pour un peu d’air pur. Nous vous comprenons ». L’époque est cruciale! Vous avez fui la débilité, l’exhibition de chaque ego, la prégnance du « et moi et moi ! », la réclamation « plus d’Etat » à des fins égoïstes. Des marques d’inquiétude apparaissent ici ou là. Le spectacle de gouvernants impuissants accumulant les erreurs d’appréciation ne persistera pas éternellement. Le Pétainisme n’a pas fait longtemps illusion même s’il fit des dégâts.

    Sans ambition de pouvoir, nous n’avons aucun modèle de gouvernements à proposer, aucune arrière-pensée de carrière. Les « Y KA ! », ont tout essayé et ont montré leur impuissance ; l’idéologie égocentrique est partout; elle s’infiltre insidieusement. Voici notre constat : nous voulons améliorer le discernement collectif en dévoilant derrière chaque fait mineur la faille de raisonnement du réactionnaire caché. Des exemples symptomatiques des implications philosophiques ou religieuses , notre société et les médias, les intellectuels qui les laissent passer sans tiquer nous en avons assez !regardez l’accident du Germanwings, avion écrasé près de Digne. De cette tragédie rocambolesque personne ne relève le type de suicide sociétal que contient l’acte du pilote ; « Je veux me suicider mais pas seul ! Je veux entraîner 150 personnes avec moi » Mégalomanie ou hypertrophie de l’individualisme ? Il y eut des précédents ; conduire à l’abîme et au suicide collectif .Ces schèmes singuliers de raisonnement, nous devons les dévoiler. Le matérialisme anti-religieux du 19ème a disparu corps et biens. On ne réagit plus en libre penseur, sous l’emprise de l’unanimisme républicain. Nous en appelons à un sursaut agnostique, voire athée contre l’égoïsme sans bornes et l’individualisme anti-civilisation.
    Au Népal, on brûle des corps des victimes du tremblement de terre, chez nous, des associations demandent sans vergogne à l’Etat de chercher encore et encore les cadavres de touristes Français ensevelis sous des tonnes de rochers . On voit la conception différente de religions, pauvres ou riches, celle qui fait du culte du corps du défunt, une relique que l’Etat par tous les moyens financiers de la Nation doit restituer et l’autre qui pare au plus simple. Si l’Etat faisait son travail, avec un vrai président courageux, il dirait : « Pas d’accord pour chercher le corps de vos parent sous des tonnes inaccessibles. Trop coûteux » ! Mais cet argent non investi dans le retour du mort, nous allons le distribuer en aide aux enfants népalais qui meurent de faim ! » Ça serait responsable, comme un démenti à Marx selon lequel les morts « mangent « les vivants. La relique du corps humain, le culte de l’individu mort tue les vivants. Le corps est sacré surtout celui des vacanciers riches en Espagne ou dans l’Himalaya ;. Le cadavre même en morceaux, il y a du Dieu en lui ! Aucune bonne « âme » ne relève de telles absurdités et on inflige aux vivants qui ne partent jamais en « congés », des privations pour satisfaire des touristes. La république est devenue une Grande Eglise d’où la lutte de classes a été exclue et où l’exploitation des peuples s’épanouit sans dissimuler son cynisme. C’est cela que nous souhaitons relever : Faire éclater les contradictions, dénoncer les vocabulaires utilisés, dévoiler les mœurs du jour, les idéologies irrationnelles démocratiques, leurs utopies : les superstitions laïques

    Candide : Alors Agir, c’est être pratique ?

    Ermite : Ecrire c’est analyser ; pas d’analyse sans rectification quotidienne infligée par l’action et le résultat. Pour nous, qui avons écrit une quinzaine de livres sans se couper de la disposition à agir et réagir, nous avons retenu sur qui porte essentiellement sur la description. Nous avons été à l’occasion de nos travaux : petits cadres au PCF ou à Attac, à France terre d’asile, étudiant dans une école d’ingénieurs, adjoint au maire dans une ville moyenne, agent hospitalier, manœuvre, ouvrier , auxiliaire de police etc, et savons l’importance du partage des expériences pour la valeur de l’analyse. Cela permet au moins d’éliminer l’individualisme , la signature d’auteur, l’ obsession de la distinction marginale, le pinaillage des mots. Se mettre d’accord sur une organisation minimale,un règlement souple est facile. D’abord agir puis voir venir ! Sur ce site BBC (Big Blog de Combat), on tente en effet de garder le contact avec nos deux populations cibles. On leur adressera de petits textes où seront privilégiés les faits concrets, en vue de l’action collective. Voila les recettes simples que nous donnons. Constituer un réseau, c’est au plus 8 ou 10 personnes, en deçà c’est une cellule, au-delà c’est déjà un petit groupe. Ce qui signifie nécessité d’organisation et déjà hiérarchie et spécialisation. Nous voulons rester un réseau sans autorité interne : les conflits et intérêts sont contradictoires dès qu’il y a un chef C’est pourquoi les Français libres de l’étranger et nous, les Forces de la France intérieure les FFI, nous visons à intensément communiquer

    -L’enquêteur Candide Ah ben ; alors !! Vaste projet ; Grandiose ambition ! Je vous souhaite bien du plaisir

    - L’Ermite Oui : certes les premiers effets se feront sentir dans 10 ans ; mes camarades les verront certainement. Quant à moi, « de là-haut, » je les regarderai avec sympathie

    Candide :Quels sont ces amis que vous prisez tant? Vous avez publié avec eux, je crois ?

    L’ Ermite : Oui un petit livre sarcastique et facétieux sur la perte du sens des réalités politiques ; nous ne voulions pas contribuer au flot de livres critiques en France. Vous avez que plus les parutions s’accumulent sur les rayons, moins ils ont d’effets Les idées progressistes reculent alors sous l’abondance des échecs de tous les auteurs .
    Nous avons inversé le sens de la causalité. Agir pour comprendre et non comprendre sans agir .Nous n’avons jamais scindé les deux moments, nous avons participé pour observer ,et l’action nous a beaucoup transformés. Qui sommes nous ? Des praticiens pour qui sans action : pas de pensée, ni savoir. Le militantisme sur le web a vécu, la révolte par correspondance, l’engagement dépersonnalisé également ! Nous sommes tous sociologues (niveau doctorat), un cursus largement suffisant dans l’entreprise d’analyse. Nous sommes profs à la fac ou cadres professionnalisés dans le privé ou en indépendants. Jamais parasite de l’Etat. Par conséquent ne sommes en rien frustrés, avec une quelconque rancœur sociale. Nous sommes parents et voyons nos enfants, et d’autres jeunes familles se débattant dans un imbroglio de problèmes de l’éducation aujourd’hui. Bref nous sommes des gens ordinaires avec des responsabilités ordinaires, n’ayant aucun compte à régler, ni ambition de révélation. Bref des citoyens « Normaux », quoique légèrement exaspérés !

     

     

     

     

     


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  • Le problème n’est pas l’Islam mais toutes les religions !!

     

     

     

    L’ermite m’a envoyé ce texte ci-dessous et je vins le voir pour des éclaircissements

    - L’ermite : Alors vous avez lu mon papier sur les religions en France ? Qu’en avez-vous pensé ?
    - Enquêteur Candide ; c’est complexe mais qui est Goody dont vous faites grand cas dans votre site ?

    L’Ermite : je vous expliquerai après ; le Marx du XXème ; parlons d’abord des religions Toujours au pluriel ; le problème central : pas de capitalisme ou de libéralisme sans religions. Le retour de ces dernières n’est pas d’actualité ; elles n’ont jamais disparu. Et il ne faut pas les confondre avec l’esprit religieux qui lui, s’atténue ou se diffuse subtilement, sans l’aide d’appareils cléricaux. Que tout régime politique domine sa population à l’aide d’une religion avec des procédures plus ou mons autoritaires est un truisme. Les uns se concentrent sur les « classes », les autres sur castes, sur « mafias » ou familles et clans. Et en ce sens la laïcité aujourd’hui en France est devenue, par son évocation en dogme, problématique . Dans Le Vol de l’histoire, Goody se réfère de manière constante aux religions aujourd’hui omniprésentes, omnipuissantes. Les deux Etats les plus riches (PIB par habitant) sont deux Etats ultra-religieux : l’Amérique et Israël. Les états européens construisirent des Empires coloniaux sous le signe de la religion (au nom de la race, de l’occident civilisateur, de la supériorité des savoirs). La richesse des Nations et celle des Eglises sont concomitantes. Les deux grandes religions en adeptes, richissimes en biens matériels, même sans support territorial, sont Le Vatican et les pays autour de l’Arabie saoudite. Ce sont des banques de dépôt, des paradis fiscaux où reposent les fonds de milliardaires ou de nababs influents. Mais tout ceci est soigneusement déformé dans les pays dits laïques, parce que à la suite d’une régression survenue vers 1950, les idéologies religieuses évoluent sous un langage plutôt républicain que de Droit divin : amour, tolérance, rejet de la violence, fraternité universelle, « communauté internationale ».
     

     

    Selon Goody nous mélangeons sous ce terme plusieurs aspects. On doit distinguer au moins trois variantes, ou « natures » des phénomènes socio-historiques :
    -1) Une religion peut être (et a été dans un passé récent) un pouvoir armé: Etat religieux; une religion d’Etat ; une religion dans l’Etat, une religion au nom du groupe supérieur (royauté, féodalité, contrées) et donc aussi une organisation matérielle, un appareil structuré, une hiérarchie, des forces (police, gardes, Ordres et clergés, délégués). Qu’il faut rémunérer et contrôler. Chez nous, jusqu’en 1789 ,l’Eglise représentant un tiers des votes aux Etats-Généraux, la moitié de la possession des terres (avec les nobles) et elle avait de nombreux premiers ministres cardinaux ou évêques gouvernants. Bref elle a dirigé le pays pendant des siècles pas si lointains!

    2- Dans un Etat laïque ou républicain on observe qu’avec l’accord du pouvoir, des pratiques très diverses de soumission aux cultes se manifestent: écoles, cliniques, entreprises, presse sont issus de capitaux privés, religieux ou non; et même l’Etat respecte les calendriers, cérémonies, interdits ou prescriptions importés de la religion dominante, la catholique. Tout ce qui structure dans la société les rapports H/F, la famille, l’éducation est marqué par le catholicisme. Croyances, Droit et obligations, règles de vie, relations aux pauvres et aux riches, conception de races, relèvent autant de l’élément politique que de l’influence directe des religions par les préconisations imposées ou suggérées. Goody montre l’extrême variété de ces interférences dans la vie sociale sur 10 siècles où s’accrurent progressivement la puissance financière et le culte de l’argent : signe du destin de l’ » élu . Bref la réussite est marquée du sceau de la réussite matérielle, valeur symbole du salut. Tout ce que Weber avait imaginé dans l’histoire du capitalisme s’épanouit maintenant avec éclat ; tout ce que Marx avait combattu, explose. La montée de la morale en République, les formes de la religiosité dans des discussions imposées aux élèves à l’école ou dans le débat public est une confirmation de la pédagogie du bien et du mal, qu’avaient condamnée les socialistes du 19ème. Dans la lutte contre « nos ennemis », l’issue semble être l’éducation républicaine à tonalité religieuse : la leçon patriotique. La croyance en une morale civique déterminée par les gouvernants et les cultes, le catéchisme inculqué des valeurs que les enseignants égrènent, supposent un spiritualisme du mal absolu nommé le terrorisme (hier les bolcheviks) ; en oubliant que cette revendication fut Pétainiste contre les patriotes gaullistes et les maquisards et enfin que cet argument nous servit en Algérie pour éliminer un demi million de « terroristes » sous la raison qu’ils revendiquaient leur indépendance.
    D’une décennie à l’autre, la religion n’a jamais quitté le haut de la scène en tant que puissance terrienne ou financière (on le voit en Grèce ou en Ukraine où les agents politiques gros propriétaires utilisent les lieux sacrés pour faire valoir leurs droits imprescriptibles à gouverner). Les questions du dogme ou du Texte sont alors secondaires. Luxe et train de vie, patrimoines, flux bancaires sont traités par des fonctionnaires du Vatican ou de la Mecque. Le catholicisme à ses débuts n’avait pas cette vocation car elle fut créée pour les pauvres et les esclaves : il lui fallut 4 siècles pour devenir religion d’État sous l’Empire romain.Il en fallut moins aux émirs et califes pour se perpétuer et conquérir l’Europe du sud et l’Afrique du Nord. Ces deux religions en y ajoutant le judaïsme s’intéressent moins à la conquête des âmes, aux conversions comme signes qu’à la confirmation de leur puissance dans des guerres contre des sectes dissidentes ou des gouvernants. Si les manifestations rituelles en public s’affaiblissent (sauf en Islam et dans l’Indouisme) les pratiques politiques s’inspirent encore des pratiques religieuses par manque de finalité et par rejet de l’athéisme. Les signes officiels d’appartenance disparaissent face au consumérisme individualiste. Quoique demeure chez les républicains par la peur de la mort, le rejet de la pauvreté primitive. Le catholicisme est allé le plus loin dans l’exploitation de la crainte et l’enrichissement occidental conduisant au matérialisme libéral utilise sans vergogne l’idée de « l’au-delà » afin d' interdire le suicide et l’euthanasie, avec l’aide des maîtres à penser laïques .Ce qui est un crime contre la liberté individuelle et un attentat contre l’esprit indépendant des cultes au titre  de la soumission au dogme chrétien

    3) D’Autres religions notamment en Asie n’ont pas eu cette envergure et cette visée. Elles représentent un troisième type de religion, non étatique et sans objectif de superpuissance, conçue comme simple religiosité, intime, avec des pratiques spirituelles privées, des gestes et opinions sur la mort, le sens de la transcendance en conscience autonome. Le sentiment du religieux peut donc vivre sans religion consacrée. Les convictions personnelles ou familiales ne sont pas des dogmes, pas une métaphysique établie mais une philosophie de l’existence tels le Confucianisme, ou le stoïcisme, un scepticisme socratique, un Rousseauisme ou l’Être suprême de Robespierre. Ces formules impliquaient le prochain ou un ordre supérieur sans la soif de pouvoir des Eglises-Etats ou sans un prosélytisme guerrier. Elles se situent hors des grands mouvements moutonniers : pèlerinages, croisades, conquêtes territoriales. Le rationalisme un temps a diffusé ces figures subtiles ou douces de la religion. En revanche, maintenant les attitudes religieuses occidentales encouragent la remise de soi à une autorité externe, l’abandon du jugement personnel au nom de l’Eglise du Texte et du poids de sa Parole

    -Candide : Vous croyez ? c’est inquiétant ça ?

    -L’ermite ; En France nous sommes gâtés : nous possédons au moins 6 religions : le catholicisme et ses branches (intégristes ou détachées : scientologie, Jéhovah etc ,) plus; les variantes du protestantisme, le judaïsme, les deux Islams, l’Église byzantine orthodoxe. L’État essaie de maintenir la balance égale entre ces religions qui rivalisent, se combattent, s’allient. La laïcité est un faux écran de  coexistence pacifique que tout dément Nous sommes chrétiens depuis toujours comme le prouvent notre espace territorial (disposition du sol par monuments, établissements, symboles matériels, églises, monastères, calvaires sur les routes, cimetières, statues ; de même que le temps, les rites, les calendriers obéissent aux mêmes concepts philosophico-religieux) et même au registre politique, la surreprésentation du personnel croyant , parmi  dirigeants, journalistes et communicants manifeste la dévotion de notre passé à la Foi. 90% de nos élites faisant carrière en politique ont reçu des éducations conservatrices ou religieuses .L’évangile républicain insidieusement distillé depuis des années est un dogme . Personne n’y a échappé : les arguments et le langage sont devenus pieux faute d’idées nouvelles en dehors du catéchisme. Le Bien c’est nous, le Mal, l’autre. Et comme celui-ci pense la même chose; c’est un cercle vicieux ! Toutes les religions s’appuient sur des figures binaires. La logique s’arrête à 2 variables, une logique à 3 ou 4 semble trop difficile sans parler de la dialectique !
    La laïcité, dans ce cadre  faiblement émancipé, peut devenir une arme dangereuse aux mains de réactionnaires par réappropriation d’une « religion laïque » par les nouvelles Eglises du fait de notre faiblesse critique,de la simplification des idéologies par des médias aux mains des producteurs d’émissions et de chaînes privatisées à but financier. L'église aujourd’hui ruine nos économies car improductive, elle mobilise des capitaux à un niveau insoupçonné, possèdent leurs propres médias. L’une ne paye pas d'impôts, l’autre s’immisce dans l’espace privé. Les flux d’argent (dons, quêtes, profits des établissements) repartent à Rome... l'église est propriétaire de milliers de cathédrales, lieux de culte, salles paroissiales, couvents, mosquées, synagogues et autres édifices dans le monde entier et également de propriétés foncières, de terrains et des entreprises industrielles et commerciales. Les œuvres d'art historiques des musées appropriées sont exemptées donc non évaluées. Quelle est la valeur  du terrain sur lequel se dressent ces bâtiments ? A quel montant un agent immobilier estimerait-il, par exemple les édifices centraux des métropoles pour New-York, ou Paris et Rome et en Arabie?En revanche elles tirent de ce privilège un impôt , des taxes, la dîme hier, le denier du culte ou le prélèvement obligatoire comme en Allemagne : (350 millions de dollars annuels ;les Italiens ont une portion de leur impôt personnel pour les besoins du culte et de la pastorale).

    Le Vatican, lui, présente trois sources de financement.
    Le premier est le Saint-Siège, qui enregistre plusieurs centaines de millions d’euros de recettes. L’État de la Cité du Vatican enregistre un P I B de 5,3 millions d’euros.. Tous les dépôts et les transactions d'argent se font par virements, en espèces ou en lingots d'or.. Le Vatican posséderait 90.000 immeubles, 9000 écoles, 26.000 structures ecclésiastiques et 5000 cliniques, maisons de soin et de repos. Mais aucun inventaire n'est réalisable..
    Y-t il d'autres attitudes historiques enracinées ? Alors qu’ on prétend que le cléricalisme a été éradiqué. Pourtant le décollage de l’Occident moderne par accumulation primitive des richesses dans l’église immobilière et foncière a dépendu de cette manne ; paradis fiscal et sainteté du capital. La pauvreté a été une horreur pour l’Église catholique qui a pourchassé furieusement ses tenants (Cathares et autres Dominicains). Ces religions dans le cadre du capitalisme libéral prospèrent avec notre bienveillance et la complicité des élites prétendues humanistes et rationalistes. Elles ont construit des Empires œcuménique bien qu’elles se combattent en Europe à la poursuite de fins éternelles de l’humanité. En tout cas ce qu’on appelle aujourd’hui laïcité, plutôt  neutralité de l’Etat, semble un mythe , un combat de Titans perdu d’avance du fait de notre consentement et la complicité de tous les partis à moins que l'on ne relève le défi mais je ne vois personne....

    Alors la Laïcité : un artifice ?

    Oui car entre les 5 ou 6 religions qui se partagent la France, bien entendu, la catholique est dominante : nous sommes sa fille aînée. elle a fait nos rois, nos seigneurs ; elle a forgé notre histoire depuis Clovis dont le baptême inaugure plus de 10 siècles de connivence. Des traces sont visibles partout dans l’espace et le temps et d’abord dans nos esprits. On ne niera pas qu’il y eut une laïcité révolutionnaire, un acquis de 89 aboutissant à 1904. Mais depuis, deux guerres mondiales et les crises économiques :que de reculs ! Une petite marge de liberté a néanmoins été sauvegardée dans l’école publique ( pas tous les enfants concernés) . Cette poche de résistance obtenue par un siècle de luttes appelé la Séparation fait de nous le seul Etat « laïque » avec le Portugal en Europe. Il faut le préserver et l’élargir ailleurs (sport, santé, habitat) et si possible l’imposer dans la vie publique. Ce combat n’est pas gagné car même les politiques s’en servent à des fins opportunistes où se distinguent les socialistes à contresens de leur passé.
    Plus immédiat s’impose la bataille contre l’enrichissement à continu clérical. Le catholicisme, le judaïsme et l’islamisme ayant vocation à légitimer , à des degrés divers,l’enrichissement personnel comme signe d’élection divine soutiennent la puissance financière et donc le luxe et train de vie, l’accumulation de patrimoines, l’orientation des flux bancaires des profits catholiques ou de fortune des émirs et anciens califes. Ces religions s’intéressent moins à la conquête des âmes, aux conversions comme signes, qu’à la confirmation de leur puissance dans des guerres contre des sectes dissidentes, contre des pouvoirs à velléité populaire.


    -Enquêteur Candide : Vous concluez que le problème à venir du XXIème sera le poids financier et moral des religions (si on excepte les cultes privés d’Asie, Bouddhisme, Confucianisme et des variantes : stoïcismes, agnosticisme) ?

    - Ermite : Convenez que tout le passé judéo-chrétien nous imprègne, nous submerge, toutes les notions et catégories y compris scolaires, s’en inspirent : le vocabulaire ; l’espace national entier ;l’histoire de l'art et la philosophie. Tout le paysage de l’individualisme moral et philosophique en est marqué. Nous sommes encadrés inconsciemment dès l’enfance et pour y échapper un effort constant d’émancipation mentale est obligatoire Convenez qu’une authentique laïcité est invraisemblable dans ces conditions. Le passé religieux est dans nos têtes ; il triomphe d’autant plus qu’il prend le visage pernicieux d’une adaptation au consumérisme. Donc le problème premier n’est pas l’Islam mais celui de toutes les religions qui privilégient les biens matériels. La laïcité est une fausse question, qui occulte les problèmes économiques et le déclin de la réflexion politique libre d’entraves. La Laïcité ne se décrète pas ; elle s’impose par le sens de nos actions et la justesse de ses résultats sinon elle devient un simple catéchisme. Des petites poches laïques ont été gagnées en France républicaine après des dizaines d’années de luttes rudes mais elle ne constitue qu’un faible secteur de l’action politique impliquant la non intervention de l’école publique au profit de celles actives dans le scolaire privé ! Il faut préserver, et si possible garantir dans toutes les écoles, la non intervention des clergés. D’ailleurs la laïcité est infime ou nulle aux USA (serment sur la Bible ,du président).!

    - Je vous donne deux ou trois témoignages:

    -Parmi les  hommes politiques occidentaux  presque aucun, à droite ou à gauche, n’a été instruit dans l’athéisme contrairement au 19ème socialiste ou marxiste. Voila pourquoi le socialiste Hollande s’entend avec l’anglican Cameron ou la protestante Merkel pour partir en croisade délivrer les chrétiens d’Orient. L’évocation rituelle des forces du Bien et du Mal est un retour au Moyen-Age. Fardeau du passé, la politique occidentale actuelle est marquée par les guerres de religion ( Irak Syrie, Afrique..) depuis la première ’invasion du Moyen –Orient vers l’an mille jusqu’au déplacement en Palestine du problème Juif posé à l’Europe (nazisme partiellement une guerre de religion des Protestants du Nord contre les adeptes d'« Israël ») .
    Après la seconde guerre mondiale, par conséquent, notre vocabulaires et nos  modes de penser sont contaminés subtilement. On le voit dans la commémoration des passés tragiques, l’exaltation de la Libération, les rituels du souvenir, l’excommunication des non « démocrates » ou la création d’ennemis artificiels pour maintenir une terreur au nom de la servitude morale que l’on doit aux sacrifiés. Tout est bon pour disqualifier la liberté de soi ; le suicide comme un  refus de « participer » et de disposer du droit imprescriptible de disposer de sa vie  ( les professions de santé dont les agents sont majoritairement recrutés dans les bourgeoisies conservatrices et religieuses). Les responsables ont toujours de bonnes raisons d’utiliser la peur de la mort, et la perspective d’une âme en enfer si elle échappe aux saints sacrements.Occasion qui donna lieu à un vaste marché et à une accumulation primitive de capitaux par captation d’héritage auprès de personnes à la veille de la mort. Goody écrit un chapitre entier sur la stratégie de captations d’ héritages , de rachat des fautes contre vente d’indulgences et il faut garder les vivants sous l’activité religieuse à l’œuvre dans un mélange de superstition (réactions affectives) et de bon  sens des intérêts matérialistes


    2) Il n’est pas surprenant que le catéchisme de la démocratie morale affecte davantage la France. les acteurs politiques contemporains y manifestent plus qu’ailleurs des croyance spontanées « naturalisées ».Ainsi une crédulité mystérieuse, la Foi du croyant en la République induit plusieurs irrationalités : rejeter toute réalité expérimentale, repousser le sentiment populaire anticlérical. Les dévots  remettent leur propre jugement aux experts, aux mages, gourous , confirmant leur perte du sens de l’évidence au profit des savoirs occultes, de la foi aveugle et de la Parole révélée. Tel le sondage ou la cote de popularité aussi mystérieuse que les variations de la température au jour le jour. Et les nouveaux clercs –commentateurs, journalistes- ratiocinent à l’infini sur les voies du Dieu, « Opinion », une divinité connue depuis l’Antiquité : les voyantes ou la pythie et les oracles. En parallèle des prophéties du sondeur des âmes, la vie politique  l’extériorise: le pèlerinage à la Bastille ou à la Nation, les marches silencieuses, le deuil, le prêche quotidien de la chasse au démon (les « Terroristes » mot prononcé à la cadence de 30 secondes pour les journalistes qui participent avec enthousiasme à la grand messe). La Raison a reculé durant ces quarante dernières années en France de façon ahurissante quand on a érigé la manipulation des esprits en modèle républicano-religieux ( rituel de l'élection: passage dans l’isoloir-confessionnal, silence , procession et remise du bulletin-hostie ).
    3 L’alignement de la France, patrie des Philosophe et des Lumières, est affligeant car nous devenons les plus suivistes des pays soumis à la politique extérieure (et aux mœurs) du plus religieux : l’Amérique. La dévotion  ou parfois  l’idolâtrie de nos élites signifie perte de confiance dans la Révolution et dans le matérialisme , absence de vision, épuisement intellectuel des personnels par manque de perspectives, de  courage,  de connaissance de langues étrangères. Notre avenir et nos conceptions se sont rétrécies en 30 ans comme jamais : un nationalisme de petit marchand du patrimoine de nos ancêtres
    C’est une Régression de l’intellect collectif que la recherche d’oracle politique. Comment un sondeur qui sait que plus de la moitié des gens interrogés n’iront pas voter et qu’un quart ne répondra pas sincèrement profite de croyances dans le culte républicain de l’élection abstraite  (autre chose est le referendum sur une question précise). C’est un complet retour au sentiment inné (« génétique » dit Goody) de notre prééminence en tous domaines. : « Quand les Européens ont-ils pris conscience de leur supériorité sur les autres nations ? Ce sentiment est un trait universel de la condition humaine rassemblée en groupes ou sociétés.. Ce sentiment global n’interdit pas des poches « d’infériorité » constats d’imperfections, doutes de soi autocritiques . Cette idolâtrie du progrès par la puissance matérielle depuis 1789 puis par l’Empire se masque de la Raison d’Etat et reçoit l’onction médiatique .Remarquez que ce sentiment d’excellence vient d’être brillamment confirmé .Les médias privés ont fait un triomphe à cette information :la France est  entrée dans le club des grands..... vendeurs d’armes : 3ème pays exportateur après la Russie et les Etats-Unis en tête bien entendu. Au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Pour le Bien de l’Humanité !!

    II Mais qui est ce Goody dont vous parlez tant et  faites tant de cas ?

    - Il est reconnu partout (sauf la France) comme le Marx du XXème ; ils sont nés d’ailleurs à cent ans d’écart (1818/1919) et ils ont beaucoup de points communs sauf le type de militantisme qui n’est qu’homologue. En les regardant on est frappé de la ressemblance physique : Goody a la tête massive de Marx : voyez les photos: ; même physionomie, même corpulence , des cheveux mi-longs ébouriffés . Ils sont exigeants avec eux-mêmes :»Je ne suis pas marxiste » dit Marx , « je me suis trompé souvent » dit Goody. Les deux penseurs sont des révolutionnaires au sens de renverseur d’icônes, de démolisseur des ethnocentrismes naturels et pourfendeurs de l’euro-centrisme. Ils ont produit tant d’idées neuves que  leur époque n’a pu les assimiler immédiatement. Sceptiques, pessimistes intelligents, leur humilité est revigorante; leurs œuvres ont un immense impact en partie dû au volume de leurs travaux appuyés sur une érudition immense, une connaissance du monde que Marx tire de ses lectures et de ses milliers de page de notes, et Goody de ses enquêtes mondiales. Qu’ils diffèrent complètement sur les formes de l’engagement politique, sur la vision de l’avenir, ne les empêchent pas d’être proches sur les pouvoirs de la pensée libre, de l’action individuelle intellectuelle. Le premier au sein de l’Internationale, le second dans son engagement volontaire dans la deuxième guerre mondiale : simple soldat contre l’Allemagne (combats en Grèce et en Afrique du Nord ; fait prisonnier , évadé etc) Tous deux ont donc été engagés dans les conflits du XIXè et XXème contrairement aux « scientifiques » qui garantissent leur carrière dans le repli hors de l’action et l’attestent comme preuve du sérieux de leurs méthodes . Bien entendu leur militantisme est à distinguer. Marx dont la conviction messianique prévoit la fin des états et de la lutte des classes, s’engage dans l’action journalière. Ce n’est pas le cas de Goody dont l’action politique est faite d’engagement sur de grands sujets. Cependant tous les deux par l’ampleur du travail, l’acharnement à la besogne intellectuelle ont acquis une audience internationale, même si les bases n’en sont pas identiques Ils sont a-religieux, opposés à tout opium des peuples ou d’une légitimation ou reconnaissance à tout pouvoir établi .Ils  "sont Marx aussi" car ils ont eu peu de succès et de lecteurs en France  contrairement au reste du monde ..Occidental . La "bouderie nationale" à l’égard du "grand 'Goody" rappelle  la méfiance un peu snob des livres de Marx en France par les socialistes
     

    - Candide :Alors leur militantisme n’est pas si éloigné. L’un a combattu le capitalisme et l’autre le nazisme ( soldat contre les armées hitlériennes ; prisonnier, évadé, repris). Et comme le nazisme et une variante extrême du capitalisme, il y a peut-être un parallèle à faire et une reconquête de conscience de notre civilisation, à mener
    .

     

    Note Je viens de lire le truculent livre "Les espions du Vatican" ( histoire de l'espionnage des  papes  ou pour les papes et la Curie , et de  l'appareil,  au profit de la politique vaticane et des partis réactionnaires au sein de l'Eglise. Passionnant car il confirme le caractère totalement étatique , conservateur( et par moment réactionnaire, aux connivences nazies) de certaines secrétaireries de Rome .Qui eurent et a aujourd'hui ses luttes internes féroces entre progressiste libéraux et fondamentalistes intégristes . La CIA existe là et un adapté au  Vatican, puissances politiques  intérieures bien démontées et racontées par  l'auteur historien américain d'une université américaine  de Californie: David Alvarez  , Nouveau Monde éditions 2009

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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